nouveau chapitre : La sémantique des termes de dégustation peut-elle être autre chose qu’une sémantique expérientielle et expérimentale

Mon chapitre

« La sémantique des termes de dégustation peut-elle être autre chose qu’une sémantique expérientielle et expérimentale« , actuellement sous presse dans :

Benoît Verdier / Anne Parizot (Eds). Du Sens à l’Expérience : Gastronomie et Œnologie au prisme de leurs terminologies, Reims : Epure, 2018, 321-336

peut-être lu ici en version preprint.

Résumé

[Objectifs et problématique] La question au centre du chapitre est celle de savoir quel(s) cadre(s) sémantique(s) théorique(s) est / sont le(s) mieux à même de rendre justice aux contraintes génériques qui pèsent sur les terminologies sensorielles – à commencer, ici, par la terminologie œnologique. Il s’agit en effet de tenir compte de deux aspects particuliers : d’une part la dimension expérientielle de ces termes (Dubois 2009) – où expérience doit être entendu au sens très concret de l’expérience de dégustation – et, d’autre part, la dimension éminemment subjective de ces expériences que la recherche d’une intersubjectivité partagée – comme sous-bassement définitoire – cherche à contourner ou, à tout le moins, à réduire autant que faire se peut (cf. les panels entraînés en analyse sensorielle, Dacremont 2009). La thèse défendue ici est que seule une sémantique que nous qualifions d’expérimentale – c’est-à-dire reposant sur des données non intuitives et non introspectives produites en situation contrôlée – peut permettre de relever ce défi.

[Corpus] La démonstration reposera sur un corpus de données précisément expérimentales produites dans le cadre d’un projet interdisciplinaire autour du descripteur minéral/minéralité (pour les vins blancs) qu’il s’agira de croiser et faire dialoguer (Gautier / Le Fur / Robillard 2015). Ce corpus comprend ainsi :

  • des réponses à des questions ouvertes posées à des consommateurs et des professionnels sans stimulus;
  • des descripteurs produits par un panel entraîné, donc avec stimulus ;
  • des entretiens semi-dirigés réalisés auprès des producteurs des vins testés par le panel mentionné ci-dessus et abordant, à un niveau général, leur « philosophie » de vigneron et à un niveau plus resserré, leur rapport à la minéralité.

[Méthodologie] Méthodologiquement, l’analyse recourt tout à la fois aux méthodes quantitatives de la linguistique de corpus et de la fouille de données pour aborder chacun des corpus individuellement et en interaction et aux méthodes qualitatives de la sémantique cognitive, en particulier les notions de prototypes, d’air de famille ou encore de blending. L’objectif est de montrer comment une démarche se voulant holistique permet de reconsidérer le travail définitoire et le statut et la forme même de la définition terminologique.

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ppt online Initier à la dégustation ou…enseigner une terminologie de dégustation ? Les termes de la dégustation dans les glossaires en ligne et applications

La présentation ppt de ma communication au colloque #Terminologies de l’ #œnologie et de la #gastronomie III est en ligne ici sur le sujet :

Initier à la #dégustation ou enseigner une #terminologie de dégustation ? Les définitions de termes #œnologiques dans les #glossaires en ligne et #applications

Résumé :

L’essor du web 2.0 et des outils de type smartphone ou tablette a démultiplié l’offre existante de produits proposant d’initier les non-experts à la dégustation de vin, que ce soit sous forme de sites Internet ou d’applications. Par-delà diverses ressources, le plus souvent multimodales, dispensant des connaissances spécialisées plus ou moins vérifiées sur les cépages, les régions viticoles, les pratiques culturales, les itinéraires de vinification ou, encore, l’approche et le parcours même de la dégustation, tous ces outils ont en commun de proposer, sous une forme ou une autre, un glossaire de termes de dégustation regroupant de façon quasi uniforme des descripteurs/attributs relatifs à des caractéristiques sensorielles séquentielles. L’objectif de cette communication est ainsi de proposer une analyse croisée, sémantique et sensorielle, de ces outils en s’arrêtant en particulier sur une question rarement thématisée : la maîtrise de la dégustation conduit-elle à la maîtrise des termes de la dégustation – et inversement ?

A partir d’une extraction d’un choix de ressources francophones en la matière, l’analyse portera sur trois dimensions :

  • Les choix de macrostructures adoptés et ce qu’ils révèlent de la conception sous-jacente de ce type de terminologie : quel est le périmètre retenu ? les termes sont-ils regroupés et si oui comment ? sont-ils rapportés à des connaissances encyclopédiques spécialisées ?
  • Les microstructures des articles avec une attention particulière accordée aux définitions et aux exemples. Cette partie de l’étude permettra de s’interroger d’une part sur la façon dont sont saisies les dimensions sensorielles individuelles pour arriver à un degré d’abstraction suffisant justifiant le fonctionnement de l’adjectif ou du nom comme terme et d’autre part sur la part revenant aux prototypes dans la construction du sens de ces termes
  • Les parts revenant aux dimensions émotionnelles, évaluatives et culturelles qui font partie inhérente de ces termes et les distinguent des termes issus, pour ne citer qu’un exemple, des sciences de l’ingénieur et susceptibles d’une approche strictement objectiviste.

ppt De la terminologie spontanée à une terminologie aménagée et vice-versa : parler des vins espumantes au Brésil

Communication lors des Journées 2018 du réseau #Réaliter  accessible ici.

#terminologie #sensorialité #vin #oenologie #corpus #linguistique #située

[Contexte] Le marché des vins effervescents au Brésil a fortement augmenté ces dix dernières années, affichant une hausse de +248% selon l’OIV[1]. L’Instituto Brasileiro do Vinho (Ibravin) indique que cette catégorie de produits représente environ 80% du marché vitivinicole intérieur en 2015[2] et enregistre une augmentation de 79,58% dans l’importation de ce type de produit[3] en 2017. Cette augmentation globale de la production, de la commercialisation et de la consommation d’effervescents au Brésil entraîne, tout naturellement, un besoin accru de valorisation et donc de communication autour de ces produits, mobilisant, entre autres, des descripteurs de nature terminologique.

[Problématique] Cette quête de valorisation est très récente dans le domaine puisque la première IG (Indication Géographique) date de 2002 pour Vale dos Vinhedos. L’attribution d’une telle certification passe de facto par une réglementation des caractéristiques concernant l’élaboration du produit et repose sur la formulation d’un discours réglementaire. Ce domaine spécialisé en plein essor connaît actuellement, au niveau communicatif, une tension entre emprunts à la terminologie française correspondante et aménagement d’une terminologie dédiée en portugais du Brésil pour communiquer sur les productions locales. Cette proposition s’inscrit ainsi à l’intersection entre les axes « traduire les termes en recourant à la terminologie spontanée », « néologie en terminologie » et « diffusion et implantation de la terminologie » de l’appel à communications.

[Corpus] L’analyse porte sur le discours des spécialistes et non-spécialistes autour des vins espumantes. Le premier corpus est issu d’articles des neuf numéros de la Revista Brasileira de Viticultura e Enologia (RBVE), d’une quarantaine de sites d’élaborateurs d’espumantes et de textes officiels spécifiant les spécificités du produit et implémentant une terminologie normée, comme les différents cahiers de charges (regulamento de uso) ou la loi nº 7.678, de 2018 sur la production, circulation et commercialisation de vin. Le deuxième corpus est constitué de réponses de cinq cent consommateurs à un questionnaire diffusé en ligne et portant sur les descripteurs employés spontanément.

C’est à partir de ces différents discours que sera examinée la terminologie de la filière et des consommateurs afin de repérer et analyser les doubles aller-retour entre d’une part emprunts et néologismes utilisés et d’autre part terminologie spontanée construite sur la base de l’expérience (mémorielle) de dégustation et terminologie aménagée.

Plusieurs stratégies apparaissent, notamment dans la terminologie stabilisée et aménagée, dont il conviendra d’examiner les motivations :

  • recours à différentes tentatives d’intégration des emprunts, comme le rapprochement de l’orthographe selon les spécificités de la langue cible (« degórgement ») ;
  • ajout d’un préfixe (« pós-dégorgement ») ;
  • introduction d’une définition pour le mot emprunté (« véraison (mudança de cor) ») ;
  • stratégies de reformulation à partir du mot français (« deguelo », « deburbado »)
  • création d’une nouvelle terminologie par métaphore (« gaiola/gaiolinha »).

Dans tous les cas, le recours à la terminologie française s’avère systématique lors que les professionnels de cette filière s’expriment sur leur produit. Un recours tout à fait naturel si l’on tient compte du rôle prototypique du Champagne dans le domaine des effervescents.

 

[1] Site Web : http://www.oiv.int/public/medias/3097/les-vins-effervescents-fr-complet-3.pdf, consulté le 12/11/2017.

[2] Site Web : http://www.ibravin.org.br/noticias/ibravin-lan%C3%A7a-marca-brasil-espumantes.php, consulté le 12/11/2017.

[3] Site web : http://www.ibravin.org.br/Noticia/abastecimento-do-mercado-de-vinhos-no-brasil-apresenta-crescimento-de-3-no-primeiro-semestre/305, consulté le 12/11/2017.

ppt online Modélisation des terminologies sensorielles du discours expert et non expert pour la plateforme de recommandation hybride SmartAd

#terminologie #sémantique #vin #sensorialité #recommandation #corpus #oenologie #gastronomie

Présentation accessible ici.

La lisibilité et la compréhension du discours expert par un consommateur non-expert sont sources de difficultés impactant l’acte d’achat [1]. Cette réalité est particulièrement vraie dans le domaine du vin où les propriétés organoleptiques et sensorielles des vins décrits par les institutions et experts portent une charge sémantique complexe difficilement appréhendable par les amateurs. D’après [2], au moins trois facteurs sont responsables de cette tension :

1) la densité terminologique du discours et l’importance de celle-ci pour son degré de cohérence ;

2) le potentiel sémantique du terme, tant du point de vue de sa mise en discours que de son interprétation lors de la lecture ;

3) et dans une moindre mesure, la morphologie du terme.

Ainsi, la communication proposée visera à présenter des travaux interdisciplinaires associant linguistique de corpus, sémantique formelle et informatique et ambitionnant le développement d’un système générique de recommandation hybride d’items [3, 4, 5] présentant une dimension sensorielle : des vins ou des mets (goût), des fragrances ou des parfums (odorat), de la musique (ouïe), des matières en aménagement intérieur (toucher) ou encore des perceptions multimodales complexes (ambiances urbaines, traces touristiques).

La plateforme SmartAd, et le projet sous-jacent AdWine spécifiquement centré sur le vin, s’inscrivent ainsi dans le contexte stratégique de la transition numérique de l’économie et sont orientés vers le conseil et l’aide aux consommateurs. Ils permettent le partage pédagogique et intuitif des expériences sensibles, à la croisée entre terminologies des experts et professionnels pour décrire les items et terminologies adoptées par les consommateurs incluant, par-delà la dénomination technique, des dimensions évaluative, expressive et émotionnelle [6, 7, 8, 9].

A partir de ces travaux en cours, la communication présente une solution méthodologique et technique pour combler le gap sémantique entre la connaissance descriptive du discours expert des œnologues/sommeliers/prescripteurs incarnés par les guides et revues de référence, celle du discours institutionnel des interprofessions, et celle du discours de l’amateur néophyte. En l’occurrence, soit le non-expert reprend les discours experts sans nécessairement en avoir la maîtrise, engendrant ainsi une confusion sémantique, soit il créée son propre discours incluant une terminologie propre construite à partir d’expériences passées mais débouchant sur une couverture sémantique réduite à dimension technique minimale (i.e. minéralité [10][11]), ou une spécialisation sémantique réduite à dimension évaluative maximale (i.e. buvable/buvabilité).

L’objectif de la solution discutée ici est donc de produire des services de recommandation d’items, et d’exploiter ces connaissances dynamiques dans un processus d’extraction d’information dans la mesure où des formes d’expression du web 2.0 (forums, blogs) déplacent l’étalon définitoire des discours prescriptifs.

nouvel article : La construction du discours de dégustation du Crémant de Bourgogne de 1995 à aujourd’hui

#Discours #œnologie #Crémant #Bourgogne #sémantique #terminologie

Ce chapitre d’un ouvrage collectif consacré aux différentes facettes de la/des Bourgogne(s) viticole(s) est consacré à une analyse de la construction des représentations discursives du Crémant de Bourgogne sur une diachronie courte et à partir de discours prescriptifs, en l’occurrence ici un choix représentatif de guides de dégustation. L’analyse outillée de ces discours, qui mobilise la méthodologie de la sémantique discursive, s’intéresse à 5 catégories saillantes : la désignation du produit, sa classification, sa localisation, ses circonstances de consommation et les représentations qu’il évoque.

L’article débouche sur une proposition de définition-robot pouvant être perçue comme une vulgate dans le type de texte considéré : « Le Crémant de Bourgogne a succédé au Bourgogne mousseux et s’en distingue par une qualité supérieure. Il soutient, même si c’est dans une mesure limitée, la comparaison avec le Champagne. Il vient notamment de la Côte Chalonnaise (Rully), est plutôt un Blanc de Blanc, Brut. Il est produit majoritairement à partir de Chardonnay et de Pinot Noir et s’inscrit dans une certaine tradition et culture familiale. C’est un vin d’apéritif. » (p. 252)

In : Serge Wolikow & Olivier Jacquet (Eds). Bourgogne(s) viticole(s). Enjeux et perspectives historiques d’un territoire. Dijon, EUD, 2018, 237-252. Lien éditeur.

CfP – Vin et altérité – Mulhouse, UHA, 18-19 octobre 2018

Vin et altérité: Colloque ILLE / CIRLEP / CRESAT 18-19 octobre 2018,

organisé à l’Université de Haute-Alsace de Mulhouse

 

Les plaisirs de la chère occupent une place de choix dans les réflexions de notre époque. Des scandales alimentaires aux débats sur la consommation de produits d’origine animale, en passant par l’omniprésence de la cuisine dans la presse et les médias, la question du comment manger et du comment boire est devenue dans les quinze dernières années une préoccupation de société. Les sciences humaines et sociales ont donc logiquement commencé à s’approprier ces sujets qu’elles avaient jusqu’alors somme toute assez peu investis. C’est dans cette dynamique que s’inscrit notre projet, qui se propose sous le titre « Le vin de l’autre » d’analyser le vin, jusque dans ses déplacements et ses errances, comme vecteur d’une identité régionale, élément d’identification à un patrimoine et à un terroir. Tel est notre postulat de départ, qui se fonde sur l’idée qu’une culture à la fois partagée et diversifiée du vin, et bien évidemment modulée selon les perceptions sociales, morales, politiques ou religieuses de chacun, constitue un des marqueurs de la nouvelle région Grand Est. L’angle d’approche choisi, celui du « vin de l’autre », vient ajouter à cet aspect général (le vin comme marqueur culturel complexe d’un espace géographique) la dimension des rencontres, reconnaissances et perceptions croisées, rencontre de l’autre autour ou à propos d’un verre, mais aussi rencontre de « soi-même comme un autre », de l’autre en soi, dans l’ivresse par exemple, sans oublier les horizons mythiques attribués aux origines lointaines des cépages, ou la dimension de la communion avec un idéal religieux, ou encore les jeux de synesthésie avec l’univers de la littérature, de la poésie des beaux-arts et de la musique. Ces deux aspects permettent d’ouvrir le discours du vin sur des champs de recherche très divers. En effet si, comme on vient de le suggérer, le vin est aussi étroitement associé à l’image de notre grande région, c’est sans doute aussi parce qu’il est médium de séduction et de transfert, ce qui lui confère, en tant qu’objet scientifique, un intérêt très large, à la fois transdisciplinaire et transrégional.

Dans cet esprit, le projet doit permettre de réunir des chercheurs afin qu’ils réfléchissent ensemble à la pertinence et à l’actualité de la thématique du vin dans le domaine des sciences humaines. Il s’agira de travailler autour de quatre axes :

• Le premier visera à s’interroger sur les nouveaux enjeux de recherche, pour les études littéraires, d’une réflexion sur les rapports entre vin et altérité.

• Le deuxième définira les contours d’une linguistique du vin, qui prenne en compte son lexique et les discours et les représentations qu’il engendre.

• Un troisième axe sera consacré aux pratiques et usages auxquels donne lieu le vin, et notamment la communication autour du vin, en lien avec la question du numérique.

• Un quatrième aspect sera centré sur la question du vin et des territoires dans la région Grand-est, aussi bien du point de vue synchronique que diachronique.

L’objectif de ce colloque est de mettre en réseau des connaissances sur le vin issues de différentes cultures disciplinaires pour livrer une cartographie de ce que les sciences humaines ont à apporter à la thématique du vin dans le contexte qui vient d’être évoqué, avec une attention particulière à la dimension transfrontalière de la culture du vin au sein de la région Grand-Est, fruit de ses relations passées et contemporaines avec l’espace d’outre-Rhin.

Les propositions de communications sont à envoyer à sonia.goldblum-krause@uha.fr avant le 15 juin 2018.

Comité d’organisation : Michel Faure, Sonia Goldblum, Frédérique Toudoire-Surlapierre, Carsten Wilhelm.

Comité scientifique : Clémence Andréys (Université de Franche-Comté) Christophe Bertsch (Université de Haute-Alsace, LVBE) Laure Castin, directrice de l’Institut Georges Chappaz (Vins de Champagne), Jean-Claude Domenget (Université de Franche-Comté) Michel Faure (Université de Haute-Alsace, ILLE) Laurent Gautier (Université de Bourgogne , Dijon) Sonia Goldblum (Université de Haute-Alsace, ILLE) Ralph Häfner (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg) Robert Kopp (professeur émérite à l’Université de Bâle) Patrick Leroyer (Arhus University, School of Communication and Culture – Centre for Lexicography) Eleni Mitropoulou (Université de Haute-Alsace, CRESAT) Thomas Nicklas (Directeur du CIRLEP Université de Reims-Champagne-Ardenne) Hervé This (INRA, Membre de l’Académie des sciences, lettres et arts d’Alsace) Frédérique Toudoire-Surlapierre (directrice d’ILLE, Université de Haute-Alsace) Jean-Louis Vezien (Ancien Délégué national de l’Institut National des Appellations d’origine, Ancien Directeur du Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace) Carsten Wilhelm (directeur du CRESAT, Université de Haute-Alsace)

Emotions, évaluation et expressivité : la triple face (cachée ?) des descripteurs sensoriels : l’exemple du discours de présentation / dégustation de vins

ppt disponible en ligne :

https://www.academia.edu/36066364/Emotions_expressivit%C3%A9_et_%C3%A9valuation._La_triple_face_cach%C3%A9e_des_descripteurs_sensoriels_lexemple_du_discours_de_pr%C3%A9sentation_d%C3%A9gustation_de_vins

Cette communication poursuit un triple objectif en visant à (i) interroger la place existant pour la prise en compte d’une dimension subjective en terminologie, (ii) analyser et tenter de modéliser cette dimension dans une terminologie liée au sensible (à partir du cas précis de la dégustation de vin), et (iii) interroger la possible existence d’une « terminologie » de consommation/dégustation, parallèle à la terminologie expert, reposant sur un autre mode de fonctionnement sémiotique. Elle se situe dans le cadre de l’affirmation, largement liée au web 2.0, de nouveaux discours œnologiques moins prescriptifs et plus descriptifs et évaluatifs.

Au niveau théorique, l’argumentation commence par revenir sur les conditions d’existence des termes dans le domaine du sensible au sens large, et du sensoriel en particulier, qui ne peuvent être saisis convenablement en termes de conditions nécessaires et suffisantes. La dimension par définition expérientielle de ces termes – qu’attestent les protocoles mis en en place par l’analyse sensorielle – plaide ainsi pour une saisie en termes de prototype laissant leur place aux dimensions subjectives.

La partie centrale est consacrée d’une part à une analyse de corpus et d’autre part à une proposition de modélisation de cette subjectivité intrinsèque. Les catégories « émotion » et « expressivité » sont considérées comme étant, à côté de la catégorie « technicité », comme étant au service de l’acte global d’évaluation qui est le moteur pragmatique des discours concernés. L’analyse de corpus instancie cette modélisation à partir de quatre types de marqueurs spécifiques : (i) le lexique émotionnel sui generis, (ii) la caractérisation émotionnelle de descripteurs, (iii) la quantification et (iv) la double néologie.

 

CfP – Dijon – Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – 9-10 juillet 2018

Appel à communications

Colloque International

Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin

 Entre langue(s) et culture(s)

 Nouvelle date limite de soumission : 20 mai 2018

MSH Dijon – 9-10 juillet 2018

Co-organisation : MSH Dijon (UMR CNRS-uB 3516), Centre Interlangues TIL (EA 4182) et Cimeos (EA 4177)

 Coordination scientifique : Jean-Jacques Boutaud & Laurent Gautier

Résumé

Le colloque international « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » constituera le premier événement scientifique de grande envergure consacré à une approche comparative des discours de dégustation professionnels portant sur ces quatre produits. Il se focalisera en particulier sur l’articulation entre langues et cultures des aires de production d’origine (France, Asie, Amérique Latine, Afrique …) dans l’émergence des discours professionnels et envisagera les problèmes posés, dans le cadre des échanges commerciaux et des transferts culturels, par la communication sur ces mêmes produits dans des contextes exogènes, incluant donc aussi la sphère des consommateurs. Il permettra également de mettre en réseau des chercheurs travaillant sur ces objets, indépendamment de leur ancrage disciplinaire et des langues-objets. 

Argumentaire

Ce colloque, qui vise explicitement les interactions entre chercheurs et professionnels, s’inscrit dans le contexte régional et national de l’affirmation de Dijon en tant que Cité de la Gastronomie et du Vin, en synergie avec deux secteurs scientifiques majeurs de l’université de Bourgogne « Aliment et environnement » et « Vigne et vin » et en lien avec l’écosystème local dédié. Il fait suite à l’organisation, à Dijon, du colloque de septembre 2016 « Terminologies professionnelles de l’œnologie et de la gastronomie » qui, avec deux ouvrages collectifs actuellement sous presse (L’Harmattan et Iste éditions), a été à l’origine d’une mise en réseau de chercheurs internationaux travaillant jusque-là de manière isolée, mise en réseau se traduisant en premier lieu par la pérennisation de la manifestation : la deuxième édition du colloque a eu lieu à Reims en septembre 2017 ; les deux prochaines éditions sont déjà planifiées à Tours en 2018 et Innsbruck en 2019.

Il s’agira de poursuivre, sur ces nouveaux objets, la collaboration naturelle, sur ces questions sensorielles, entre sciences du langage et sciences de l’information et de la communication, mais aussi, compte tenu du contexte de recherche local, à créer des liens transdisciplinaires avec les sciences expérimentales, à commencer par les sciences du goût. Compte tenu de la dimension historique clef dans le développement et la fossilisation des discours de dégustation, l’apport des chercheurs en histoire du goût et de l’alimentation des aires culturelles concernées sera le bienvenu.

Aux niveaux méthodologique et théorique, si des travaux existent sur les discours de dégustation de chacun des quatre produits-cibles (à des degrés quantitatifs divers : énormément de travaux sur la dégustation du vin tandis que celle du cacao est, discursivement, encore largement terra incognita), ils restent mono-produit. L’enjeu du colloque sera donc de les croiser, d’interroger un éventuel rôle de modèle de l’un d’entre eux, de documenter les transferts analogiques, etc., selon des objectifs de communication très divers. Une attention toute particulière sera par ailleurs accordée aux rapports entre langue « d’origine » et produit : ainsi, si le discours de dégustation du vin s’est largement construit en français, à partir de vins français, il s’agira d’approfondir le rôle des langues natives et des traditions discursives respectives pour l’approche des trois autres produits. Cet aspect nécessitera de prendre en compte les évolutions de ces discours sur une diachronie plus ou moins longue, rendant du même coup indispensable le travail sur des ressources historiques.

 


 

 

Propositions de communication – modalités

 

Sont attendues des propositions de communication sur ces thématiques indiquant explicitement : la question de recherche et son apport à la problématique générale esquissée ci-dessus, les données/corpus analysés, les cadres méthodologiques et théoriques sous-jacents. Si les études de cas ne sont pas a priori exclues, les auteurs devront clairement montrer leur portée théorique.

 

Elles comprendront : le titre de la communication, 5 mots-clefs, un argumentaire développé de 800 mots maximum et la liste des références citées. L’identité et l’affiliation du/des auteur(s) n’apparaîtront pas dans le résumé, mais dans le mail d’accompagnement.

 

Langues : anglais, français

 

Transmission des propositions : avant le 20 mai 2018 par mail simultanément à : jean-jacques.boutaud@u-bourgogne.fr et laurent.gautier@u-bourgogne.fr

 

Le colloque donnera lieu à une publication collective de type « ouvrage avec chapitres » répondant aux critères internationaux de publication. Il ne sera pas publié d’ « actes » en tant que tels.

 

 

Comité scientifique (en cours de constitution) :

 

Ieda Maria Alves, Universidade de São Paulo, Brésil

Jean-Jacques Boutaud, Université de Bourgogne, France

Laurent Gautier, Université de Bourgogne, France

Weiwei Guo, Université Lumière-Lyon 2, France

Patrick Leroyer, Unniversité d’Aahrus

Olivier Méric, Universadad Estatal Amazónica en Puyo, Ecuador & Université de Bourgogne, France

Anne Parizot, Université de Franche-Comté, France

Kilien Stengel, Université de Tours, France

Action formation continue : Pratiques, cultures et discours du vin et de la gastronomie à l’international

Pratiques, cultures et discours du vin et de la gastronomie à l’international

Module de 2* 4,5 heures de formation

OBJECTIFS

– Découvrir les types de discours constitutifs des filières vin et gastronomie

– Découvrir les ancrages culturels de ces discours

– Savoir adapter ces discours en fonction de langue-culture des publics visés

PROGRAMME

– Du patrimoine gastronomique français et viti-vinicole aux discours

– Production et réception des discours gastronomiques et viti-vinicoles

– L’ancrage culturel des discours gastronomiques et viti-vinicoles

– Transfert et adaptation à des cibles étrangères

LIEU : université de Bourgogne, Dijon

TARIF : 400 euros

CONTACTS

M. Laurent GAUTIER, Responsable pédagogique, laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Mme Anne ROGER, Chargée d’ingénierie de formation, anne.roger@u-bourgogne.fr

Cfp Les confréries et leurs discours : appel prolongé au 20 janvier

Prolongation : 10 janvier 2016

Patrimoine immatériel et identité(s)

Entre Terroirs et territoires : Les confréries et leurs discours

Colloque de l’université de Reims Champagne Ardenne (URCA)

IUT Reims-Châlons-Charleville

SUAC (Service Universitaire de l’Action culturelle de Reims)

En partenariat avec l’Université de Bourgogne et l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation (Tours)

Charleville-Mézières 6 et 7 mai 2016

 

Ce colloque pluridisciplinaire et transdisciplinaire s’inscrit dans le prolongement de la réflexion sociale sur la notion de patrimoine. Il s’agira lors de ces journées de questionner, à travers les confréries, la problématique du patrimoine immatériel. La manifestation envisage de traiter plus spécialement des confréries gastronomiques (bachiques, œnologiques, vineuses et alimentaires) et s’inscrit dans le cadre du Festival des Confréries en Ardenne.

Événement unique en son genre en France, ce festival, créé en 2004, rassemble actuellement une cinquantaine de confréries gastronomiques. Il est envisagé d’en accroître la dimension à la fois au niveau national et international. Il se tiendra les 7 et 8 mai 2016 à Charleville-Mézières : le colloque précédera donc l’événement et sera en synergie directe avec lui.

 

Disciplines concernées : économie, gestion, histoire, sciences de l’information et communication, sémiotique, linguistique, terminologie, anthropologie, sociologie

 

Plusieurs axes d’études seront ainsi privilégiés (liste non exhaustive) :

  • Création et conditions d’existence des confréries, évolution en France et à l’étranger. Ce colloque s’intéressera à l’évolution historique des confréries, de leur création jusqu’à nos jours, et à leur articulation avec les grands mouvements de l’histoire des mentalités et de l’histoire culturelle. Il analysera les relations qu’elles entretiennent avec les provinces et régions et adoptera aussi une perspective interculturelle en étudiant le phénomène à l’étranger, ainsi que les rapprochements, voire « jumelages » existant entre des confréries proches de différents pays.
  • Au-delà de l’aspect folkorique (thème qui peut d’ailleurs être développé) les thématiques abordées concerneront tout particulièrement : les symboliques (gestuelle, cérémonies, blasons…), les rituels liés aux cérémonies d’intronisation, la terminologie employée ainsi que le fonctionnement discursif des confréries : discours d’intronisation, types d’écrits, formules de routine, etc. La construction des identités régionales par le biais des confréries sera également étudiée. Ces éléments sont largement empruntés à l’histoire et intègrent un discours basé sur un répertoire d’ancien français : des études sur ces corpus comparables dans d’autres langues seront les bienvenues.
  • On s’interrogera également plus précisément sur ce qui « fait sens » dans ces manifestations en relation ou non avec le phénomène de mondialisation. A l’heure où le repas gastronomique des Français est inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité, les confréries se définissent en effet comme un des premiers maillons de la sauvegarde du patrimoine gastronomique et de valorisation des produits authentiques et de terroir. Elles ont obtenu elles-aussi la reconnaissance de l’UNESCO, ont donc leur place dans le patrimoine culinaire et gastronomique et participent en ce sens à l’inventaire du patrimoine.
  • Une attention particulière pourra être portée à l’onomastique des confréries.
  • Enfin on s’interrogera sur les enjeux et les impacts sur le développement durable et la RSE. Cet axe aura pour objectif d’interroger les relations entre le triptyque patrimoine/société/confréries dans le cadre plus général des relations sociétales.

Les thématiques s’orienteront plus particulièrement vers la construction d’identités, d’authenticité (des produits) et d’histoire(s) (des territoires/terroirs et des produits), thème essentiel. La construction des identités régionales par le biais des confréries sera également étudiée et pourra aborder l’évolution des corps de métiers dont elles sont issues.

Tout ou partie de ces thèmes sera susceptible d’être abordé de façon transversale.

Il est important de souligner que ce colloque scientifique ne se veut pas exclusivement universitaire. Les membres des sociétés savantes (confréries), régionales, locales ou internationales, sont en particulier conviés à y prendre part.

 

Procédure pour l’envoi des propositions de communications orales ou affichées :

  • 
Les propositions de contributions, en anglais ou en français, seront envoyées au format PDF (police Times 12, interligne 1,5, marges 2,5 cm.) Elles comporteront le titre de la communication, un résumé de 500 mots maximum, 3 à 5 mots-clés, des références bibliographiques (10 au maximum).
Les participants indiqueront le format désiré pour leur présentation (communication orale ou affichée) et le type de contribution (scientifique ou témoignage réflexif).
  • Merci de préciser le nom et l’appartenance institutionnelle de l’auteur ou des auteurs, et l’adresse de correspondance.
  • Les doctorants sont invités à communiquer sous forme de poster.
  • 
Les propositions sont à envoyer en pièce jointe conjointement à : parizot@univ-reims.fr et laurent.gautier@u-bourgogne.fr
  • Dates importantes :
  • 
Date limite de réception des résumés : 20 janvier 2016
  • Notification d’acceptation des communications ou posters : 
30 janvier 2016
  • Envoi des textes définitifs : 15 mars 2016
  • Diffusion programme définitif : 15 avril 2016

 

Dates du colloque : 6 et 7 mai 2016,

Dates du Festival international des confréries : 7 et 8 mai 2016.

 

Publication : une sélection de contributions sera publiée dans un volume thématique chez un éditeur international, après expertise en double aveugle.

 

Comité de pilotage :

Laurent Gautier, professeur de linguistique appliquée, Université Bourgogne – Franche-Comté

Anne Parizot MCF (sciences de l’information et de la communication) Université Champagne-Ardenne

 

Comité scientifique :

Loïc Bienassis Institut européen histoire et des cultures de l’alimentation IEHCA

Jean-Jacques Boutaud Université de Bourgogne-Franche-Comté, Dijon

Marc de Ferrière le Vayer, Université François Rabelais, Tours

Laurent Gautier MSH Université Bourgogne Franche-Comté, Dijon

Pascal Lardellier Université de Bourgogne Franche-Comté, Dijon

Anne Parizot Université Champagne Ardenne