ppt en ligne : La terminologie du cacao dans un pays producteur (Equateur) et sa diffusion : une terminologie de filière ou commerciale ?

La communication de la #teamsensodijon sur les #descripteurs du #cacao lors de la journée d’études #Toth2018 à Kedge (Marseille) est en ligne ici.

La #terminologie du #cacao dans un pays #producteur (Equateur) et sa diffusion : une terminologie de #filière ou #commerciale ?

Résumé :

[Contexte]

Si la gastronomie, au sens large, a de tout temps constitué un objet culturel important dans la plupart des sociétés, elle connaît depuis au moins deux décennies un regain d’intérêt sans précédent se donnant à lire à au moins trois niveaux :

  • en termes d’institutionnalisation avec l’inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO de plusieurs de ses réalisations à l’instar de l’art du pizzaiolo napolitain en 2017, la culture de la bière en Belgique en 2016 ou encore le repas gastronomique des Français en 2011 ;
  • en termes scientifiques à travers la reconnaissance de celle-ci comme objet de recherche interdisciplinaire, tant fondamentale qu’appliquée, comme en témoignent la création récente, en France, du Réseau « Alimentation Gastronomie : Analyses et Perspectives (AGAP) » pour fédérer les équipes de SHS travaillant sur ces sujets ou encore des séries de conférences comme Food and Culture in Translation (FaCT, Catania 2014, 2016), Terminologies professionnelles de l’œnologie et de la gastronomie (Dijon 2016, Reims 2017, Tours 2018, Innsbruck 2019) ou encore Discours de dégustation croisés(Dijon 2018, Angers 2019) ;
  • en termes médiatiques, enfin, à la fois avec la multiplication des publications dites grand public spécialisées dans la gastronomie, la restauration, l’œnologie, mais aussi le succès des émissions de télé-réalité mettant en scène les lieux, gestes et procédés techniques associés (Stengel 2017) ou encore le nouveau rôle de « prescripteurs » des consommateurs, rendu possible par les potentialités des nouveaux médias pour témoigner d’une « expérience » gastronomique (#instafood sur Instagram, avis Tripadvisor, etc.) (Bach 2018).

Ces avancées partagent en commun, parce que l’objet constitue un champ spécialisé au sens désormais bien connu de Petit (2010), de non seulement recourir aux terminologies des domaines mobilisés, mais aussi et surtout, pour le linguiste, d’en révéler les zones d’ombre, parfois les incohérences, les incompréhensions, et de révéler au grand jour à la fois l’ancrage culturel du terme – au sens d’une langue-culture données – qu’un paradigme cognitif comme la Cultural Linguistics de Sharifian (2017a, 2017b) vise à modéliser – et les modes de vie plus ou moins contrôlés des termes afférents quand, pour reprendre les mots de l’appel à communication, ils « vivent hors de leurs sphères d’activités habituelles ». Parmi les différents produits étudiés, c’est sans conteste le vin qui a donné lieu à la production la plus abondante en matière de recherche terminologique qui, avec plus ou moins de scientificité, alimente les bonnes feuilles des grands quotidiens ou les conversations entre amateurs, éclairés ou non, quand il s’agit de mettre en avant sa part « ésotérique » (Lehrer 1975, 2009).

 

[Problématique]

Dans ce contexte global, la présente proposition de communication prendra pour objet un produit nettement moins visité par les terminologues, le cacao, et en décentrant le regard puisqu’il s’agira d’en aborder la terminologie in vivo, dans un des plus importants pays producteurs, l’Equateur, et en tenant compte de la situation diglossique particulière de la filière de production dans ce pays entre l’espagnol d’un côté et les langues natives comme le cha’palaa (famille barbacoanne), langue vernaculaire de la communauté chachi spécialisée dans les productions agricoles (cacao, coco, bananes), et le kichwa (famille Quechua IIB), langue vernaculaire de différentes communautés amazoniennes de l’autre. La problématique, qui s’inscrit à l’intersection entre la question de la « richesse de l’oral » et des « communautés » (cf. axes de l’appel à communication), visera donc à présenter une méthodologie qui cherche à mettre en relief les éléments représentatifs nécessaires pour discuter les tensions possibles entre une terminologie de filière, devant tendre vers la stabilisation et l’aménagement, et une terminologie commerciale/marketing diffusée, dans le cas particulier du cacao en Amérique Latine, par les aficionados dont on questionnera le positionnement par rapport à catégorie traditionnellement mobilisée en France de « prescripteurs ».

 

[Corpus]

La communication reposera sur l’exploitation de corpus originaux et inédits représentatifs des divers niveaux de discours isolables dans la filière, c’est-à-dire un corpus croisant, à terme, quatre types de données dans le sillage des travaux menés sur le vin par l’équipe dijonnaise (Gautier/Le Fur/Robillard 2015, Mancebo-Humbert/Le Fur/Gautier 2018a, 2018b, Mancebo-Humbert/Gautier/Alves sous presse, Gautier/Bach 2017, Gautier 2018) :

  1. un corpus de « discours ambiant » et marketing pour identifier les descripteurs spécifiques au discours sensoriel utilisé en espagnol pour décrire le chocolat en contexte équatorien ;
  2. un corpus de transcriptions d’entrevues avec les professionnels de la production du chocolat permettant d’interroger leur mode de mise en discours les descripteurs précédemment identifiés mais aussi de remonter aux descripteurs premiers dans les deux langues natives mentionnées ;
  3. un corpus mixte de ‘dégustation’ : questionnaires sans stimulus visant à identifier la valeur sémantique des descripteurs à partir d’un processus progressif d’abstraction progressive (Dubois 1995) et transcriptions issues de la dégustation d’un chocolat choisi pour être représentatif de chaque descripteur.

 

[Méthodologie et discussion]

La communication aura comme principal objectif de discuter la méthodologie appliquée pour l’analyse terminologique qui permettra d’alimenter l’étude des possibles tensions entre une terminologie de filière et une terminologie commerciale/marketing diffusée. Méthodologiquement, nos propositions reposeront sur l’analyse outillée exploratoire de quatre jeux de données s’inscrivant dans les catégories sus-mentionnés :

  • Le corpus de « discours ambiant » à partir des publications réalisées par les professionnels de la filières qui est une étape importante pour l’identification des différents descripteurs attestés. Pour ce faire une liste de sites Internet équatoriens reconnus comme représentatifs de l’expertise équatorienne sur le sujet a été sélectionnée. Le discours relatif au cacao disponible dans ces sites a été compilé dans un corpus au format texte[a], cette première source ayant été complétée par les interventions dans la presse écrite des professionnels de la filière. Cette première étape permettra l’identification des descripteurs spécifiques au discours sensoriel utilisés pour décrire le chocolat par les experts équatoriens de la filière.
  • Pour l’exploitation terminologique de transcriptions d’entretiens avec les producteurs de cacao, deux régions de production en Équateur ont été sélectionnées pour leurs différences ethniques, mais aussi culturelles. D’un côté, deux communautés de producteurs de cacao et d’artisans du chocolat traditionnels situées dans la province d’Esmeraldas. Le groupe, originaire de la communauté Chachi de San Salvador de Muisne, a répondu à une entrevue semi-dirigée visant à capturer un discours oral authentique des producteurs de cacao sur les caractéristiques de leur produit. Ces interventions orales ont été enregistrées en premier lieu en cha’palaa puis en espagnol pour aboutir à un corpus transcréé (Pedersen, 2014 ; Benetello, 2018). Le même protocole de collecte de données a été appliqué aux communautés de Arajuno de la province de Pastaza obtenant ainsi un corpus comparable en kichwa et en espagnol. Les termes sensoriels descriptifs spécifiques utilisés par les locuteurs bilingues ont été collectés et extraits manuellement afin d’être soumis à l’analyse textométrique[b]. D’un point de vu épistémologique, cette étape permet la collecte d’information dans le respect des caractéristiques des langues-cultures traditionnellement orales tout en permettant d’obtenir la production langagière plus authentique d’experts de la filière souvent étrangers aux stratégies de communication commerciales.

Actuellement, l’étude réalisée sur cette base se trouve être suffisamment avancée pour discuter la constitution et l’exploitation des deux premiers corpus ci-dessus (quatre jeux de données), contrairement au corpus mixte de dégustation qui dépend des résultats de l’analyse des deux corpus précédents. En effet, dans le processus méthodologique, ce corpus ne peut être compilé sans avoir, au préalable, identifié les descripteurs dont la valeur sémantique sera analysée auprès d’un public d’aficionados dont le discours représente celui d’un public de consommateur potentiel. Cette étape suivra le processus progressif d’abstraction de Dubois (1995) pour ainsi mettre en parallèle une production langagière faite à partir d’une activité cognitive avec une production langagière faite partir d’une expérience sensorielle.

Les résultats obtenus à chaque étape de ce processus permettront de mettre en évidence les stratégies de mises en discours des termes utilisées par les différents locuteurs. De manière ciblée, l’analyse abordera ainsi le rôle des marqueurs linguistiques et métalinguistiques servant d’escorte aux termes, le rôle de l’analogie et de la comparaison dans la construction des prototypes, les empreintes discursives de la subjectivité (intensité, graduation), ou encore, l’articulation entre les dimensions hédoniques et techniques du lexique considéré. On illustrera ainsi les apports portentiels d’une méthodologie outillée pour l’analyse de documents authentiques. L’analyse textométrique permet en effet une interprétation qualitative de données exploitées en mode quantitatif et dont la représentativité est garantie par l’authenticité d’un corpus de textes « situés » (Condamines / Nancy-Combes 2015).

 

Références citées :

 

Bach, M. (2018). Starts-up du vin entre vrais apports et faux semblants. Paris : L’Harmattan

Benetello, C. (2018). When translation is not enough: Transcreation as a convention-defying practice. A practitioner’s perspective, The Journal of Specialised Translation, 29, 28-44.

Condamines, A., Narcy-Combes J.-P. (2015). « La linguistique appliquée comme science située », Cultures de recherche en linguistique appliquée, Francis Carton et al. (éd.). Paris, Riveneuve éditions, 209-229.

Dubois, D.(1995). Catégories sémantiques « naturelles » et recherches cognitives : enjeux pluridisciplinaires, ARBA 3 Linguistique et modèles cognitifs, G. Ludi et C-A Zuber (éds), 77-104.

Gautier, L. (2018). La sémantique des termes de dégustation peut-elle être autre chose qu’une sémantique expérientielle et expérimentale ?, Du Sens à l’Expérience : Gastronomie et Œnologie au prisme de leurs terminologies, Benoît Verdier et Anne Pariozt (éd.), Reims : EPURE, 321-336.

Gautier, L., Bach, M. (2017). La terminologie du vin au prisme des corpus oraux de dégustation/présentation (français-allemand) : entre émotions, culture et sensorialité, Etudes de linguistique appliquée, 188, 477-501.

Gautier, L., Le Fur Y., Robillard, B. (2015), La « minéralité  » du vin : mots d’experts et de consommateurs, Unité Et Diversité Dans Le Discours Sur Le Vin En Europe, Laurent Gautier et Eva Lavric (éd.), Frankfurt/Main : Peter Lang, 149-168.

Lehrer, A. (1975). Talking about wine, Language, 51(4), p 901-923.

Lehrer, A. (20092). Wine and Conversation. Oxford : OUP.

Mancebo-Humbert, M., Le Fur, Y., Gautier, L. (2018a). La construction du discours de dégustation de Crémant de Bourgogne de 1995 à aujourd’hui, Bourgogne(s) viticole(s) : Enjeux et perspectives historiques d’un terroir, Serge Wolikow et Olivier Jaquect (éd.), Dijon : Éditions Universitaires de Dijon, 237-252.

Mancebo-Humbert, M., Le Fur, Y., Gautier, L. (2018b), Les choix lexicaux dans le discours des consommateurs pour parler du Crémant de Bourgogne : quel degré de terminologisation ?, Les terminologies professionnelles de l’œnologie, Laurent Gautier et Anne Parizot (éd.), Londres : Iste, pagination en cours.

Mancebo-Humbert, M. Alves, I.-M., Gautier, L. (sous presse), De la terminologie spontanée à une terminologie aménagée et vice-versa : parler des vins espumantes au Brésil, Actes des XIVè journées Realiter 2018.

Pedersen, D. (2014). Exploring the concept of transcreation–transcreation as ‘more than translation’. Cultus: The Journal of intercultural mediation and communication, 7, 57-71.

Petit, M. (2010). Le discours spécialisé et le spécialisé du discours: repères pour l’analyse du discours en anglais de spécialité. E-rea. Revue électronique d’études sur le monde anglophone, (8.1).

Sharifian, F. (2017a). Cultural Linguistics: Cultural conceptualisations and language. Amsterdam/Philadelphia: Benjamins.

Sharifian, F., éd. (2017b). Advances in Cultural Linguistics. New York/London/Singapour: Springer.

Stengel, K., éd. (2017). Les gestes culinaires. Mise en scène de savoir-faire. Paris : L’Harmattan.

 

[a] Format txt (UTF-8).

[b] L’analyse textométrique est réalisée avec le logiciel TXM : http://textometrie.ens-lyon.fr/?lang=fr .

Publicités

cfp Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé, vin, bière et spiritueux  Référentiels, Expériences et imaginaires

Colloque International

Date limite de soumission : vendredi 27 mars 2019

 Après Dijon 2018, 2ème édition de 

Discours sensoriels croisés :

cacao, café, thé, vin, bière et spiritueux

 Référentiels, Expériences et imaginaires

Campus Tech Angers – 4-5 juillet 2019

Co-organisation : Campus Tech, Vinovillage et Numerina

CoDiRe (EA 4643), PLIDAM (EA 4514), Praxiling (UMR 5267),

Centre Interlangues TIL (EA 4182) et le réseau AGAP

 

Coordination scientifique :

Albin Wagener

 

Résumé

Le colloque international « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé, vin, bière et spiritueux – référentiels, expériences et imaginaires » fait suite au colloque « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » organisé en juillet 2018 à la MSH de l’Université de Bourgogne à Dijon par la MSH Dijon-Université de Bourgogne, le Cimeos (EA 4177) et le Centre Interlangues TIL (EA 4182). Il s’inscrit donc dans une suite, en ajoutant deux nouveaux domaines discursifs riches en descripteurs, à savoir la bière et les spiritueux. L’objectif de ce colloque est d’explorer, de manière multilingue et multiculturelle, les référentiels et les univers symboliques mobilisés au cœur des discours sensoriels, mais également les expériences subjectives, pragmatiques et nécessairement sémiotiques qui s’y retrouvent associées. L’ensemble de ces galaxies sémantiques expérientielles donnent lieu à la mobilisation, la production et la reproduction d’imaginaires qui se retrouvent inscrits au sein de discours qui, en plus de dire l’expérience sensorielle gustative, olfactive et flavoriale (pour ne citer que ces exemples), participent à la création d’univers interdiscursifs qui participent de la manière dont ces discours expérientiels se retrouvent situés sociétalement.

Argumentaire

 

Ce colloque se nourrit explicitement des interactions entre chercheurs et professionnels et s’inscrit dans une perspective de dialogue fructueux entre recherche et expérience, dans un esprit de recherche et développement. Il est également situé de manière claire dans la logique des humanités numériques, telle que portées par Campus Tech et sa chaire de recherche Numerina ou encore par le projet Nexus de l’Université Paul-Valéry Montpellier III : en ce sens, l’expérience sensorielle et les discours qui sont produits en référence à celle-ci sont ici directement liées à la capacité de médiation, de partage, d’usages, de transition ou encore d’acculturation numériques – non pas au sens technique, mais au sens précisément humaniste et sociétalement situé. Du point de vue professionnel, ce colloque se retrouve directement mis en lien avec les problématiques rencontrées par les professionnels des filières concernées, qu’il s’agisse de producteurs et de distributeurs, ou encore d’acteurs publics désireux de valoriser le territoire à travers ces produits. En ce sens, le présent colloque est activement soutenu par Vinovillage, cluster-campus des Pays de la Loire consacré aux vins et spiritueux, et véritable hub permettant la rencontre de professionnels, de chercheurs et de formations situées. Il fait suite à l’organisation, à Dijon, du colloque de juillet 2018 « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » qui, a permis de poursuivre un important travail de mise en réseau de chercheurs internationaux travaillant jusque-là de manière isolée, et notamment par la création du réseau AGAP (Alimentation et gastronomie : analyses et perspectives communicationnelles). En ce sens, il s’agit donc bien d’une poursuite de dynamique, à laquelle participent les organisateurs du présent colloque, et qui invite d’autres acteurs à pouvoir se manifester et rejoindre ce réseau.

 

Il s’agira de poursuivre, sur ces objets spécifiques, la collaboration naturelle, sur ces questions sensorielles, entre sciences du langage et sciences de l’information et de la communication, mais aussi, compte tenu du contexte de recherche, à créer des liens transdisciplinaires avec les sciences expérimentales, à commencer par les sciences du goût. Compte tenu de la dimension historique, l’apport des chercheurs en histoire du goût et de l’alimentation des aires culturelles concernées sera le bienvenu ; pour la partie marketing de ces produits et de leurs discours, les chercheurs en marketing, en particulier expérientiel, sont invités à participer.

 

Aux niveaux méthodologique et théorique, les six produits cités sont l’objet de travaux scientifiques relativement irréguliers : si le vin et le café sont relativement nourris en fonction des disciplines et des questions de recherche, il est clair que la bière et le thé, pour ne citer que ces produits, restent moins capés en termes de publication – bien que l’engouement pour la zythologie connaisse un essor certain. L’enjeu du colloque sera donc de croiser, d’interroger un éventuel rôle modélisateur pour certains discours existants, de documenter les transferts analogiques, etc., selon des objectifs de communication, de transmission, d’usage, de diffusion et d’acculturation très divers. Plus spécifiquement, l’objectif du colloque sera bel et bien de mettre l’accent sur les référentiels mobilisés autour des discours sensoriels des six produits cités (à la fois culturels, historiques, symboliques, socio-économiques, etc.), mais également les expériences vécues et l’appel aux différents sens mobilisés pour nourrir les discours sensoriels – y compris les expériences para-produits que constituent par exemple les expériences oenotouristiques ou zythotouristiques, pour ne citer que celles-ci. Il s’agira également, in fine, d’explorer de manière plus approfondie les imaginaires interdiscursifs tissés autour de ces six produits, à savoir leurs implications culturelles, sociales et économiques, mais également artistiques, touristiques et territoriales.

 

 

 

Propositions de communication – modalités

 

Sont attendues des propositions de communication sur ces thématiques indiquant explicitement : la question de recherche et son apport à la problématique générale esquissée ci-dessus, les données/corpus analysés, les cadres méthodologiques et théoriques sous-jacents. Si les études de cas ne sont pas a priori exclues, les auteurs devront clairement montrer leur portée théorique.

 

Elles comprendront : le titre de la communication, 5 mots-clefs, un argumentaire développé de 800 mots maximum et la liste des références citées. L’identité et l’affiliation du/des auteur(s) n’apparaîtront pas dans le résumé, mais dans le mail d’accompagnement.

 

Langues : anglais, français

 

Transmission des propositions : avant le 27 mars 2019 par mail à : albin.wagener@campustech.fr

 

Le colloque donnera lieu à une publication collective de type « ouvrage avec chapitres » répondant aux critères internationaux de publication.

 

Comité scientifique (en cours de constitution) :

 

Ieda Maria Alves, Universidade de São Paulo, Brésil

Jean-Jacques Boutaud, Université de Bourgogne, France

Léo Gabillard, VinoVillage / Campus Tech, France

Laurent Gautier, Université de Bourgogne, France

Weiwei Guo, Université Lumière-Lyon 2, France

Eva Lavric, Universität Innsbruck, Autriche

Patrick Leroyer, Université d’Aarhus, Danemark

Julien Longhi, Université de Cergy-Pontoise, France

Olivier Méric, Universadad Estatal Amazónica en Puyo, Ecuador & Université de Bourgogne, France

Anne Parizot, Université de Franche-Comté, France

François Perea, Université Paul-Valéry Montpellier III, France

Kilien Stengel, Université de Tours, France

Peter Stockinger, INALCO, France

Rita Temmerman, Vrije Universiteit Brussel, Belgique

Albin Wagener, Campus Tech / Université de Nantes, France

ppt online Initier à la dégustation ou…enseigner une terminologie de dégustation ? Les termes de la dégustation dans les glossaires en ligne et applications

La présentation ppt de ma communication au colloque #Terminologies de l’ #œnologie et de la #gastronomie III est en ligne ici sur le sujet :

Initier à la #dégustation ou enseigner une #terminologie de dégustation ? Les définitions de termes #œnologiques dans les #glossaires en ligne et #applications

Résumé :

L’essor du web 2.0 et des outils de type smartphone ou tablette a démultiplié l’offre existante de produits proposant d’initier les non-experts à la dégustation de vin, que ce soit sous forme de sites Internet ou d’applications. Par-delà diverses ressources, le plus souvent multimodales, dispensant des connaissances spécialisées plus ou moins vérifiées sur les cépages, les régions viticoles, les pratiques culturales, les itinéraires de vinification ou, encore, l’approche et le parcours même de la dégustation, tous ces outils ont en commun de proposer, sous une forme ou une autre, un glossaire de termes de dégustation regroupant de façon quasi uniforme des descripteurs/attributs relatifs à des caractéristiques sensorielles séquentielles. L’objectif de cette communication est ainsi de proposer une analyse croisée, sémantique et sensorielle, de ces outils en s’arrêtant en particulier sur une question rarement thématisée : la maîtrise de la dégustation conduit-elle à la maîtrise des termes de la dégustation – et inversement ?

A partir d’une extraction d’un choix de ressources francophones en la matière, l’analyse portera sur trois dimensions :

  • Les choix de macrostructures adoptés et ce qu’ils révèlent de la conception sous-jacente de ce type de terminologie : quel est le périmètre retenu ? les termes sont-ils regroupés et si oui comment ? sont-ils rapportés à des connaissances encyclopédiques spécialisées ?
  • Les microstructures des articles avec une attention particulière accordée aux définitions et aux exemples. Cette partie de l’étude permettra de s’interroger d’une part sur la façon dont sont saisies les dimensions sensorielles individuelles pour arriver à un degré d’abstraction suffisant justifiant le fonctionnement de l’adjectif ou du nom comme terme et d’autre part sur la part revenant aux prototypes dans la construction du sens de ces termes
  • Les parts revenant aux dimensions émotionnelles, évaluatives et culturelles qui font partie inhérente de ces termes et les distinguent des termes issus, pour ne citer qu’un exemple, des sciences de l’ingénieur et susceptibles d’une approche strictement objectiviste.

ppt online Modélisation des terminologies sensorielles du discours expert et non expert pour la plateforme de recommandation hybride SmartAd

#terminologie #sémantique #vin #sensorialité #recommandation #corpus #oenologie #gastronomie

Présentation accessible ici.

La lisibilité et la compréhension du discours expert par un consommateur non-expert sont sources de difficultés impactant l’acte d’achat [1]. Cette réalité est particulièrement vraie dans le domaine du vin où les propriétés organoleptiques et sensorielles des vins décrits par les institutions et experts portent une charge sémantique complexe difficilement appréhendable par les amateurs. D’après [2], au moins trois facteurs sont responsables de cette tension :

1) la densité terminologique du discours et l’importance de celle-ci pour son degré de cohérence ;

2) le potentiel sémantique du terme, tant du point de vue de sa mise en discours que de son interprétation lors de la lecture ;

3) et dans une moindre mesure, la morphologie du terme.

Ainsi, la communication proposée visera à présenter des travaux interdisciplinaires associant linguistique de corpus, sémantique formelle et informatique et ambitionnant le développement d’un système générique de recommandation hybride d’items [3, 4, 5] présentant une dimension sensorielle : des vins ou des mets (goût), des fragrances ou des parfums (odorat), de la musique (ouïe), des matières en aménagement intérieur (toucher) ou encore des perceptions multimodales complexes (ambiances urbaines, traces touristiques).

La plateforme SmartAd, et le projet sous-jacent AdWine spécifiquement centré sur le vin, s’inscrivent ainsi dans le contexte stratégique de la transition numérique de l’économie et sont orientés vers le conseil et l’aide aux consommateurs. Ils permettent le partage pédagogique et intuitif des expériences sensibles, à la croisée entre terminologies des experts et professionnels pour décrire les items et terminologies adoptées par les consommateurs incluant, par-delà la dénomination technique, des dimensions évaluative, expressive et émotionnelle [6, 7, 8, 9].

A partir de ces travaux en cours, la communication présente une solution méthodologique et technique pour combler le gap sémantique entre la connaissance descriptive du discours expert des œnologues/sommeliers/prescripteurs incarnés par les guides et revues de référence, celle du discours institutionnel des interprofessions, et celle du discours de l’amateur néophyte. En l’occurrence, soit le non-expert reprend les discours experts sans nécessairement en avoir la maîtrise, engendrant ainsi une confusion sémantique, soit il créée son propre discours incluant une terminologie propre construite à partir d’expériences passées mais débouchant sur une couverture sémantique réduite à dimension technique minimale (i.e. minéralité [10][11]), ou une spécialisation sémantique réduite à dimension évaluative maximale (i.e. buvable/buvabilité).

L’objectif de la solution discutée ici est donc de produire des services de recommandation d’items, et d’exploiter ces connaissances dynamiques dans un processus d’extraction d’information dans la mesure où des formes d’expression du web 2.0 (forums, blogs) déplacent l’étalon définitoire des discours prescriptifs.

Emotions, évaluation et expressivité : la triple face (cachée ?) des descripteurs sensoriels : l’exemple du discours de présentation / dégustation de vins

ppt disponible en ligne :

https://www.academia.edu/36066364/Emotions_expressivit%C3%A9_et_%C3%A9valuation._La_triple_face_cach%C3%A9e_des_descripteurs_sensoriels_lexemple_du_discours_de_pr%C3%A9sentation_d%C3%A9gustation_de_vins

Cette communication poursuit un triple objectif en visant à (i) interroger la place existant pour la prise en compte d’une dimension subjective en terminologie, (ii) analyser et tenter de modéliser cette dimension dans une terminologie liée au sensible (à partir du cas précis de la dégustation de vin), et (iii) interroger la possible existence d’une « terminologie » de consommation/dégustation, parallèle à la terminologie expert, reposant sur un autre mode de fonctionnement sémiotique. Elle se situe dans le cadre de l’affirmation, largement liée au web 2.0, de nouveaux discours œnologiques moins prescriptifs et plus descriptifs et évaluatifs.

Au niveau théorique, l’argumentation commence par revenir sur les conditions d’existence des termes dans le domaine du sensible au sens large, et du sensoriel en particulier, qui ne peuvent être saisis convenablement en termes de conditions nécessaires et suffisantes. La dimension par définition expérientielle de ces termes – qu’attestent les protocoles mis en en place par l’analyse sensorielle – plaide ainsi pour une saisie en termes de prototype laissant leur place aux dimensions subjectives.

La partie centrale est consacrée d’une part à une analyse de corpus et d’autre part à une proposition de modélisation de cette subjectivité intrinsèque. Les catégories « émotion » et « expressivité » sont considérées comme étant, à côté de la catégorie « technicité », comme étant au service de l’acte global d’évaluation qui est le moteur pragmatique des discours concernés. L’analyse de corpus instancie cette modélisation à partir de quatre types de marqueurs spécifiques : (i) le lexique émotionnel sui generis, (ii) la caractérisation émotionnelle de descripteurs, (iii) la quantification et (iv) la double néologie.

 

CfP – Dijon – Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – 9-10 juillet 2018

Appel à communications

Colloque International

Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin

 Entre langue(s) et culture(s)

 Nouvelle date limite de soumission : 20 mai 2018

MSH Dijon – 9-10 juillet 2018

Co-organisation : MSH Dijon (UMR CNRS-uB 3516), Centre Interlangues TIL (EA 4182) et Cimeos (EA 4177)

 Coordination scientifique : Jean-Jacques Boutaud & Laurent Gautier

Résumé

Le colloque international « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » constituera le premier événement scientifique de grande envergure consacré à une approche comparative des discours de dégustation professionnels portant sur ces quatre produits. Il se focalisera en particulier sur l’articulation entre langues et cultures des aires de production d’origine (France, Asie, Amérique Latine, Afrique …) dans l’émergence des discours professionnels et envisagera les problèmes posés, dans le cadre des échanges commerciaux et des transferts culturels, par la communication sur ces mêmes produits dans des contextes exogènes, incluant donc aussi la sphère des consommateurs. Il permettra également de mettre en réseau des chercheurs travaillant sur ces objets, indépendamment de leur ancrage disciplinaire et des langues-objets. 

Argumentaire

Ce colloque, qui vise explicitement les interactions entre chercheurs et professionnels, s’inscrit dans le contexte régional et national de l’affirmation de Dijon en tant que Cité de la Gastronomie et du Vin, en synergie avec deux secteurs scientifiques majeurs de l’université de Bourgogne « Aliment et environnement » et « Vigne et vin » et en lien avec l’écosystème local dédié. Il fait suite à l’organisation, à Dijon, du colloque de septembre 2016 « Terminologies professionnelles de l’œnologie et de la gastronomie » qui, avec deux ouvrages collectifs actuellement sous presse (L’Harmattan et Iste éditions), a été à l’origine d’une mise en réseau de chercheurs internationaux travaillant jusque-là de manière isolée, mise en réseau se traduisant en premier lieu par la pérennisation de la manifestation : la deuxième édition du colloque a eu lieu à Reims en septembre 2017 ; les deux prochaines éditions sont déjà planifiées à Tours en 2018 et Innsbruck en 2019.

Il s’agira de poursuivre, sur ces nouveaux objets, la collaboration naturelle, sur ces questions sensorielles, entre sciences du langage et sciences de l’information et de la communication, mais aussi, compte tenu du contexte de recherche local, à créer des liens transdisciplinaires avec les sciences expérimentales, à commencer par les sciences du goût. Compte tenu de la dimension historique clef dans le développement et la fossilisation des discours de dégustation, l’apport des chercheurs en histoire du goût et de l’alimentation des aires culturelles concernées sera le bienvenu.

Aux niveaux méthodologique et théorique, si des travaux existent sur les discours de dégustation de chacun des quatre produits-cibles (à des degrés quantitatifs divers : énormément de travaux sur la dégustation du vin tandis que celle du cacao est, discursivement, encore largement terra incognita), ils restent mono-produit. L’enjeu du colloque sera donc de les croiser, d’interroger un éventuel rôle de modèle de l’un d’entre eux, de documenter les transferts analogiques, etc., selon des objectifs de communication très divers. Une attention toute particulière sera par ailleurs accordée aux rapports entre langue « d’origine » et produit : ainsi, si le discours de dégustation du vin s’est largement construit en français, à partir de vins français, il s’agira d’approfondir le rôle des langues natives et des traditions discursives respectives pour l’approche des trois autres produits. Cet aspect nécessitera de prendre en compte les évolutions de ces discours sur une diachronie plus ou moins longue, rendant du même coup indispensable le travail sur des ressources historiques.

 


 

 

Propositions de communication – modalités

 

Sont attendues des propositions de communication sur ces thématiques indiquant explicitement : la question de recherche et son apport à la problématique générale esquissée ci-dessus, les données/corpus analysés, les cadres méthodologiques et théoriques sous-jacents. Si les études de cas ne sont pas a priori exclues, les auteurs devront clairement montrer leur portée théorique.

 

Elles comprendront : le titre de la communication, 5 mots-clefs, un argumentaire développé de 800 mots maximum et la liste des références citées. L’identité et l’affiliation du/des auteur(s) n’apparaîtront pas dans le résumé, mais dans le mail d’accompagnement.

 

Langues : anglais, français

 

Transmission des propositions : avant le 20 mai 2018 par mail simultanément à : jean-jacques.boutaud@u-bourgogne.fr et laurent.gautier@u-bourgogne.fr

 

Le colloque donnera lieu à une publication collective de type « ouvrage avec chapitres » répondant aux critères internationaux de publication. Il ne sera pas publié d’ « actes » en tant que tels.

 

 

Comité scientifique (en cours de constitution) :

 

Ieda Maria Alves, Universidade de São Paulo, Brésil

Jean-Jacques Boutaud, Université de Bourgogne, France

Laurent Gautier, Université de Bourgogne, France

Weiwei Guo, Université Lumière-Lyon 2, France

Patrick Leroyer, Unniversité d’Aahrus

Olivier Méric, Universadad Estatal Amazónica en Puyo, Ecuador & Université de Bourgogne, France

Anne Parizot, Université de Franche-Comté, France

Kilien Stengel, Université de Tours, France

Quelle sémantique pour la terminologie sensorielle ? Chisinau, Moldova, 4.10.2013

Quelle sémantique pour la terminologie sensorielle ?

S’inscrivant dans l’axe 1 de l’appel, la présente proposition de communication souhaite revenir sur les fondements théoriques et méthodologiques de la terminologie en examinant comment ceux-ci peuvent être mis en œuvre pour l’analyse particulière des descripteurs sensoriels considérés ici comme constituant le noyau dur des terminologies utilisées en sciences du goût.

À partir d’études de cas réalisées par ailleurs (cf. Cayot/Gautier/Soubrier 2009 autour du descripteur onctueux pour les produits laitiers ou Gautier/Le Fur/Robillard 2013 autour du descripteur minéral pour les vins [blancs]), la contribution se concentrera sur les aspects sémantiques, plutôt que contrastifs et/ou traductionnels, de la problématique en partant du fait, somme toute banal, que la plupart de ces termes peuvent être envisagés comme des néologismes de forme en ce que leurs signifiants existent le plus souvent sous une forme non terminologisée dans ce que d’aucuns nomment la « langue commune ». C’est dire le rôle fondamental revenant ici au processus de terminologisation – illustré de manière flagrante dans le travail définitoire – et ce d’autant plus que les concepts en question semblent quotidiens, pour ne pas dire évidents au locuteur non-expert qui aura tendance à penser que « sa » représentation du concept est forcément « la bonne ».

L’argumentation développée dans l’exposé tentera de répondre successivement aux quatre questions suivantes – traitées séparément pour les besoins de la démonstration, mais bien évidemment intimement liées :

  • Quel mode de description pour la sémantique sensorielle ? Si les terminologies sur lesquelles s’est constituée la discipline du même nom s’accommodaient fort bien d’une approche objectiviste – avec des définitions visant à saisir les propriétés intrinsèques des entités dénotées par les concepts –, les descripteurs sensoriels reposent bien davantage sur une appréhension constructiviste du sens dans la mesure où leur perception dépend directement du sujet humain faisant l’expérience de telle ou telle sensation et essayant de la dénommer (Lakoff 1987). La question qui se pose ainsi à la fois pour l’analyste sensoriel et pour le terminologue n’est pas tant celle de leur objectivité que celle de leur possible objectivisation.
  • Quels corpus ? Ce mode de construction du sens nécessite donc de disposer des corpus idoines qui, le plus souvent, ne correspondent que très partiellement aux corpus traditionnellement utilisés en terminologie. Compte tenu de la dimension constructiviste évoquée précédemment, il convient de recourir à des corpus permettant d’appréhender la construction du sens dans et par le discours, corpus qu’il convient d’examiner alors aussi sous l’angle interactionnel et discursif.
  • Quels informants ? Si les sciences du goût ont l’habitude de travailler à partir de la notion de panel (cf. Dacremont 2009 et les contributions réunies dans Dubois 2009), cette dernière n’est pas (encore) usuelle en terminologie. Il s’agit donc de se demander comment les données verbales produites par les différents types de panels sensoriels peuvent être investies au niveau terminologique en tenant bien compte des différences de statuts entre groupes.
  • Quelles définitions ? Les réponses aux trois questions précédentes doivent enfin permettre d’avancer sur celle de la forme des définitions : comment les extraire d’une zone de pure subjectivité pour leur donner, si tant que cela est un sens dans le domaine sensoriel, un tour normatif ?

 

Bibliographie (5 auteurs)

 

Cayot, Philippe/Gautier, Laurent/Soubrier, Jean (2009) : « Définition, dénomination et traduction du concept ‘onctueux’ en français, en anglais et en allemand ». In : Danièle Beltran-Vidal (Ed.). Les mots de la santé (2) : affaire(s) de goût(s). Lyon : Université Lumière-Lyon II, 189-222.

Dacremont, Catherine (2009) : « Analyse descriptive : comment le praticien de l’évaluation sensorielle construit-il une terminologie sensorielle ? » In : Danièle Beltran-Vidal (Ed.). Les mots de la santé (2) : affaire(s) de goût(s). Lyon : Université Lumière-Lyon II, 163-174.

Dubois, Danièle, Ed. (2009) : Le sentir et le dire. Concepts et méthodes en psychologie et linguistique cognitives. Paris : L’Harmattan.

Gautier / Le Fur / Robillard (2013) : « La ‘minéralité’ du vin : mots d’experts et de consommateurs » In : Laurent Gautier/Eva Lavric (Eds). Les descripteurs du vin en Europe : approches contrastives. Frankfurt/Main : Peter Lang, pagination en cours.

Lakoff, George (1987) : Women, Fire, and Dangerous Things: What Categories Reveal About the Mind. Chicago : University of Chicago Press.

Les « mots du vin » : du lexique a la représentation via la sensation

Table ronde vendredi 27 septembre 15 h 30 MSH Dijon avec :

Laurent GAUTIER, Centre Interlangues « Texte Image Langage »

Cécile MATHIAUD, Attachée de presse Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB)

Bertrand ROBILLARD, Directeur R&D, Institut Œnologique de Champagne (IOC) – Filiale du groupe Lallemand

Si les travaux sur le vin ont longtemps été l’apanage de disciplines comme la chimie, l’œnologie ou encore la géologie, la prise de conscience des enjeux de communication autour de ce produit phare de l’économie bourguignonne a permis aux SHS de se faire une place de choix dans la recherche appliquée à la filière vitivinicole. L’entrée par la linguistique est ainsi riche d’enseignements. Comment parle-t-on du vin selon son profil ? Quels mots emploie-t-on ? Comment naissent-ils ? Les représentations mentales liées aux usages linguistiques sont-elles toujours les mêmes, d’une langue à l’autre, mais aussi à l’intérieur d’une même langue ? Autant de questions auxquelles répondent les chercheurs en sciences du langage impliqués dans des contrats de recherche avec les acteurs de la filière en Bourgogne et au-delà. Définition et constitution de corpus adéquats, exploitation statistique de masse de données et description lexicale permettent d’aboutir à divers produits finis : lexiques, définitions, cartographie de représentations, etc.

Dans le cadre de :

Les Sciences Humaines et Sociales répondent aux enjeux d’innovation sociétale et économique

 

Animée par Patrice Bouillot, journaliste.

Conférence : La minéralité du vin – dires d’experts et de consommateurs

En passant

 

Yves Le Fur (AgroSup Dijon) / Laurent Gautier (uB)

Mercredi 6 février 2013, 20 heures, Maison des Sciences de l’Homme de Dijon

Cette conférence vise à présenter les résultats du premier volet d’un projet de recherche réalisé, sous l’égide de l’Institut Œnologique de Champagne, par une équipe pluridisciplinaire réunissant linguistes, oenologues et spécialistes des sciences du goût. Si le projet global vise à analyser les modes de construction cognitive du concept de minéralité du vin chez les consommateurs et les professionnels en l’articulant sur les réalités sensorielles observables, la première partie présentée et discutée ici se focalisera sur le discours des consommateurs approché au travers d’un questionnaire en ligne.

Nous reviendrons brièvement sur les hypothèses de travail du projet ainsi que sur la méthodologie mise en œuvre pour s’arrêter sur les résultats de l’analyse sémantique du corpus de parole ainsi récolté. On discutera ainsi des fréquences les plus saillantes et des combinatoires préférentielles pour tenter de cerner la façon dont le public cible se représente la notion de minéralité. Ces tendances seront examinées et problématisées à la fois à la lumière du discours ambiant dégagé dans l’étude précédemment citée et par rapport aux groupes focus que l’analyse statistique des données sociologiques et de comportement d’achat a permis de dégager comme pertinents.