aap Les corpus écrits et oraux pour approcher les domaines spécialisés (droit, santé, etc.) : vers une linguistique d’intervention ?

Les corpus écrits et oraux pour approcher les domaines spécialisés (droit, santé, etc.) : vers une linguistique d’intervention ?

24 et 25 octobre 2019 MSH de Clermont-Ferrand, 4 rue Ledru

(Université Clermont Auvergne)

Le Laboratoire de Recherche sur le Langage (LRL – EA 999) de l’Université Clermont Auvergne, le Centre d’Études Linguistiques (CEL – EA 1663) de l’Université de Lyon (UJML3) et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’Université de Bourgogne organisent conjointement deux journées d’étude « Corpus sur objectifs spécifiques ».

 Les deuxièmes journées d’étude du réseau « Corpus sur objectifs spécifiques » seront consacrées à la forme, au rôle et à la portée des corpus – oraux et écrits – pour décrire et caractériser la langue des domaines spécialisés (santé, droit, etc.).

L’objectif est de mettre en relation les travaux conduits sur la langue dans toutes ses variétés (Biber et al.1998) et les modalités de mise en discours dans le cadre professionnel (Lerat 1997, Cabré 1998, Gunnarsson 2009). Depuis plusieurs années, la communauté linguistique reconnaît la nécessité de nouveaux corpus de langue pour identifier des genres de discours et caractériser certaines situations de paroles spécialisées (Biber 1998, Bilger 2000, Cori & David 2008, Bilger & Cappeau 2010, Longhi éd. 2017). Dans ces usages spécifiques, professionnels, les formes linguistiques utilisées répondraient à des besoins sociaux d’ordre communicationnel (Lauffler-Laurian 1983, Kocourek 1991).

Cette journée vise à poursuivre la réflexion sur la spécificité des corpus portant sur les langues spécialisées. Cette spécificité peut concerner des aspects tout à fait divers comme les questions épistémologiques – représentativité, définitions de périmètres (Cappeau & Gadet 2017) -, méthodologiques – étiquetage, paramétrage, etc. (Valli & Véronis 1999) ou encore des questions didactiques – corpus d’apprenants, conceptualisation en vue de développer des formations en LSP (Maniez 2011, Boulton 2016). Les finalités seront autant d’identifier une variété spécialisée, un genre de discours, une communauté discursive professionnelle que de faire émerger des problématiques pour répondre à des besoins pratiques de formation.

Les questions abordées pourront concerner (sans se limiter forcément à cette liste qui demeure non exhaustive) :
1)       En quoi les corpus de langue spécialisée diffèrent-ils de leurs homologues à visée plus générale ?
2)      Quelles articulations entre métadonnées et description du matériau linguistique ?
3)      Selon quels items caractériser une langue de spécialité ?
4)      Quels outils pour l’exploration de corpus spécialisés ?
5)      Quels objectifs linguistiques assigner aux corpus de spécialité ?
6)      Quels objectifs professionnels assigner aux corpus de spécialité ?
7)      Quelle place donner à la saisie « ethnographique » des communautés professionnelles étudiées ?

Dans la lignée des premières journées d’étude (Lyon3 15-16/11/2018), cette rencontre propose des présentations scientifiques qui permettraient à partir de résultats concrets de confronter les outils et les expériences dans des cadres méthodologiques clairement identifiés.

 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Biber, D., Conrad, S. & Reppen, R. (1998). Corpus Linguistics- Investigating Language Structure and Use, Cambridge: Cambridge University Press.
Biber, D. (1988). Variations across Speech and Writing. Cambridge: Cambridge University Press.
Bilger, M. (éd.) (2000). « Corpus. Méthodologie et applications linguistiques ». Paris, Champion.
Boulton, A. & Landure, C. (2016).« Using Corpora in Language Teaching, Learning and Use », Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité [En ligne], Vol. 35 N° 2 | 2016, mis en ligne le 30 juin 2016, consulté le 01 avril 2019. URL : http://journals.openedition.org/apliut/5433 ; DOI : 10.4000/apliut.5433
Cabré, M.T. (1998). «VariacIó pel tema. El discurs especialitzat o la variació funcional determinada per la temática: noves perspectives». En : Caplletra, Revista Internacional de Filología, Tardor, 1998, pp. 137-194.
Cappeau, P. & Gadet, F. (2007). « L’exploitation sociolinguistique des grands corpus ». Revue française de linguistique appliquée, 12 (1), 99–110.
Cori, M. & David, S. (2008). « Construction des faits en linguistique : la place des corpus, ».  Langages 3 (n° 171).
Fries, Ch. Carpenter. (1940). American English Grammar: The Grammatical Structure of Present-Day American English with Especial Reference to Social Differences or Class Dialects. Londres et New York: D. Appleton-Century Company Incorporated.
Gunnarsson, B.-L. (2009). Professional Discourse.(Continuum Discourse Series). London and New York: Continuum.
Kocourek, R. (1991). La langue française de la technique et de la science. Vers une linguistique de la langue savante. Wiesbaden, Oscar Branstetter.
Kübler, N. (2011). Corpora, Language, Teaching, and Resources: From Theory to Practice. Berne : Peter Lang.
Lerat, P. (1997). « Approches linguistiques des langues spécialisées », ASP, 15-18 | 1997, 1-10.
L’Homme, M.C. (1993). Contribution à l’analyse grammaticale de la langue de spécialité : le mode, le temps et la personne du verbe dans quelques textes, scientifiques écrits à vocation pédagogique. Québec, Université Laval.
Lauffler-Laurian, A.M. (1983). « Typologie des discours scientifiques : deux approches »,Études de Linguistique Appliquée, 51.
Longhi, J. (2017). « Linguistique de corpus appliquée : innovations méthodologiques, théoriques et pratiques ». Ela. Études de linguistique appliquée, 188(4), 397-401. https://www.cairn.info/revue-ela-2017-4-page-397.htm.
Maniez,F. (2011). « L’apport des corpus spécialisés en terminographie multilingue : le cas des syntagmes adjectivaux dans la langue médicale ». Les corpus et la recherche en terminologie et en traductologie, Meta, 56(2), 391-406. En ligne http://www.erudit.org/revue/meta/2011/v56/n2/1006183ar.html
O’Keeffe, A. & Mc Carthy, M. (2010). « What are corpora and how have they evolved? » in The Routledge Handbook of Corpus Linguistics. Londres et New York : Routledge.
Valli, A. & Véronis, J. (1999). « Étiquetage grammatical des corpus de parole : problèmes et perspectives ». Revue française de linguistique appliquée, Vol. 4, No. 2. : 113-133

FORMAT DES PROPOSITIONS:

– Auteur et affiliation
– Adresse électronique de contact
– Titre de la proposition
– 5 Mots clés
– Résumé de la proposition en 600 mots (bibliographie comprise)

Date limite pour soumettre les propositions : lundi 27 mai 2019

Envoyez vos propositions à:

– Mylene.Blasco-Dulbecco@uca.fr

– cel@univ-lyon3.fr
– laurent.gautier@univ-bourgogne.fr
Une publication sous forme d’ouvrage collectif avec chapitres chez un éditeur international sera proposée aux intervenants selon les conditions usuelles (expertise en double-aveugle).

COMITÉ D’ORGANISATION

 

– Lucie Bernard (Université de Bourgogne – TIL)

Mylène Blasco (Université Clermont Auvergne – LRL)

Christine Blanchard (Université Clermont Auvergne – LRL)

Marion Del Bove (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)

Didier Carnet (Université de Bourgogne – TIL)
– Laurent Gautier (Université de Bourgogne– TIL)
– Denis Jamet (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Philippe Millot (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)

COMITÉ SCIENTIFIQUE

 

– Mylène Blasco(Université Clermont Auvergne – LRL)

– Marion Bendinelli (Université Bourgogne Franche-Comté – ELLIADD)

Christine Blanchard(Université Clermont Auvergne – LRL)

Mireille Bilger(Université de Perpignan – Via Diomici – CRESEM)
– Alex Boulton (Université de Lorraine – ATILF UMR 7118)

Paul Cappeau(Université de Poitiers)
– Marion Del Bove (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Pascaline Faure (Université Pierre et Marie Curie – CeLiSo)

– Laurent Gautier (Université Bourgogne Franche-Comté – TIL)
– Thierry Grass (Université de Strasbourg – LiLPa)
– Denis Jamet (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Nathalie Kübler (Université Paris-Diderot – CLILAC-ARP)
– François Maniez (Université Lumière Lyon 2 – CRTT)
– Philippe Millot (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)
– Thierry Nalet (Université Grenoble-Alpes – ILCEA)
– Stéphane Patin (Université Paris-Diderot – CLILAC-ARP)
– Aurélie Picton (Université de Genève)

– Catherine Resche (Université Sorbonne Paris 2)
– Günter Schmale (Université Jean Moulin Lyon 3 – CEL)

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aap Terminologies et discours gastronomiques et œnologiques – Le vin et les autres produits – Innsbruck sept. 2019

Terminologies et discours gastronomiques et œnologiques – Le vin et les autres produits

Colloque interdisciplinaire – Université d’Innsbruck

19-20 septembre 2019 – Appel à communications

En continuation des colloques de Dijon (2016), de Reims (2017) et de Tours (2018), nous préparons une nouvelle édition du de la série des journées d’études sur les terminologies gastronomiques et œnologiques, cette-fois-ci dans la cité alpine – trois fois olympique – d’Innsbruck, au Tyrol.

La faculté de philologie de l’Université d’Innsbruck doit son affinité avec le sujet gastro-œnologique au groupe de recherche « Kulturen und Kulinaria » et au projet européen « VinoLingua » (2010-2014).

Nous voulons conserver le caractère interdisciplinaire et francophone du colloque, tout en élargissant les sujets proposés à des perspectives qui étaient déjà apparues largement dans les éditions antérieures, sans pourtant se refléter dans le titre :

  • Nous nous intéressons, comme dans les colloques antérieurs, aux terminologies œnologiques et gastronomiques, avec toutes les perspectives d’interculturalité, de discours experts/profanes, de contextualisation et de numérisation que cela comporte – et avec, en particulier, le problème de la description et/versus dénomination des sensations organoleptiques ;
  • A ceci doivent s’ajouter, cependant, les discours (plus ou moins) spécialisés qui entourent ces terminologies et les produits et pratiques correspondants : genres textuels et médiatiques, reflets littéraires, aspects socio-économiques, etc. – ce qui permettra d’inclure tant l’aspect vente, l’imaginaire, la figuration, le storytelling que les situations interactives et didactiques les plus diverses ;
  • Pour donner un accent spécial à ce colloque, nous attirons l’attention sur les produits au­tres que le vin : le fromage, le pain, le chocolat, l’huile d’olive, etc., et les boissons comme le café, le thé, le cognac, la bière, l’eau minérale, le cidre et bien d’autres encore, qui font l’objet de pra­tiques de dégustation et de commercialisation comparables à celles qui entourent le vin, et dont l’étude linguistique et sémiotique ne fait que commencer.

Notre appel à communications s’adresse aux spécialistes des disciplines les plus diverses : linguistique, traductologie, littérature, sémiotique, études culturelles et médiatiques, didactique des langues de spécialité, mais aussi aux professionnels des filières vitivinicole, gastronomique et agro-alimentaire, afin de permettre des échanges fructueux entre praticiens et chercheurs.

Nous voudrions insister également sur la dimension européenne voire internationale de ces thématiques et invitons les chercheurs et praticiens francophones d’Allemagne, d’Italie et d’autres pays européens à partager leurs expériences et leurs recherches avec les collègues français et autrichiens.

La langue du colloque est le français. Les résumés de communications (300 mots, 5 mots-clés, adresse professionnelle) sont à adresser, d’ici le 11 mars 2019, à eva.lavric@uibk.ac.at.

Site web : https://www.uibk.ac.at/congress/gastro2019/

Droits d’inscription :

Tarif plein : 120 euros (virement bancaire avant le 31 juillet 2019)

Tarif réduit : 60 euros (doctorant(e)s, étudiant(e)s)

Virement bancaire au compte suivant:

Titulaire du compte: Universität Innsbruck
Banque: HYPO Tirol Bank
IBAN: AT47 5700 0210 1113 0470
BIC: HYPTAT22
Référence: S.v.p. indiquer « DB-Nr. 297.372 » et le NOM et PRÉNOM du participant

 

Comité d’organisation :

Univ.-Prof. Mag. Dr. Eva Lavric, eva.lavric@uibk.ac.at

Ao. Univ.-Prof. MMag. Dr. Cornelia Feyrer, cornelia.feyrer@uibk.ac.at

Ass.-Prof. Mag. Dr. Carmen Konzett-Firth, carmen.konzett@uibk.ac.at

 

Conseil scientifique :

Univ.-Prof. DDr. h.c.mult. Maria Iliescu, maria.iliescu@uibk.ac.at

 

Calendrier :

Lancement de l’appel : fin janvier 2019

Date limite de retour des propositions : le 11 mars 2019

Notification aux auteurs : le 31 mars 2019

Inscription : 1er avril 2019 – 30 avril 2019

Le discours du guide-conférencier comme marqueur d’identité d’une institution touristique : l’apport d’un corpus oral authentique

Nouvel article sur les #discours #touristiques en analyse #outillée, avec Olivier Méric dans Etudes de linguistique appliquée (2017/4, numéro 188, Paris, Klinksieck, coordonné par Julien Longhi)

Le #discours du #guide-conférencier comme marqueur d’identité d’une #institution #touristique : l’apport d’un #corpus #oral authentique

Version pré-print intégrale ici.

Cet article propose une analyse outillée d’un type de discours rarement étudié dans les travaux sur la communication touristique : les visites-conférences. Il s’inscrit dans une linguistique située des discours spécialisés et vise à modéliser, à partir de données authentiques, le protocole discursif sous-jacent à ces interactions, avec pour objectif de mettre au jour les récurrences pouvant être interprétées comme marqueurs de l’identité institutionnelle du guide. Après avoir circonscrit le cadre méthodologique retenu et présenté le corpus inédit compilé, la section principale propose des études de cas illustrant comment une analyse à la fois qualitative et quantitative des niveaux macro-, méso- et micro-, permet de représenter tant le contenu que la forme prototypique de la visite-conférence.

ppt Quelle(s) recherche(s) sur les discours et cultures de spécialité pour articuler enseignement et recherche en LEA ?

Contribution à la table ronde « recherche » de la journée d’études « Enseigner les langues en ELA » organisée par le CEL de l’Univ. Jean Moulin – Lyon 3.

La présente contribution à la table ronde 4 est consacrée aux langues et cultures de spécialité, saisies non seulement comme objet d’enseignement, mais aussi de recherche sui generis dans le supérieur français qui, pour garder une crédibilité à la filière, ne peuvent être dissociées – comme c’est toutefois encore souvent le cas.

Il part du constat que cet objet ne bénéficie pas encore, dans la double dimension indiquée, d’une prise en compte institutionnelle suffisante – malgré l’appel de Gréciano (1998) – et ce alors même que les besoins sont patents, en particulier à l’Université en filière LEA, en LANSAD ou dans les bi-filières (de type allemand-économie).

Il s’agira de montrer que, pourtant, nombre de paradigmes de recherche sont aujourd’hui disponibles pour aborder cet objet en tant que langue-culture de spécialité, comme cela est depuis longtemps le cas dans l’anglistique française (http://www.geras.fr/dossiers/dossiers.php?val=79_statuts), et permettre à la recherche française sur ces questions de s’ancrer dans un paysage international en constante et rapide évolution.

Les quatre thèses soumises à débat seront :

  1. L’objet « langues et cultures de spécialité » ne peut être saisi sur un plan exclusivement micro-linguistique.
  2. Il n’existe que si il est articulé sur les cultures de spécialité qui le sous-tendent, elles-mêmes résultat d’un processus d’évolution qui ne peut être saisi qu’en incluant la dimension diachronique.
  3. Les langues-cultures spécialisées ne peuvent ainsi être saisies qu’au travers de larges corpus répondant aux standards internationaux.
  4. Décrire les langues-cultures spécialisées inclut donc de facto une dimension cognitive, celle de la structure conceptuelle du champ visé.

La présentation ppt est disponible ici.

Appel à chapitres, Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à contributions pour un « ouvrage collectif avec chapitres »

Date limite d’envoi des articles : 15 juillet 2018

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

Suite à la journée d’études, co-organisée le 2 mars dernier par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), cet appel vise à rassembler des contributions venant compléter celles présentées en vue de la publication d’un ouvrage collectif avec chapitres. Les articles soumis s’intéresseront entre autres :

  • A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
  • Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
  • Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
  • Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
  • Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.

Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les articles de 40.000 signes maximum (espaces, notes, bibliographie comprises) sont à adresser avant le 15 juillet 2018 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr

Weiwei Guo, weiwei.guo-gripay@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

 

Calendrier prévisionnel =

15 juillet 2018                   envoi des articles

1er septembre 2018         retour de expertises

1er octobre 2018               remise des textes revus

janvier 2019                                          publication du volume, chez un éditeur international, dans une collection consacrée aux discours spécialisés

Approcher les discours spécialisés par la méta-catégorie du figement

Nouvelle présentation en ligne :

https://www.academia.edu/36238956/Approcher_les_discours_sp%C3%A9cialis%C3%A9s_par_la_m%C3%A9ta-cat%C3%A9gorie_du_figement

Cet atelier doctoral, qui capitalise sur la présentation « Quelles approches cognitives pour les discours spécialisés ? » vise à discuter la pertinence pour l’approche des discours spécialisés de la notion de « figement », dans une acception cognitive large, détachée des conceptions traditionnelles de « figement morpho-syntaxique ». En faisant un détour par le cas très particulier de gestion du figement dans les langues contrôlées, on pose comme hypothèse l’existence d’un continuum à rebours invitant à partir précisément du figement – envisagé comme stabilité quantitative et reproductible – pour analyser ces discours. La deuxième partie discute les apports respectifs des traditions francophones, anglo-saxonnes et germano-slave dans le traitement du figement et insiste sur les deux bouleversements qu’ont induits d’une part les corpus et d’autre les grammaires de construction dans le traitement de cette catégorie. Le figement est ensuite replacé dans le paradigme du « moule discursif spécialisé » que nous considérons, avec ses 4 niveaux constitutifs, comme l’étalon de saisie du discours spécialisé. Dans ce cadre, la dernière partie propose, à partir d’études de cas extraites d’un corpus financier (rapports de conjoncture de banques centrales), trois niveaux de figement subsumés sous l’étiquette de « non-conventionnels » pour marquer qu’ils concernent des segments de langue habituellement peu traités en ces termes.

Ateliers doctoraux sur les discours spécialisés, MSH Dijon, 22-23 mars

Jeudi 22 et vendredi 23 mars, je proposerai deux séminaires pour mesdoctorants et ceux de l’école doctorale ALEXANDRU PIRU de l’Université de Craiova sur les discours spécialisés :

– jeudi 22 : Quelles approches cognitives pour les discours spécialisés ?

– vendredi 23 : Approcher les discours spécialisés par la méta-catégorie du figement

Lieu : MSH Dijon, salle des thèses (visio avec Craiova)
Horaire : 9-12, 13-16

Séances ouvertes à tout doctorant de Lecla en sciences du langage intéressé par ces questions ainsi qu’aux étudiants du master REVI désireux de découvrir des perspectives de recherche en sciences du langage, indépendamment des langues-objets. Merci de s’inscrire par mai à laurent.gautier@ubfc.fr.

CfP « Corpus sur objectifs spécifiques », 15-16 novembre, Lyon 3

Journée d’étude « Corpus sur objectifs spécifiques »

Jeudi 15 et vendredi 16 novembre 2018 (Lyon)

Centre d’Études Linguistiques (EA 1663, Université de Lyon, Jean Moulin Lyon 3)

Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182, Université Bourgogne Franche-Comté)

Depuis le milieu du XXe siècle et la parution des premières grammaires de l’anglais fondées sur les usages telles que l’American English Grammar de Fries (1940), les corpus sont devenus des objets fondamentaux pour la connaissance des langues et de leurs variétés (Biber 1988, Sinclair 2004) ainsi que pour leur enseignement (Kübler 2011, Boulton 2016). Même si pour certains, les corpus « ne changent pas fondamentalement la position du chercheur en linguistique » (Cori & David 2008), il n’en demeure pas moins que les corpus sont aujourd’hui considérés comme une branche légitime de la linguistique au point que la linguistique de corpus fait pleinement partie du paysage scientifique français et international. Cette linguistique possède en effet ses propres méthodologies (approches déductive, approche inductive, lexicométrie, statistique textuelle, etc.), ses propres outils d’analyse (étiqueteurs, concordanciers, outils pour la fouille de textes, etc.) et ses propres finalités, qu’il s’agisse d’objectifs larges (représenter une langue dans son ensemble) ou plus précis (représenter une variété spécialisée, un genre ou un registre). Comme McCarthy et O’Keeffe (2010) le rappellent, les applications de la linguistique de corpus sont très nombreuses en ce qu’elles couvrent des champs aussi divers que la didactique des langues, les langues de spécialités, l’analyse du discours, la pragmatique, la traduction, la lexicologie, la lexicographie ou encore la stylistique littéraire.

Placés dans le contexte des formations en langues sur objectifs spécifiques à l’université telles les Langues Étrangères Appliquées (LEA) ou les Langues pour Spécialistes d’Autres Disciplines (LANSAD), les corpus semblent remplir des fonctions particulières dont la plupart sont liées aux enjeux d’insertion professionnelle et académique des publics concernés. Les corpus sur objectifs spécifiques visent en effet la représentation des usages issus de situations de communication spécialisée, tant écrites qu’orales, en même temps qu’ils reflètent des problématiques d’ordre didactique tels que l’enseignement-apprentissage de la traduction, de la compréhension écrite ou orale, ou encore des normes d’usage dans une ou plusieurs langues.

Dans cette journée d’étude intitulée « Corpus sur objectifs spécifiques », nous envisageons le corpus et sa linguistique comme un domaine de la connaissance à la croisée des langues de spécialité et de la didactique des langues. Concernant la première voie d’accès, les corpus permettent la représentation et l’exploration des variétés spécialisées (allemand des affaires, anglais des spécialités médicales, espagnol juridique, etc.) et de leurs mises en discours ; ils constituent aussi, pour le linguiste non spécialiste du champ concerné, une base d’observation importante pour « approcher » le champ. Concernant la seconde, les corpus apportent des réponses aux questions liées à l’enseignement-apprentissage des langues sur objectifs spécifiques tant du point de leur structure (phonologie, lexico-morpho-syntaxe, sémantique) que de leurs usages (normes, erreurs et néologie).

Les questions abordées pourront concerner (sans se limiter forcément à cette liste qui demeure non exhaustive) :

  • Comment représenter une variété spécialisée ?
  • La méthodologie des corpus de langues de spécialité est-elle particulière ?
  • Comment constituer un corpus de langue orale ?
  • Quelles tailles de corpus envisager pour quelles représentations ?
  • Comment recueillir des données pour le spécialisé professionnel ?
  • Quels outils sont utiles ou nécessaires pour l’exploration de corpus spécialisés ?
  • Quelle place pour l’analyse manuelle face à l’analyse outillée ?
  • Quels objectifs linguistiques assigner aux corpus de spécialité?
  • Quels cadres théoriques pour exploiter ces corpus de spécialité?
  • Comment représenter les résultats obtenus par l’analyse de ces corpus ?

Format des propositions

  • Auteur et affiliation
  • Adresse électronique de contact
  • Titre de la proposition
  • Mots clés
  • Résumé de la proposition en 300 mots
  • Références bibliographiques

Date limite pour soumettre les propositions : vendredi 15 juin 2018

Envoyez vos propositions à

Une publication sous forme d’ouvrage collectif avec chapitres chez un éditeur international sera proposée aux intervenants selon les conditions usuelles (expertise en double-aveugle).

 

Références bibliographiques

Biber, Douglas. 1988. Variations across Speech and Writing. Cambridge : Cambridge University Press

Boulton, Alex. 2016. « Integrating corpus tools & techniques in ESP courses ». ASp 69, 111-135.

Fries, Charles Carpenter. 1940. American English Grammar: The Grammatical Structure of Present-Day American English with Especial Reference to Social Differences or Class Dialects. Londres et New York : D. Appleton-Century Company Incorporated.

Kübler, Natalie. 2011. Corpora, Language, Teaching, and Resources: From Theory to Practice. Berne : Peter Lang.

O’Keeffe, Anne & Michael McCarthy. 2010. « What are corpora and how have they evolved? » in The Routledge Handbook of Corpus Linguistics. Londres et New York : Routledge.

CfP – Terminologies gastronomiques et oenologiques 3 (Tours 2018)

Après Dijon (2016) et Reims (2017), la 3ème édition du colloque #terminologies #gastronomiques et #oenologiques aura lieu Université de Tours le 14.09.2018, organisé par Kilien Stengel
 
Propositions à soumettre jusqu’au 1er mai.
 
#vin #oenologie #gastronomie #alimentation #restauration #culture
 

CfP, Lyon, 2.3.2018 Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à communications

Nouvelle date limite de soumission : 12 janvier 2018

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Journée d’études, vendredi 2 mars 2018

Université Lyon 2 Lumière, Maison Internationale des Langues et des Cultures

 

« L’émotion, dans ses variétés historiques, ses nuances, ses déclinaisons, reflète d’abord une culture et un temps. Elle répond à un contexte, épouse un profil de sensibilité, traduit une manière de vivre et d’exister, elle-même dépendante d’un milieu précis, singulier, orientant l’affect et ses intensités. » (G. Vigarello, Histoire des émotions, Paris, Seuil, 2016)

 

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

La journée d’études, co-organisée par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), vise ainsi à rassembler des chercheurs en langues et cultures de spécialité pour tout à la fois dresser un état des lieux des travaux sur ces questions et d’autre part tracer des perspectives de recherche alimentant aussi les enseignements supérieurs en LEA et dans le secteur LANSAD, en capitalisant sur les spécificités ainsi mises au jour des langues-cultures sous-jacentes. Cette réflexion est ouverte et bénéficiera grandement des apports qui pourront être partagés par des chercheurs appartenant à d’autres disciplines et qui s’intéressent aux discours et terminologies de spécialité : psychologues, juristes, économistes, neuroscientifiques, anthropologues, politistes, chercheurs en sciences dures, etc.

Les communications s’intéresseront entre autres:

  • A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
  • Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
  • Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
  • Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
  • Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.

Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les propositions de communication (résumé de 500 mots présentant explicitement la problématique, le corpus, la méthodologie et les résultats [escomptés]) accompagnés de cinq références bibliographiques sont à adresser avant le 22 décembre 2017 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

Le pré-programme sera diffusé en janvier 2018. Une sélection de communications sera publiée, sous la forme d’un volume collectif structuré, chez un éditeur international dans une collection dédiée après expertise en double-aveugle. Des interactions entre les auteurs des articles seront donc à prévoir pour faire apparaître la cohérence du volume.

 

 

Bibliographie sélective

Braud, P., L’émotion en politique : problèmes d’analyse, Paris, Presses de Sciences Po, 1996.

Cyrulnik, B., « L’affectivité nous façonne », http://www.lexpress.fr/informations/boris-cyrulnik-l-affectivite-nous-faconne_595890.html, 23/09/1993.

Ekman, P., « An Argument for Basic Emotions », Cognition and Emotion, 6/3-4, 1992, 169-200.

Flückiger, A. « Pourquoi respectons-nous la soft law ? », Revue européenne des sciences sociales [En ligne], XLVII-144 | 2009, mis en ligne le 01 mai 2012. URL : http://ress.revues.org/ .

Frank, R.« Émotions mondiales, internationales et transnationales, 1822-1932 », Monde(s), 2012/1, 47-70.

Immordino-Yang, M.-H., “Studying the Effects of Culture by Integrating Neuroscientific With Ethnographic Approaches”, Psychological Inquiry: An International Journal for the Advancement of Psychological Theory, 24/1, 2013, 42-46.

Lordon, F., La société des affects, Paris, Seuil, 2014.

Moïsi, D., La géopolitique de l’émotion : comment les cultures de peur, d’humiliation et d’espoir façonnent le monde, Paris, Flammarion, 2008.

Panksepp, J., Asma, S., Curran, G., Gabriel, G., Greif, T., “The Philosophical Implications of Affective Neuroscience”, Journal of Consciousness Studies, 19/3-4, 2012, 6-48.

Pavlenko, A., The bilingual mind: And what it tells us about language and thought, Cambridge, Cambridge University Press, 2014.

Reboul, O., Langage et idéologie, Paris, Puf, 1981.

Revault d’Allonnes, M., Le dépérissement de la politique, Paris, Flammarion-Aubier, 1999.

Thompson, S., Hoggett, P., Politics and the Emotions, London, Continuum, 2012.

Tournier, M., Des mots en politique, Paris, Klincksieck, 1997.