ppt De la terminologie spontanée à une terminologie aménagée et vice-versa : parler des vins espumantes au Brésil

Communication lors des Journées 2018 du réseau #Réaliter  accessible ici.

#terminologie #sensorialité #vin #oenologie #corpus #linguistique #située

[Contexte] Le marché des vins effervescents au Brésil a fortement augmenté ces dix dernières années, affichant une hausse de +248% selon l’OIV[1]. L’Instituto Brasileiro do Vinho (Ibravin) indique que cette catégorie de produits représente environ 80% du marché vitivinicole intérieur en 2015[2] et enregistre une augmentation de 79,58% dans l’importation de ce type de produit[3] en 2017. Cette augmentation globale de la production, de la commercialisation et de la consommation d’effervescents au Brésil entraîne, tout naturellement, un besoin accru de valorisation et donc de communication autour de ces produits, mobilisant, entre autres, des descripteurs de nature terminologique.

[Problématique] Cette quête de valorisation est très récente dans le domaine puisque la première IG (Indication Géographique) date de 2002 pour Vale dos Vinhedos. L’attribution d’une telle certification passe de facto par une réglementation des caractéristiques concernant l’élaboration du produit et repose sur la formulation d’un discours réglementaire. Ce domaine spécialisé en plein essor connaît actuellement, au niveau communicatif, une tension entre emprunts à la terminologie française correspondante et aménagement d’une terminologie dédiée en portugais du Brésil pour communiquer sur les productions locales. Cette proposition s’inscrit ainsi à l’intersection entre les axes « traduire les termes en recourant à la terminologie spontanée », « néologie en terminologie » et « diffusion et implantation de la terminologie » de l’appel à communications.

[Corpus] L’analyse porte sur le discours des spécialistes et non-spécialistes autour des vins espumantes. Le premier corpus est issu d’articles des neuf numéros de la Revista Brasileira de Viticultura e Enologia (RBVE), d’une quarantaine de sites d’élaborateurs d’espumantes et de textes officiels spécifiant les spécificités du produit et implémentant une terminologie normée, comme les différents cahiers de charges (regulamento de uso) ou la loi nº 7.678, de 2018 sur la production, circulation et commercialisation de vin. Le deuxième corpus est constitué de réponses de cinq cent consommateurs à un questionnaire diffusé en ligne et portant sur les descripteurs employés spontanément.

C’est à partir de ces différents discours que sera examinée la terminologie de la filière et des consommateurs afin de repérer et analyser les doubles aller-retour entre d’une part emprunts et néologismes utilisés et d’autre part terminologie spontanée construite sur la base de l’expérience (mémorielle) de dégustation et terminologie aménagée.

Plusieurs stratégies apparaissent, notamment dans la terminologie stabilisée et aménagée, dont il conviendra d’examiner les motivations :

  • recours à différentes tentatives d’intégration des emprunts, comme le rapprochement de l’orthographe selon les spécificités de la langue cible (« degórgement ») ;
  • ajout d’un préfixe (« pós-dégorgement ») ;
  • introduction d’une définition pour le mot emprunté (« véraison (mudança de cor) ») ;
  • stratégies de reformulation à partir du mot français (« deguelo », « deburbado »)
  • création d’une nouvelle terminologie par métaphore (« gaiola/gaiolinha »).

Dans tous les cas, le recours à la terminologie française s’avère systématique lors que les professionnels de cette filière s’expriment sur leur produit. Un recours tout à fait naturel si l’on tient compte du rôle prototypique du Champagne dans le domaine des effervescents.

 

[1] Site Web : http://www.oiv.int/public/medias/3097/les-vins-effervescents-fr-complet-3.pdf, consulté le 12/11/2017.

[2] Site Web : http://www.ibravin.org.br/noticias/ibravin-lan%C3%A7a-marca-brasil-espumantes.php, consulté le 12/11/2017.

[3] Site web : http://www.ibravin.org.br/Noticia/abastecimento-do-mercado-de-vinhos-no-brasil-apresenta-crescimento-de-3-no-primeiro-semestre/305, consulté le 12/11/2017.

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ppt Quelle(s) recherche(s) sur les discours et cultures de spécialité pour articuler enseignement et recherche en LEA ?

Contribution à la table ronde « recherche » de la journée d’études « Enseigner les langues en ELA » organisée par le CEL de l’Univ. Jean Moulin – Lyon 3.

La présente contribution à la table ronde 4 est consacrée aux langues et cultures de spécialité, saisies non seulement comme objet d’enseignement, mais aussi de recherche sui generis dans le supérieur français qui, pour garder une crédibilité à la filière, ne peuvent être dissociées – comme c’est toutefois encore souvent le cas.

Il part du constat que cet objet ne bénéficie pas encore, dans la double dimension indiquée, d’une prise en compte institutionnelle suffisante – malgré l’appel de Gréciano (1998) – et ce alors même que les besoins sont patents, en particulier à l’Université en filière LEA, en LANSAD ou dans les bi-filières (de type allemand-économie).

Il s’agira de montrer que, pourtant, nombre de paradigmes de recherche sont aujourd’hui disponibles pour aborder cet objet en tant que langue-culture de spécialité, comme cela est depuis longtemps le cas dans l’anglistique française (http://www.geras.fr/dossiers/dossiers.php?val=79_statuts), et permettre à la recherche française sur ces questions de s’ancrer dans un paysage international en constante et rapide évolution.

Les quatre thèses soumises à débat seront :

  1. L’objet « langues et cultures de spécialité » ne peut être saisi sur un plan exclusivement micro-linguistique.
  2. Il n’existe que si il est articulé sur les cultures de spécialité qui le sous-tendent, elles-mêmes résultat d’un processus d’évolution qui ne peut être saisi qu’en incluant la dimension diachronique.
  3. Les langues-cultures spécialisées ne peuvent ainsi être saisies qu’au travers de larges corpus répondant aux standards internationaux.
  4. Décrire les langues-cultures spécialisées inclut donc de facto une dimension cognitive, celle de la structure conceptuelle du champ visé.

La présentation ppt est disponible ici.

ppt Traduire le flou, même en droit ? Les composantes sémantiques et pragmatiques du texte juridique en vue de sa traduction

Traduire le flou, même en droit ?

Les composantes sémantiques et pragmatiques du texte juridique en vue de sa traduction

La conférence trouve classiquement son point de départ dans les liens intrinsèques entre le droit et la langue. Instanciés au niveau terminologique, ils conduisent à présenter la terminologie juridique comme n’étant soluble que dans un système et un contexte juridiques donnés, et définissent la traduction juridique comme reposant sur une comparaison et une traduction des systèmes conceptuels sous-jacents. Dans ce contexte, la reconnaissance de « standards juridiques », entendus comme concepts indéterminés a priori (Bernard, 2010) est venue troubler cette mécanique bien huilée : le principe de subsidiarité (Joyeux, 2016) en est un exemple de premier plan.

Il s’agira donc, à partir de la discussion d’un cas pouvant être présenté comme un cas d’école – le principe de non-discrimination / Nicht-Diskriminierung / Gleichberechtigung – de discuter les enjeux théoriques, en particulier sémantiques et pragmatiques, de ces « termes flous » pouvant être rapprochés de ce que l’analyse du discours française qualifie aussi de « formules » (Krieg-Planque, 2009). On s’interrogera ainsi sur (i) la question des définitions, censées garantir au traducteur la validité de l’équivalence conceptuelle, (ii) la part de savoirs encyclopédiques / spécialisés, mais aussi discursifs à injecter dans l’opération de compréhension et de traduction et (iii) la façon dont la théorie des cadres (frame semantics) peut se révéler pertinente en jurilinguistique.

Les réflexions soumises à discussion reposeront sur l’analyse d’un double corpus autour du standard principe de non-discrimination dans le couple de langues, et dans les traditions juridiques, français-allemand. Le premier corpus interrogé est constitué de bitextes parallèles permettant de mettre au jour les stratégies de traduction retenues par les organisations internationales mais aussi de voir les réseaux lexico-sémantiques construits dans ces textes au travers de reformulations / variations des formulations premières. Ces premiers résultats seront complétés par l’étude de textes comparables, précisément des commentaires doctrinaux originaux issus des deux systèmes, permettant d’examiner la « vie sémantique » de ce standard dans les deux langues-cultures.

Lien vers le ppt ici.

ppt online Modélisation des terminologies sensorielles du discours expert et non expert pour la plateforme de recommandation hybride SmartAd

#terminologie #sémantique #vin #sensorialité #recommandation #corpus #oenologie #gastronomie

Présentation accessible ici.

La lisibilité et la compréhension du discours expert par un consommateur non-expert sont sources de difficultés impactant l’acte d’achat [1]. Cette réalité est particulièrement vraie dans le domaine du vin où les propriétés organoleptiques et sensorielles des vins décrits par les institutions et experts portent une charge sémantique complexe difficilement appréhendable par les amateurs. D’après [2], au moins trois facteurs sont responsables de cette tension :

1) la densité terminologique du discours et l’importance de celle-ci pour son degré de cohérence ;

2) le potentiel sémantique du terme, tant du point de vue de sa mise en discours que de son interprétation lors de la lecture ;

3) et dans une moindre mesure, la morphologie du terme.

Ainsi, la communication proposée visera à présenter des travaux interdisciplinaires associant linguistique de corpus, sémantique formelle et informatique et ambitionnant le développement d’un système générique de recommandation hybride d’items [3, 4, 5] présentant une dimension sensorielle : des vins ou des mets (goût), des fragrances ou des parfums (odorat), de la musique (ouïe), des matières en aménagement intérieur (toucher) ou encore des perceptions multimodales complexes (ambiances urbaines, traces touristiques).

La plateforme SmartAd, et le projet sous-jacent AdWine spécifiquement centré sur le vin, s’inscrivent ainsi dans le contexte stratégique de la transition numérique de l’économie et sont orientés vers le conseil et l’aide aux consommateurs. Ils permettent le partage pédagogique et intuitif des expériences sensibles, à la croisée entre terminologies des experts et professionnels pour décrire les items et terminologies adoptées par les consommateurs incluant, par-delà la dénomination technique, des dimensions évaluative, expressive et émotionnelle [6, 7, 8, 9].

A partir de ces travaux en cours, la communication présente une solution méthodologique et technique pour combler le gap sémantique entre la connaissance descriptive du discours expert des œnologues/sommeliers/prescripteurs incarnés par les guides et revues de référence, celle du discours institutionnel des interprofessions, et celle du discours de l’amateur néophyte. En l’occurrence, soit le non-expert reprend les discours experts sans nécessairement en avoir la maîtrise, engendrant ainsi une confusion sémantique, soit il créée son propre discours incluant une terminologie propre construite à partir d’expériences passées mais débouchant sur une couverture sémantique réduite à dimension technique minimale (i.e. minéralité [10][11]), ou une spécialisation sémantique réduite à dimension évaluative maximale (i.e. buvable/buvabilité).

L’objectif de la solution discutée ici est donc de produire des services de recommandation d’items, et d’exploiter ces connaissances dynamiques dans un processus d’extraction d’information dans la mesure où des formes d’expression du web 2.0 (forums, blogs) déplacent l’étalon définitoire des discours prescriptifs.

nouvel article : La construction du discours de dégustation du Crémant de Bourgogne de 1995 à aujourd’hui

#Discours #œnologie #Crémant #Bourgogne #sémantique #terminologie

Ce chapitre d’un ouvrage collectif consacré aux différentes facettes de la/des Bourgogne(s) viticole(s) est consacré à une analyse de la construction des représentations discursives du Crémant de Bourgogne sur une diachronie courte et à partir de discours prescriptifs, en l’occurrence ici un choix représentatif de guides de dégustation. L’analyse outillée de ces discours, qui mobilise la méthodologie de la sémantique discursive, s’intéresse à 5 catégories saillantes : la désignation du produit, sa classification, sa localisation, ses circonstances de consommation et les représentations qu’il évoque.

L’article débouche sur une proposition de définition-robot pouvant être perçue comme une vulgate dans le type de texte considéré : « Le Crémant de Bourgogne a succédé au Bourgogne mousseux et s’en distingue par une qualité supérieure. Il soutient, même si c’est dans une mesure limitée, la comparaison avec le Champagne. Il vient notamment de la Côte Chalonnaise (Rully), est plutôt un Blanc de Blanc, Brut. Il est produit majoritairement à partir de Chardonnay et de Pinot Noir et s’inscrit dans une certaine tradition et culture familiale. C’est un vin d’apéritif. » (p. 252)

In : Serge Wolikow & Olivier Jacquet (Eds). Bourgogne(s) viticole(s). Enjeux et perspectives historiques d’un territoire. Dijon, EUD, 2018, 237-252. Lien éditeur.

JE – Les discours de conjoncture économique – Dijon, MSH, 4 juin 2018

Les discours de conjoncture économique en Europe 

4 juin 2018

MSH Dijon – Forum des savoirs

9 h 30            Accueil des participants

9 h 45            Ouverture

10 h               Fabien Labondance (UBFC/CRESE)

Central Bank Sentiment and Policy Expectations

10 h 45          Laurence Harris (U Paris Nanterre)

« The UGLY decade » : retour sur 10 ans de communication à Mansion House par la Banque d’Angleterre 

11 h 30          Laurent Gautier (UBFC/TIL)

L’engagement énonciatif dans les prévisions de conjoncture (Banque de France / Bundesbank)

 

12 h 30          Déjeuner

 

14 h               Vlaïllitch
Tuffa (U. Paris-Diderot)

La venue du Quantitative easing à la BCE : jeux et enjeux imaginaires dans l’horizon de la « scène de l’écriture » des conférences de presse de la BCE

14 h 45          Javier Fernandez-Cruz (U. Malaga/ Pontificia Universidad Católica del Ecuador/MSH Dijon)

Financial Domain Sentiment Analysis with Lingmotif: Analysing the Evolution of Discourse of the European Central Bank through its Press Conferences

15 h 30 Pause

15 h 45          Virginie Lethier (UBFC/ELLIAD)

Le discours de la Banque Centrale Européenne (1998-2017) au prisme d’une analyse du discours outillée

16 h 30          Ludovic Desmedt / Matthieu Llorca (UBFC/LEDI)

La “révolution silencieuse” des banquiers centraux : le cas de la BCE

 

Entrée libre sur inscription préalable : laurent.gautier@ubfc.fr

Organisation : Ludovic Desmedt, Laurent Gautier, Matthieu Llorca

CfP Fachsprachenforschung kontrastiv

Fachsprachenforschung kontrastiv

  1. November 2018

Maison des Sciences de l’Homme, Dijon

Am 9. November 2018 veranstalten das Centre Interlangues – Texte, Image, Langage (Université de Bourgogne Franche-Comté) und der Fachbereich Translations-, Sprach- und Kulturwissenschaft Germersheim (Johannes Gutenberg-Universität Mainz) im Rahmen des Deutsch-Französischen Doktorandenkollegs in den Geistes-, Kultur- und Sozialwissenschaften Mainz-Dijon (DFDK) einen gemeinsamen Workshop zum Thema „Fachsprachenforschung kontrastiv“.

Thematische Ausrichtung

Der Workshop richtet sich an Forscherinnen und Forscher, die sich in kontrastiver Perspektive mit dem Thema Fachsprachen im weitesten Sinne befassen. Die thematische Ausrichtung ist bewusst allgemein gehalten, um einer möglichst breiten Vielfalt an Sprachen und Fachgebieten Platz zu bieten. Neben Untersuchungen zum Deutschen und Französischen sind daher ausdrücklich auch Beiträge zu anderen Sprachen und Sprachkombinationen erwünscht, insbesondere zum Englischen, Niederländischen und zu anderen romanischen Sprachen.

Gleiches gilt auch in Bezug auf theoretische Ausrichtung und empirische Methoden der vorgestellten Arbeiten: Neben translationswissenschaftlichen und lexikographischen Fragestellungen sind so u. a. Beiträge willkommen, die sich dem Phänomen Fachsprache aus korpuslinguistisch-quantitativer, konstruktionsgrammatischer, kognitiv-semantischer oder diskursanalytischer Perspektive nähern. Interdisziplinär ausgerichtete Beiträge sind in diesem Zusammenhang ausdrücklich erwünscht! Zur Diskussion gestellte Berichte über Promotionsvorhaben sind ebenfalls besonders willkommen.

Konferenzsprachen

Die Konferenzsprachen sind Deutsch und Französisch. Eine Publikation im Rahmen der peer-reviewten Reihe Kontraste/Contrastes (Peter Lang) ist vorgesehen.

Einreichung von Beiträgen

Vorschläge für Konferenzbeiträge (ca. 250 Wörter zzgl. Auswahlbibliographie) sollten den Organisatoren bis spätestens 15. Juli 2018 zukommen. Für die einzelnen Beiträge sind 20 Minuten vorgesehen, für die anschließende Diskussion jeweils 10 Minuten.

Organisation

Pr Laurent Gautier (UBFC) – laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Prof. Dr. Michael Schreiber (FTSK Germersheim) – schreibm@uni-mainz.de

Simon Varga (FTSK Germersheim/UBFC) – varga@uni-mainz.de

Appel à chapitres, Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à contributions pour un « ouvrage collectif avec chapitres »

Date limite d’envoi des articles : 15 juillet 2018

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

Suite à la journée d’études, co-organisée le 2 mars dernier par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), cet appel vise à rassembler des contributions venant compléter celles présentées en vue de la publication d’un ouvrage collectif avec chapitres. Les articles soumis s’intéresseront entre autres :

  • A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
  • Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
  • Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
  • Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
  • Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.

Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les articles de 40.000 signes maximum (espaces, notes, bibliographie comprises) sont à adresser avant le 15 juillet 2018 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr

Weiwei Guo, weiwei.guo-gripay@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

 

Calendrier prévisionnel =

15 juillet 2018                   envoi des articles

1er septembre 2018         retour de expertises

1er octobre 2018               remise des textes revus

janvier 2019                                          publication du volume, chez un éditeur international, dans une collection consacrée aux discours spécialisés

Approcher les discours spécialisés par la méta-catégorie du figement

Nouvelle présentation en ligne :

https://www.academia.edu/36238956/Approcher_les_discours_sp%C3%A9cialis%C3%A9s_par_la_m%C3%A9ta-cat%C3%A9gorie_du_figement

Cet atelier doctoral, qui capitalise sur la présentation « Quelles approches cognitives pour les discours spécialisés ? » vise à discuter la pertinence pour l’approche des discours spécialisés de la notion de « figement », dans une acception cognitive large, détachée des conceptions traditionnelles de « figement morpho-syntaxique ». En faisant un détour par le cas très particulier de gestion du figement dans les langues contrôlées, on pose comme hypothèse l’existence d’un continuum à rebours invitant à partir précisément du figement – envisagé comme stabilité quantitative et reproductible – pour analyser ces discours. La deuxième partie discute les apports respectifs des traditions francophones, anglo-saxonnes et germano-slave dans le traitement du figement et insiste sur les deux bouleversements qu’ont induits d’une part les corpus et d’autre les grammaires de construction dans le traitement de cette catégorie. Le figement est ensuite replacé dans le paradigme du « moule discursif spécialisé » que nous considérons, avec ses 4 niveaux constitutifs, comme l’étalon de saisie du discours spécialisé. Dans ce cadre, la dernière partie propose, à partir d’études de cas extraites d’un corpus financier (rapports de conjoncture de banques centrales), trois niveaux de figement subsumés sous l’étiquette de « non-conventionnels » pour marquer qu’ils concernent des segments de langue habituellement peu traités en ces termes.

Quelles approches cognitives pour les discours spécialisés ?

Quelles approches cognitives pour les discours spécialisés ?

discours spécialisés, LSP, linguistique cognitive, cognition, linguistique appliquée, terminologie, sémantique, prototype, frame, constructions, métaphores

Cet atelier doctoral part initialement d’une conférence prononcée au département de français de l’Université Craiova (Roumanie) en 2013 et capitalise sur les projets développés depuis à la MSH de Dijon, ainsi que sur les premiers résultats de thèses en cours, en particulier dans le domaine de la linguistique sensorielle.

L’objectif est tout d’abord de situer la recherche sur les discours spécialisés au sein des sciences du langage, mais pas seulement, en partant de la proposition de Condamines / Narcy-Combes (2015) pour qui la linguistique appliquée, dont relève traditionnellement les discours spécialisés, est forcément une science située. On en tire les conséquences méthodologiques pour la recherche et on voit dans la linguistique cognitive le paradigme le plus à même de satisfaire les enjeux actuels de tels travaux.

S’ensuit une discussion de la définition et du positionnement épistémologique de l’objet « discours spécialisé » qui, suivant le mouvement initié en son temps par Lerat (1995), mise sur un décentrage mettant en avant le spécialisé, avec tous ses acteurs et son fonctionnement dont la mise en discours constitue la face matérielle pour le linguiste.

A partir des quatre principes définitoires de la linguistique cognitive posés par Geeraerts (2006), on discute ensuite la manière dont la recherche sur les discours spécialisés peut s’insérer dans et bénéficier de ce paradigme.

La dernière partie de l’atelier est consacrée à la discussion et à l’exemplification de quatre approches cognitives mises en oeuvre dans ce type de recherche : (i) la sémantique du prototype en terminologie, (ii) les métaphores conceptuelles en terminologie et en discours, (iii) la sémantique des cadres (frame semantics) pour la description des collocations et du discours et (iv) les grammaires de construction.

Cet atelier donnera lieu à un article long dans le numéro 2018 de Analele Universităţii din Craiova. Seria Ştiinţe Filologice. Lingvistică.

https://www.academia.edu/36231303/Quelles_approches_cognitives_pour_les_discours_sp%C3%A9cialis%C3%A9s_