ppt en ligne : Ecrire, dire et interpréter le droit en contexte européen : les apports d’une « sémantique juridique »

Le #séminaire tournant de #jurilinguistique a entamé sa deuxième année d’existence avec une première séance dans le cadre du R2DIP à Université de Cergy-Pontoise.
 
Thème générique : De l’expertise d’intervention à l’expertise « citoyenne » : faire comprendre le droit ?
 
Ici, ppt de notre communication avec Arthur Joyeux sur :
 
Ecrire, dire et interpréter le #droit en contexte européen : les apports d’une « #sémantique #juridique »
 
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ppt en ligne : La terminologie du cacao dans un pays producteur (Equateur) et sa diffusion : une terminologie de filière ou commerciale ?

La communication de la #teamsensodijon sur les #descripteurs du #cacao lors de la journée d’études #Toth2018 à Kedge (Marseille) est en ligne ici.

La #terminologie du #cacao dans un pays #producteur (Equateur) et sa diffusion : une terminologie de #filière ou #commerciale ?

Résumé :

[Contexte]

Si la gastronomie, au sens large, a de tout temps constitué un objet culturel important dans la plupart des sociétés, elle connaît depuis au moins deux décennies un regain d’intérêt sans précédent se donnant à lire à au moins trois niveaux :

  • en termes d’institutionnalisation avec l’inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO de plusieurs de ses réalisations à l’instar de l’art du pizzaiolo napolitain en 2017, la culture de la bière en Belgique en 2016 ou encore le repas gastronomique des Français en 2011 ;
  • en termes scientifiques à travers la reconnaissance de celle-ci comme objet de recherche interdisciplinaire, tant fondamentale qu’appliquée, comme en témoignent la création récente, en France, du Réseau « Alimentation Gastronomie : Analyses et Perspectives (AGAP) » pour fédérer les équipes de SHS travaillant sur ces sujets ou encore des séries de conférences comme Food and Culture in Translation (FaCT, Catania 2014, 2016), Terminologies professionnelles de l’œnologie et de la gastronomie (Dijon 2016, Reims 2017, Tours 2018, Innsbruck 2019) ou encore Discours de dégustation croisés(Dijon 2018, Angers 2019) ;
  • en termes médiatiques, enfin, à la fois avec la multiplication des publications dites grand public spécialisées dans la gastronomie, la restauration, l’œnologie, mais aussi le succès des émissions de télé-réalité mettant en scène les lieux, gestes et procédés techniques associés (Stengel 2017) ou encore le nouveau rôle de « prescripteurs » des consommateurs, rendu possible par les potentialités des nouveaux médias pour témoigner d’une « expérience » gastronomique (#instafood sur Instagram, avis Tripadvisor, etc.) (Bach 2018).

Ces avancées partagent en commun, parce que l’objet constitue un champ spécialisé au sens désormais bien connu de Petit (2010), de non seulement recourir aux terminologies des domaines mobilisés, mais aussi et surtout, pour le linguiste, d’en révéler les zones d’ombre, parfois les incohérences, les incompréhensions, et de révéler au grand jour à la fois l’ancrage culturel du terme – au sens d’une langue-culture données – qu’un paradigme cognitif comme la Cultural Linguistics de Sharifian (2017a, 2017b) vise à modéliser – et les modes de vie plus ou moins contrôlés des termes afférents quand, pour reprendre les mots de l’appel à communication, ils « vivent hors de leurs sphères d’activités habituelles ». Parmi les différents produits étudiés, c’est sans conteste le vin qui a donné lieu à la production la plus abondante en matière de recherche terminologique qui, avec plus ou moins de scientificité, alimente les bonnes feuilles des grands quotidiens ou les conversations entre amateurs, éclairés ou non, quand il s’agit de mettre en avant sa part « ésotérique » (Lehrer 1975, 2009).

 

[Problématique]

Dans ce contexte global, la présente proposition de communication prendra pour objet un produit nettement moins visité par les terminologues, le cacao, et en décentrant le regard puisqu’il s’agira d’en aborder la terminologie in vivo, dans un des plus importants pays producteurs, l’Equateur, et en tenant compte de la situation diglossique particulière de la filière de production dans ce pays entre l’espagnol d’un côté et les langues natives comme le cha’palaa (famille barbacoanne), langue vernaculaire de la communauté chachi spécialisée dans les productions agricoles (cacao, coco, bananes), et le kichwa (famille Quechua IIB), langue vernaculaire de différentes communautés amazoniennes de l’autre. La problématique, qui s’inscrit à l’intersection entre la question de la « richesse de l’oral » et des « communautés » (cf. axes de l’appel à communication), visera donc à présenter une méthodologie qui cherche à mettre en relief les éléments représentatifs nécessaires pour discuter les tensions possibles entre une terminologie de filière, devant tendre vers la stabilisation et l’aménagement, et une terminologie commerciale/marketing diffusée, dans le cas particulier du cacao en Amérique Latine, par les aficionados dont on questionnera le positionnement par rapport à catégorie traditionnellement mobilisée en France de « prescripteurs ».

 

[Corpus]

La communication reposera sur l’exploitation de corpus originaux et inédits représentatifs des divers niveaux de discours isolables dans la filière, c’est-à-dire un corpus croisant, à terme, quatre types de données dans le sillage des travaux menés sur le vin par l’équipe dijonnaise (Gautier/Le Fur/Robillard 2015, Mancebo-Humbert/Le Fur/Gautier 2018a, 2018b, Mancebo-Humbert/Gautier/Alves sous presse, Gautier/Bach 2017, Gautier 2018) :

  1. un corpus de « discours ambiant » et marketing pour identifier les descripteurs spécifiques au discours sensoriel utilisé en espagnol pour décrire le chocolat en contexte équatorien ;
  2. un corpus de transcriptions d’entrevues avec les professionnels de la production du chocolat permettant d’interroger leur mode de mise en discours les descripteurs précédemment identifiés mais aussi de remonter aux descripteurs premiers dans les deux langues natives mentionnées ;
  3. un corpus mixte de ‘dégustation’ : questionnaires sans stimulus visant à identifier la valeur sémantique des descripteurs à partir d’un processus progressif d’abstraction progressive (Dubois 1995) et transcriptions issues de la dégustation d’un chocolat choisi pour être représentatif de chaque descripteur.

 

[Méthodologie et discussion]

La communication aura comme principal objectif de discuter la méthodologie appliquée pour l’analyse terminologique qui permettra d’alimenter l’étude des possibles tensions entre une terminologie de filière et une terminologie commerciale/marketing diffusée. Méthodologiquement, nos propositions reposeront sur l’analyse outillée exploratoire de quatre jeux de données s’inscrivant dans les catégories sus-mentionnés :

  • Le corpus de « discours ambiant » à partir des publications réalisées par les professionnels de la filières qui est une étape importante pour l’identification des différents descripteurs attestés. Pour ce faire une liste de sites Internet équatoriens reconnus comme représentatifs de l’expertise équatorienne sur le sujet a été sélectionnée. Le discours relatif au cacao disponible dans ces sites a été compilé dans un corpus au format texte[a], cette première source ayant été complétée par les interventions dans la presse écrite des professionnels de la filière. Cette première étape permettra l’identification des descripteurs spécifiques au discours sensoriel utilisés pour décrire le chocolat par les experts équatoriens de la filière.
  • Pour l’exploitation terminologique de transcriptions d’entretiens avec les producteurs de cacao, deux régions de production en Équateur ont été sélectionnées pour leurs différences ethniques, mais aussi culturelles. D’un côté, deux communautés de producteurs de cacao et d’artisans du chocolat traditionnels situées dans la province d’Esmeraldas. Le groupe, originaire de la communauté Chachi de San Salvador de Muisne, a répondu à une entrevue semi-dirigée visant à capturer un discours oral authentique des producteurs de cacao sur les caractéristiques de leur produit. Ces interventions orales ont été enregistrées en premier lieu en cha’palaa puis en espagnol pour aboutir à un corpus transcréé (Pedersen, 2014 ; Benetello, 2018). Le même protocole de collecte de données a été appliqué aux communautés de Arajuno de la province de Pastaza obtenant ainsi un corpus comparable en kichwa et en espagnol. Les termes sensoriels descriptifs spécifiques utilisés par les locuteurs bilingues ont été collectés et extraits manuellement afin d’être soumis à l’analyse textométrique[b]. D’un point de vu épistémologique, cette étape permet la collecte d’information dans le respect des caractéristiques des langues-cultures traditionnellement orales tout en permettant d’obtenir la production langagière plus authentique d’experts de la filière souvent étrangers aux stratégies de communication commerciales.

Actuellement, l’étude réalisée sur cette base se trouve être suffisamment avancée pour discuter la constitution et l’exploitation des deux premiers corpus ci-dessus (quatre jeux de données), contrairement au corpus mixte de dégustation qui dépend des résultats de l’analyse des deux corpus précédents. En effet, dans le processus méthodologique, ce corpus ne peut être compilé sans avoir, au préalable, identifié les descripteurs dont la valeur sémantique sera analysée auprès d’un public d’aficionados dont le discours représente celui d’un public de consommateur potentiel. Cette étape suivra le processus progressif d’abstraction de Dubois (1995) pour ainsi mettre en parallèle une production langagière faite à partir d’une activité cognitive avec une production langagière faite partir d’une expérience sensorielle.

Les résultats obtenus à chaque étape de ce processus permettront de mettre en évidence les stratégies de mises en discours des termes utilisées par les différents locuteurs. De manière ciblée, l’analyse abordera ainsi le rôle des marqueurs linguistiques et métalinguistiques servant d’escorte aux termes, le rôle de l’analogie et de la comparaison dans la construction des prototypes, les empreintes discursives de la subjectivité (intensité, graduation), ou encore, l’articulation entre les dimensions hédoniques et techniques du lexique considéré. On illustrera ainsi les apports portentiels d’une méthodologie outillée pour l’analyse de documents authentiques. L’analyse textométrique permet en effet une interprétation qualitative de données exploitées en mode quantitatif et dont la représentativité est garantie par l’authenticité d’un corpus de textes « situés » (Condamines / Nancy-Combes 2015).

 

Références citées :

 

Bach, M. (2018). Starts-up du vin entre vrais apports et faux semblants. Paris : L’Harmattan

Benetello, C. (2018). When translation is not enough: Transcreation as a convention-defying practice. A practitioner’s perspective, The Journal of Specialised Translation, 29, 28-44.

Condamines, A., Narcy-Combes J.-P. (2015). « La linguistique appliquée comme science située », Cultures de recherche en linguistique appliquée, Francis Carton et al. (éd.). Paris, Riveneuve éditions, 209-229.

Dubois, D.(1995). Catégories sémantiques « naturelles » et recherches cognitives : enjeux pluridisciplinaires, ARBA 3 Linguistique et modèles cognitifs, G. Ludi et C-A Zuber (éds), 77-104.

Gautier, L. (2018). La sémantique des termes de dégustation peut-elle être autre chose qu’une sémantique expérientielle et expérimentale ?, Du Sens à l’Expérience : Gastronomie et Œnologie au prisme de leurs terminologies, Benoît Verdier et Anne Pariozt (éd.), Reims : EPURE, 321-336.

Gautier, L., Bach, M. (2017). La terminologie du vin au prisme des corpus oraux de dégustation/présentation (français-allemand) : entre émotions, culture et sensorialité, Etudes de linguistique appliquée, 188, 477-501.

Gautier, L., Le Fur Y., Robillard, B. (2015), La « minéralité  » du vin : mots d’experts et de consommateurs, Unité Et Diversité Dans Le Discours Sur Le Vin En Europe, Laurent Gautier et Eva Lavric (éd.), Frankfurt/Main : Peter Lang, 149-168.

Lehrer, A. (1975). Talking about wine, Language, 51(4), p 901-923.

Lehrer, A. (20092). Wine and Conversation. Oxford : OUP.

Mancebo-Humbert, M., Le Fur, Y., Gautier, L. (2018a). La construction du discours de dégustation de Crémant de Bourgogne de 1995 à aujourd’hui, Bourgogne(s) viticole(s) : Enjeux et perspectives historiques d’un terroir, Serge Wolikow et Olivier Jaquect (éd.), Dijon : Éditions Universitaires de Dijon, 237-252.

Mancebo-Humbert, M., Le Fur, Y., Gautier, L. (2018b), Les choix lexicaux dans le discours des consommateurs pour parler du Crémant de Bourgogne : quel degré de terminologisation ?, Les terminologies professionnelles de l’œnologie, Laurent Gautier et Anne Parizot (éd.), Londres : Iste, pagination en cours.

Mancebo-Humbert, M. Alves, I.-M., Gautier, L. (sous presse), De la terminologie spontanée à une terminologie aménagée et vice-versa : parler des vins espumantes au Brésil, Actes des XIVè journées Realiter 2018.

Pedersen, D. (2014). Exploring the concept of transcreation–transcreation as ‘more than translation’. Cultus: The Journal of intercultural mediation and communication, 7, 57-71.

Petit, M. (2010). Le discours spécialisé et le spécialisé du discours: repères pour l’analyse du discours en anglais de spécialité. E-rea. Revue électronique d’études sur le monde anglophone, (8.1).

Sharifian, F. (2017a). Cultural Linguistics: Cultural conceptualisations and language. Amsterdam/Philadelphia: Benjamins.

Sharifian, F., éd. (2017b). Advances in Cultural Linguistics. New York/London/Singapour: Springer.

Stengel, K., éd. (2017). Les gestes culinaires. Mise en scène de savoir-faire. Paris : L’Harmattan.

 

[a] Format txt (UTF-8).

[b] L’analyse textométrique est réalisée avec le logiciel TXM : http://textometrie.ens-lyon.fr/?lang=fr .

nouveau ppt en ligne : Produire expérimentalement des corpus spécialisés pour l’analyse sémantique : méthodes et enjeux

La présentation de ma communication avec Mariele Mancebo-Humbert sur « Produire expérimentalement des corpus spécialisés pour l’analyse sémantique : méthodes et enjeux » aux journées d’études « Corpus sur Objectifs Spécifiques » à l’Université Lyon 3 est en ligne ici.

Mots clefs : discours spécialisés, corpus expérimentaux, enquêtes, descripteurs sensoriels, terminologie

[Contexte] La présente proposition vise, à la suite de De Mönnink (1999) et Gilquin / Gries (2009), à interroger et discuter le rôle de corpus produits expérimentalement et de façon ad hoc pour l’analyse du lexique spécialisé – que les unités considérées soient officiellement reconnues comme termes ou non. Elle s’inscrit dans le paradigme d’une recherche située (Condamines / Narcy-Combes 2015) et intrinsèquement interdisciplinaire (Gautier 2014). Si les corpus spécialisés écrits, et dans une moindre mesure oraux, sont devenus monnaie courante, qu’ils soient intégrés aux corpus de référence ou produits pour des besoins spécifiques (Loock 2016), les corpus expérimentaux, qui se rapprochent des enquêtes de la linguistique de terrain (Blanchet 2012), sont moins souvent convoqués – à l’exception notable de projets de recherche, comme ceux dont il est question ici, ayant pour objet les lexiques et les discours expérientiels (Dubois 2009).

[Problématique] Dans ce cadre, la communication discutera les enjeux, pour le linguiste, liés à la production de telles ressources, ainsi que les problèmes afférents en termes de méthodologie. A partir du cas particulier du lexique de dégustation de vins effervescents (Mancebo-Humbert et al. 2018), à la suite de Normand (2002) sur le champagne, on s’interrogera ainsi sur les critères présidant au corpus design : présence ou non d’un stimulus, mode de formulation des questions au vu des résultats escomptés (Delepaut 2009), prise en compte des profils de répondants, etc.

[Données et discussion] Cette problématique générale sera illustrée à partir de deux jeux de données en français (production de paroles par des panels professionnels et consommateurs lors de dégustation de Crémant de Bourgogne et réponse à un questionnaire en ligne sans stimulus sur ce produit) et un jeu de données en portugais brésilien (questionnaire en ligne sans stimulus sur les vins espumantes). On discutera ainsi, tout spécialement, la façon dont les critères généralement admis en linguistique de corpus doivent être ici repensés, voire re-calibrés : approche quantitative vs qualitative, fréquence minimale, représentativité des résultats, place des hapax, etc. Une attention particulière sera accordée à l’apport de ces corpus pour le traitement sémantico-cognitif du lexique de spécialité correspondant (ten Hacken 2015).

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

BLANCHET, Philippe (2012). La linguistique de terrain, méthode et théorie : une approche ethnosociolinguistique de la complexité. 2e ed. Collection Didact linguistique. Rennes : Presses universitaires de Rennes.

CONDAMINES, Anne / NARCY-COMBES, Jean-Paul (2015). La linguistique appliquée comme science située. Francis Carton et al. (dir.). In : Cultures de recherche en linguistique appliquée. Paris : Riveneuve éditions, pp. 209-229.

DE MÖNNINK, Inge (1999). Combining Corpus and Experimental Data. In : International Journal of Corpus Linguistics, n°4/1, pp. 77-111.

DELEPAUT, Gaëlle (2009). Questionner : comment et pourquoi ? Le choc des questions, le poids des mots ! In : Le sentir et le dire : concepts et méthodologies en linguistique et psychologie cognitive. DUBOIS, Danièle (dir.). Paris : L’Harmattan.

DUBOIS, Danièle (2009). Le Sentir et le dire : définir l’objet et construire la démarche. In : Le sentir et le dire : concepts et méthodologies en linguistique et psychologie cognitive. DUBOIS, Danièle (dir.). Paris : L’Harmattan.

GAUTIER, Laurent (2014). Des langues de spécialité à la communication spécialisée : un nouveau paradigme de recherche à l’intersection entre sciences du langage, info-com et sciences cognitives ? In : Etudes Interdisciplinaires en Sciences humaines, vol. 1, pp. 225-245.

GILQUIN, Gaëtanelle / GRIES, Stefan Th. (2009). Corpora and experimental methods: a state of the art review. In : Corpus Linguistics and Linguistic Theory, vol. 5, n° 1. pp. 1-26.

LOOCK, Rudi (2016). La traductologie de corpus. Villeneuve d’Ascq : Presses du Septentrion.

MANCEBO-HUMBERT, Mariele / LE FUR, Yves / GAUTIER, Laurent (2018). La construction du discours de dégustation de Crémant de Bourgogne de 1995 à aujourd’hui. In : Bourgogne(s) viticole(s) : Enjeux et perspectives historiques d’un terroir. WOLIKOW, Serge et JAQUECT, Olivier (dir.). Dijon : Éditions Universitaires de Dijon, p. 237-252.

NORMAND, Sylvie (2002). Les mots de la dégustation du champagne : analyse sémantique d’un discours professionnel. Paris : CNRS.

TEN HACKEN, Pius (2015). Terms and specialized vocabulary : taming the prototypes. In : Handbook of terminology. KOCKAERT, Hendrik J. et STEURS, Frieda (dir.), vol. 1, pp. 3-14. Amsterdam/Philadelphia : John Benjamins Publishing Company.

Recension de Gautier, éd. (2018).

A découvrir dans le numéro 58 de LIDIL, une très belle recension de mon collectif sur #figement et #discours #spécialisés paru 2018 chez Frank und Timme
 
#syntaxe #sémantique #linguistique #textuelle #phraséologie #idiomaticité #terimonologie #patterns
 
A lire ici.
Cover_Figement et discours specialise

cfp Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé, vin, bière et spiritueux  Référentiels, Expériences et imaginaires

Colloque International

Date limite de soumission : vendredi 27 mars 2019

 Après Dijon 2018, 2ème édition de 

Discours sensoriels croisés :

cacao, café, thé, vin, bière et spiritueux

 Référentiels, Expériences et imaginaires

Campus Tech Angers – 4-5 juillet 2019

Co-organisation : Campus Tech, Vinovillage et Numerina

CoDiRe (EA 4643), PLIDAM (EA 4514), Praxiling (UMR 5267),

Centre Interlangues TIL (EA 4182) et le réseau AGAP

 

Coordination scientifique :

Albin Wagener

 

Résumé

Le colloque international « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé, vin, bière et spiritueux – référentiels, expériences et imaginaires » fait suite au colloque « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » organisé en juillet 2018 à la MSH de l’Université de Bourgogne à Dijon par la MSH Dijon-Université de Bourgogne, le Cimeos (EA 4177) et le Centre Interlangues TIL (EA 4182). Il s’inscrit donc dans une suite, en ajoutant deux nouveaux domaines discursifs riches en descripteurs, à savoir la bière et les spiritueux. L’objectif de ce colloque est d’explorer, de manière multilingue et multiculturelle, les référentiels et les univers symboliques mobilisés au cœur des discours sensoriels, mais également les expériences subjectives, pragmatiques et nécessairement sémiotiques qui s’y retrouvent associées. L’ensemble de ces galaxies sémantiques expérientielles donnent lieu à la mobilisation, la production et la reproduction d’imaginaires qui se retrouvent inscrits au sein de discours qui, en plus de dire l’expérience sensorielle gustative, olfactive et flavoriale (pour ne citer que ces exemples), participent à la création d’univers interdiscursifs qui participent de la manière dont ces discours expérientiels se retrouvent situés sociétalement.

Argumentaire

 

Ce colloque se nourrit explicitement des interactions entre chercheurs et professionnels et s’inscrit dans une perspective de dialogue fructueux entre recherche et expérience, dans un esprit de recherche et développement. Il est également situé de manière claire dans la logique des humanités numériques, telle que portées par Campus Tech et sa chaire de recherche Numerina ou encore par le projet Nexus de l’Université Paul-Valéry Montpellier III : en ce sens, l’expérience sensorielle et les discours qui sont produits en référence à celle-ci sont ici directement liées à la capacité de médiation, de partage, d’usages, de transition ou encore d’acculturation numériques – non pas au sens technique, mais au sens précisément humaniste et sociétalement situé. Du point de vue professionnel, ce colloque se retrouve directement mis en lien avec les problématiques rencontrées par les professionnels des filières concernées, qu’il s’agisse de producteurs et de distributeurs, ou encore d’acteurs publics désireux de valoriser le territoire à travers ces produits. En ce sens, le présent colloque est activement soutenu par Vinovillage, cluster-campus des Pays de la Loire consacré aux vins et spiritueux, et véritable hub permettant la rencontre de professionnels, de chercheurs et de formations situées. Il fait suite à l’organisation, à Dijon, du colloque de juillet 2018 « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » qui, a permis de poursuivre un important travail de mise en réseau de chercheurs internationaux travaillant jusque-là de manière isolée, et notamment par la création du réseau AGAP (Alimentation et gastronomie : analyses et perspectives communicationnelles). En ce sens, il s’agit donc bien d’une poursuite de dynamique, à laquelle participent les organisateurs du présent colloque, et qui invite d’autres acteurs à pouvoir se manifester et rejoindre ce réseau.

 

Il s’agira de poursuivre, sur ces objets spécifiques, la collaboration naturelle, sur ces questions sensorielles, entre sciences du langage et sciences de l’information et de la communication, mais aussi, compte tenu du contexte de recherche, à créer des liens transdisciplinaires avec les sciences expérimentales, à commencer par les sciences du goût. Compte tenu de la dimension historique, l’apport des chercheurs en histoire du goût et de l’alimentation des aires culturelles concernées sera le bienvenu ; pour la partie marketing de ces produits et de leurs discours, les chercheurs en marketing, en particulier expérientiel, sont invités à participer.

 

Aux niveaux méthodologique et théorique, les six produits cités sont l’objet de travaux scientifiques relativement irréguliers : si le vin et le café sont relativement nourris en fonction des disciplines et des questions de recherche, il est clair que la bière et le thé, pour ne citer que ces produits, restent moins capés en termes de publication – bien que l’engouement pour la zythologie connaisse un essor certain. L’enjeu du colloque sera donc de croiser, d’interroger un éventuel rôle modélisateur pour certains discours existants, de documenter les transferts analogiques, etc., selon des objectifs de communication, de transmission, d’usage, de diffusion et d’acculturation très divers. Plus spécifiquement, l’objectif du colloque sera bel et bien de mettre l’accent sur les référentiels mobilisés autour des discours sensoriels des six produits cités (à la fois culturels, historiques, symboliques, socio-économiques, etc.), mais également les expériences vécues et l’appel aux différents sens mobilisés pour nourrir les discours sensoriels – y compris les expériences para-produits que constituent par exemple les expériences oenotouristiques ou zythotouristiques, pour ne citer que celles-ci. Il s’agira également, in fine, d’explorer de manière plus approfondie les imaginaires interdiscursifs tissés autour de ces six produits, à savoir leurs implications culturelles, sociales et économiques, mais également artistiques, touristiques et territoriales.

 

 

 

Propositions de communication – modalités

 

Sont attendues des propositions de communication sur ces thématiques indiquant explicitement : la question de recherche et son apport à la problématique générale esquissée ci-dessus, les données/corpus analysés, les cadres méthodologiques et théoriques sous-jacents. Si les études de cas ne sont pas a priori exclues, les auteurs devront clairement montrer leur portée théorique.

 

Elles comprendront : le titre de la communication, 5 mots-clefs, un argumentaire développé de 800 mots maximum et la liste des références citées. L’identité et l’affiliation du/des auteur(s) n’apparaîtront pas dans le résumé, mais dans le mail d’accompagnement.

 

Langues : anglais, français

 

Transmission des propositions : avant le 27 mars 2019 par mail à : albin.wagener@campustech.fr

 

Le colloque donnera lieu à une publication collective de type « ouvrage avec chapitres » répondant aux critères internationaux de publication.

 

Comité scientifique (en cours de constitution) :

 

Ieda Maria Alves, Universidade de São Paulo, Brésil

Jean-Jacques Boutaud, Université de Bourgogne, France

Léo Gabillard, VinoVillage / Campus Tech, France

Laurent Gautier, Université de Bourgogne, France

Weiwei Guo, Université Lumière-Lyon 2, France

Eva Lavric, Universität Innsbruck, Autriche

Patrick Leroyer, Université d’Aarhus, Danemark

Julien Longhi, Université de Cergy-Pontoise, France

Olivier Méric, Universadad Estatal Amazónica en Puyo, Ecuador & Université de Bourgogne, France

Anne Parizot, Université de Franche-Comté, France

François Perea, Université Paul-Valéry Montpellier III, France

Kilien Stengel, Université de Tours, France

Peter Stockinger, INALCO, France

Rita Temmerman, Vrije Universiteit Brussel, Belgique

Albin Wagener, Campus Tech / Université de Nantes, France

nouveau chapitre : La sémantique des termes de dégustation peut-elle être autre chose qu’une sémantique expérientielle et expérimentale

Mon chapitre

« La sémantique des termes de dégustation peut-elle être autre chose qu’une sémantique expérientielle et expérimentale« , actuellement sous presse dans :

Benoît Verdier / Anne Parizot (Eds). Du Sens à l’Expérience : Gastronomie et Œnologie au prisme de leurs terminologies, Reims : Epure, 2018, 321-336

peut-être lu ici en version preprint.

Résumé

[Objectifs et problématique] La question au centre du chapitre est celle de savoir quel(s) cadre(s) sémantique(s) théorique(s) est / sont le(s) mieux à même de rendre justice aux contraintes génériques qui pèsent sur les terminologies sensorielles – à commencer, ici, par la terminologie œnologique. Il s’agit en effet de tenir compte de deux aspects particuliers : d’une part la dimension expérientielle de ces termes (Dubois 2009) – où expérience doit être entendu au sens très concret de l’expérience de dégustation – et, d’autre part, la dimension éminemment subjective de ces expériences que la recherche d’une intersubjectivité partagée – comme sous-bassement définitoire – cherche à contourner ou, à tout le moins, à réduire autant que faire se peut (cf. les panels entraînés en analyse sensorielle, Dacremont 2009). La thèse défendue ici est que seule une sémantique que nous qualifions d’expérimentale – c’est-à-dire reposant sur des données non intuitives et non introspectives produites en situation contrôlée – peut permettre de relever ce défi.

[Corpus] La démonstration reposera sur un corpus de données précisément expérimentales produites dans le cadre d’un projet interdisciplinaire autour du descripteur minéral/minéralité (pour les vins blancs) qu’il s’agira de croiser et faire dialoguer (Gautier / Le Fur / Robillard 2015). Ce corpus comprend ainsi :

  • des réponses à des questions ouvertes posées à des consommateurs et des professionnels sans stimulus;
  • des descripteurs produits par un panel entraîné, donc avec stimulus ;
  • des entretiens semi-dirigés réalisés auprès des producteurs des vins testés par le panel mentionné ci-dessus et abordant, à un niveau général, leur « philosophie » de vigneron et à un niveau plus resserré, leur rapport à la minéralité.

[Méthodologie] Méthodologiquement, l’analyse recourt tout à la fois aux méthodes quantitatives de la linguistique de corpus et de la fouille de données pour aborder chacun des corpus individuellement et en interaction et aux méthodes qualitatives de la sémantique cognitive, en particulier les notions de prototypes, d’air de famille ou encore de blending. L’objectif est de montrer comment une démarche se voulant holistique permet de reconsidérer le travail définitoire et le statut et la forme même de la définition terminologique.

ppt online Parallèles/comparables, langue originale/traduite… : s’y retrouver dans le maquis des corpus potentiels pour la traduction économique et financière

La présentation ppt de mon intervention au colloque « La #traduction : théories, pratiques, formations » à l’Univ. de Craiova est en ligne ici.

Mots clefs : #terminologie, #phraséologie, #corpus, #linguistique de corpus, #traductologie, #économie, #finances

Résumé :

Cette proposition, qui s’inscrit dans l’axe 4 « Terminologies et corpus numériques » de l’appel à communications vise à revenir sur l’opposition désormais devenue classique entre corpus parallèles et corpus comparables (au sens de Teubert 1996) en discutant leur complémentarité, mais aussi la complexité des relations qui les unissent, dans le domaine de la traduction économique et financière.

Si le secteur de la traduction professionnelle prend petit à petit conscience du rôle « caché » des corpus dans les outils de TAO (Loock 2016), leur rôle reste, dans la pratique, souvent cantonné à des problématiques terminologiques alors que comment le montrent Gledhill/Kubler (2016), c’est un continuum lexique-grammaire qu’ils permettent de saisir de façon intégrative. Et, par-delà leurs apports en matière d’informations linguistiques stricto censu, les corpus représentent une ressource inépuisable pour le traducteur spécialisé en quête de l’architecture conceptuelle sous-jacente aux domaines et des savoirs spécialisés associés (Durr 2017).

En croisant des corpus de bi-textes traduits issus soit d’institutions internationales type BCE avec les 24 langues de l’Union, soit de banques nationales plurilingues (comme la Banque Nationale Suisse), avec des corpus « originaux », dans les langues concernées, produits tant par les banques centrales « monolingues » (qui ne le sont jamais vraiment dans la mesure où elles produisent toujours a minima une version en anglais pour leur communication internationale) que par des instituts de conjoncture économique, on cherchera à mettre en évidence la gamme de potentialités qu’ils renferment aux niveaux cognitifs, macro- et microlinguistiques – potentiels qui ne peuvent être utiles aux traducteurs professionnels que si la linguistique appliquée, et plus encore « située », s’en saisit pour en extraire une représentation holistique.

 

Bibliographie citée :

Durr, Margarete (2017). La notion de pertinence en traduction juridique bidirectionnelle français-allemand. Thèse de doctorat en sciences du langage préparée sous la direction de Th. Grass. Strasbourg : Université de Strasbourg

Gledhill, Christoph / Kübler, Nathalie (2016): « What can linguistic approaches bring to English for Specific Purposes? », ASp – La revue du GERAS, 69, pp. 65-95.

Loock, Rudy (2016). La traductologie de corpus. Villeneuve d’Ascq : Presses du Septentrion.

Teubert, Wolfgang (1996). « Comparable or Parallel Corpora? », International Journal of Lexicography, 9(3), pp. 238-264.

 

ppt online Initier à la dégustation ou…enseigner une terminologie de dégustation ? Les termes de la dégustation dans les glossaires en ligne et applications

La présentation ppt de ma communication au colloque #Terminologies de l’ #œnologie et de la #gastronomie III est en ligne ici sur le sujet :

Initier à la #dégustation ou enseigner une #terminologie de dégustation ? Les définitions de termes #œnologiques dans les #glossaires en ligne et #applications

Résumé :

L’essor du web 2.0 et des outils de type smartphone ou tablette a démultiplié l’offre existante de produits proposant d’initier les non-experts à la dégustation de vin, que ce soit sous forme de sites Internet ou d’applications. Par-delà diverses ressources, le plus souvent multimodales, dispensant des connaissances spécialisées plus ou moins vérifiées sur les cépages, les régions viticoles, les pratiques culturales, les itinéraires de vinification ou, encore, l’approche et le parcours même de la dégustation, tous ces outils ont en commun de proposer, sous une forme ou une autre, un glossaire de termes de dégustation regroupant de façon quasi uniforme des descripteurs/attributs relatifs à des caractéristiques sensorielles séquentielles. L’objectif de cette communication est ainsi de proposer une analyse croisée, sémantique et sensorielle, de ces outils en s’arrêtant en particulier sur une question rarement thématisée : la maîtrise de la dégustation conduit-elle à la maîtrise des termes de la dégustation – et inversement ?

A partir d’une extraction d’un choix de ressources francophones en la matière, l’analyse portera sur trois dimensions :

  • Les choix de macrostructures adoptés et ce qu’ils révèlent de la conception sous-jacente de ce type de terminologie : quel est le périmètre retenu ? les termes sont-ils regroupés et si oui comment ? sont-ils rapportés à des connaissances encyclopédiques spécialisées ?
  • Les microstructures des articles avec une attention particulière accordée aux définitions et aux exemples. Cette partie de l’étude permettra de s’interroger d’une part sur la façon dont sont saisies les dimensions sensorielles individuelles pour arriver à un degré d’abstraction suffisant justifiant le fonctionnement de l’adjectif ou du nom comme terme et d’autre part sur la part revenant aux prototypes dans la construction du sens de ces termes
  • Les parts revenant aux dimensions émotionnelles, évaluatives et culturelles qui font partie inhérente de ces termes et les distinguent des termes issus, pour ne citer qu’un exemple, des sciences de l’ingénieur et susceptibles d’une approche strictement objectiviste.

ppt online Zum Zusammenspiel von Sprach-, Fach- und Kulturwissen bei der Rechtsübersetzung:Der potentielle Beitrag kognitiver Semantik

Die ppt-Präsentation meines Vortrags auf dem Workshop #Rechtssprache und #Rechtsübersetzung in Geschichte und Gegenwart ist online.

Zusammenfassung:

Zum Zusammenspiel von #Sprach-, #Fach- und #Kulturwissen bei der Rechtsübersetzung: Der potentielle Beitrag #kognitiver #Semantik

[Kontext] Dass Fachübersetzung sich nicht auf Terminologiearbeit bzw. terminologische Kenntnisse reduzieren lässt, ist ein heute allgemein akzeptiertes Ergebnis der neueren Fachsprachenforschung, die – zum Beispiel unter der Bezeichnung Specialized Communication Studies (Schubert 2011) – immer interdisziplinärer angelegt ist. Dies gilt insbesondere für die Rechtsübersetzung, wo die Wechselwirkungen zwischen Rechtsprache, Rechtssystem und Rechtskultur für das richtige Verständnis des Ausgangstextes sowie die angemessene, adressatgerichtete Produktion des Zieltextes ausschlaggebend sind.[Problemstellung] Im Beitrag soll die These zur Diskussion gestellt werden, nach der die kognitive Semantik, und insbesondere die Frame-Semantik einen diesbezüglichen geeigneten Ansatz liefern, um das postulierte Zusammenspiel nicht nur zu erfassen, sondern auch zu modellieren. In dieser Perspektive werden nämlich Rechtstermini nicht mehr als „bloße“ Benennungseinheiten verstanden, sondern als Knoten fachlicher Wissensnetze aufgefasst, welche im besonderen Falle des Rechts sehr stark kulturspezifisch geprägt sind.

[Diskussion] An einem Korpus vergleichbarer Texte (dt.-frz.) zum Thema Gleichbehandlung/Nicht-Diskriminierung soll gezeigt werden, inwiefern explizite – aber auch, und vielleicht vor allem implizite – Frame-Elemente eine wichtige Rolle spielen, um die semantische Brandbreite des Terminus rekonstruieren zu können und potentielle Äquivalenz-Relationen in der Zielsprache, im juristischen Zielsystem sowie in der juristischen Zielkultur fundiert bemessen zu können. Gerade an diesem Beispiel lässt sich letztendlich die von Joyeux (2018) aufgestellte Hypothese der Formelhaftigkeit (im Sinne der frz. Diskursanalyse, insbesondere von Krieg-Planque 2009) vieler neuerer Rechtstermini gut illustrieren und weiterentwickeln.

 

Literatur

Joyeux, Arthur (2018). „Les standards européens. Une disparition programmée de la „langue claire et entendible“ au profit de normes volontairement indéterminées?“ In : ToTh 2017. Terminologie & Ontologie: Théories et Applications. Chambéry : Université de Savoie, p. 195-219.

Krieg-Planque, Alice (2009). La notion de « formule » en analyse du discours. Cadre théorique et méthodologique. Besançon : Presses Universitaires de Franche-Comté.

Schubert, Klaus (2011). „Specialized Communication Studies: An Expanding Discipline.” In : Petersen, Margrethe / Engberg, Jan [Eds]. Current Trends in LSP Research. Bern ;…: Peter Lang, p. 19-58.

 

 

 

ppt De la terminologie spontanée à une terminologie aménagée et vice-versa : parler des vins espumantes au Brésil

Communication lors des Journées 2018 du réseau #Réaliter  accessible ici.

#terminologie #sensorialité #vin #oenologie #corpus #linguistique #située

[Contexte] Le marché des vins effervescents au Brésil a fortement augmenté ces dix dernières années, affichant une hausse de +248% selon l’OIV[1]. L’Instituto Brasileiro do Vinho (Ibravin) indique que cette catégorie de produits représente environ 80% du marché vitivinicole intérieur en 2015[2] et enregistre une augmentation de 79,58% dans l’importation de ce type de produit[3] en 2017. Cette augmentation globale de la production, de la commercialisation et de la consommation d’effervescents au Brésil entraîne, tout naturellement, un besoin accru de valorisation et donc de communication autour de ces produits, mobilisant, entre autres, des descripteurs de nature terminologique.

[Problématique] Cette quête de valorisation est très récente dans le domaine puisque la première IG (Indication Géographique) date de 2002 pour Vale dos Vinhedos. L’attribution d’une telle certification passe de facto par une réglementation des caractéristiques concernant l’élaboration du produit et repose sur la formulation d’un discours réglementaire. Ce domaine spécialisé en plein essor connaît actuellement, au niveau communicatif, une tension entre emprunts à la terminologie française correspondante et aménagement d’une terminologie dédiée en portugais du Brésil pour communiquer sur les productions locales. Cette proposition s’inscrit ainsi à l’intersection entre les axes « traduire les termes en recourant à la terminologie spontanée », « néologie en terminologie » et « diffusion et implantation de la terminologie » de l’appel à communications.

[Corpus] L’analyse porte sur le discours des spécialistes et non-spécialistes autour des vins espumantes. Le premier corpus est issu d’articles des neuf numéros de la Revista Brasileira de Viticultura e Enologia (RBVE), d’une quarantaine de sites d’élaborateurs d’espumantes et de textes officiels spécifiant les spécificités du produit et implémentant une terminologie normée, comme les différents cahiers de charges (regulamento de uso) ou la loi nº 7.678, de 2018 sur la production, circulation et commercialisation de vin. Le deuxième corpus est constitué de réponses de cinq cent consommateurs à un questionnaire diffusé en ligne et portant sur les descripteurs employés spontanément.

C’est à partir de ces différents discours que sera examinée la terminologie de la filière et des consommateurs afin de repérer et analyser les doubles aller-retour entre d’une part emprunts et néologismes utilisés et d’autre part terminologie spontanée construite sur la base de l’expérience (mémorielle) de dégustation et terminologie aménagée.

Plusieurs stratégies apparaissent, notamment dans la terminologie stabilisée et aménagée, dont il conviendra d’examiner les motivations :

  • recours à différentes tentatives d’intégration des emprunts, comme le rapprochement de l’orthographe selon les spécificités de la langue cible (« degórgement ») ;
  • ajout d’un préfixe (« pós-dégorgement ») ;
  • introduction d’une définition pour le mot emprunté (« véraison (mudança de cor) ») ;
  • stratégies de reformulation à partir du mot français (« deguelo », « deburbado »)
  • création d’une nouvelle terminologie par métaphore (« gaiola/gaiolinha »).

Dans tous les cas, le recours à la terminologie française s’avère systématique lors que les professionnels de cette filière s’expriment sur leur produit. Un recours tout à fait naturel si l’on tient compte du rôle prototypique du Champagne dans le domaine des effervescents.

 

[1] Site Web : http://www.oiv.int/public/medias/3097/les-vins-effervescents-fr-complet-3.pdf, consulté le 12/11/2017.

[2] Site Web : http://www.ibravin.org.br/noticias/ibravin-lan%C3%A7a-marca-brasil-espumantes.php, consulté le 12/11/2017.

[3] Site web : http://www.ibravin.org.br/Noticia/abastecimento-do-mercado-de-vinhos-no-brasil-apresenta-crescimento-de-3-no-primeiro-semestre/305, consulté le 12/11/2017.