Le discours du guide-conférencier comme marqueur d’identité d’une institution touristique : l’apport d’un corpus oral authentique

Nouvel article sur les #discours #touristiques en analyse #outillée, avec Olivier Méric dans Etudes de linguistique appliquée (2017/4, numéro 188, Paris, Klinksieck, coordonné par Julien Longhi)

Le #discours du #guide-conférencier comme marqueur d’identité d’une #institution #touristique : l’apport d’un #corpus #oral authentique

Version pré-print intégrale ici.

Cet article propose une analyse outillée d’un type de discours rarement étudié dans les travaux sur la communication touristique : les visites-conférences. Il s’inscrit dans une linguistique située des discours spécialisés et vise à modéliser, à partir de données authentiques, le protocole discursif sous-jacent à ces interactions, avec pour objectif de mettre au jour les récurrences pouvant être interprétées comme marqueurs de l’identité institutionnelle du guide. Après avoir circonscrit le cadre méthodologique retenu et présenté le corpus inédit compilé, la section principale propose des études de cas illustrant comment une analyse à la fois qualitative et quantitative des niveaux macro-, méso- et micro-, permet de représenter tant le contenu que la forme prototypique de la visite-conférence.

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ppt Quelle(s) recherche(s) sur les discours et cultures de spécialité pour articuler enseignement et recherche en LEA ?

Contribution à la table ronde « recherche » de la journée d’études « Enseigner les langues en ELA » organisée par le CEL de l’Univ. Jean Moulin – Lyon 3.

La présente contribution à la table ronde 4 est consacrée aux langues et cultures de spécialité, saisies non seulement comme objet d’enseignement, mais aussi de recherche sui generis dans le supérieur français qui, pour garder une crédibilité à la filière, ne peuvent être dissociées – comme c’est toutefois encore souvent le cas.

Il part du constat que cet objet ne bénéficie pas encore, dans la double dimension indiquée, d’une prise en compte institutionnelle suffisante – malgré l’appel de Gréciano (1998) – et ce alors même que les besoins sont patents, en particulier à l’Université en filière LEA, en LANSAD ou dans les bi-filières (de type allemand-économie).

Il s’agira de montrer que, pourtant, nombre de paradigmes de recherche sont aujourd’hui disponibles pour aborder cet objet en tant que langue-culture de spécialité, comme cela est depuis longtemps le cas dans l’anglistique française (http://www.geras.fr/dossiers/dossiers.php?val=79_statuts), et permettre à la recherche française sur ces questions de s’ancrer dans un paysage international en constante et rapide évolution.

Les quatre thèses soumises à débat seront :

  1. L’objet « langues et cultures de spécialité » ne peut être saisi sur un plan exclusivement micro-linguistique.
  2. Il n’existe que si il est articulé sur les cultures de spécialité qui le sous-tendent, elles-mêmes résultat d’un processus d’évolution qui ne peut être saisi qu’en incluant la dimension diachronique.
  3. Les langues-cultures spécialisées ne peuvent ainsi être saisies qu’au travers de larges corpus répondant aux standards internationaux.
  4. Décrire les langues-cultures spécialisées inclut donc de facto une dimension cognitive, celle de la structure conceptuelle du champ visé.

La présentation ppt est disponible ici.

Appel à chapitres, Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à contributions pour un « ouvrage collectif avec chapitres »

Date limite d’envoi des articles : 15 juillet 2018

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

Suite à la journée d’études, co-organisée le 2 mars dernier par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), cet appel vise à rassembler des contributions venant compléter celles présentées en vue de la publication d’un ouvrage collectif avec chapitres. Les articles soumis s’intéresseront entre autres :

  • A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
  • Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
  • Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
  • Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
  • Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.

Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les articles de 40.000 signes maximum (espaces, notes, bibliographie comprises) sont à adresser avant le 15 juillet 2018 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr

Weiwei Guo, weiwei.guo-gripay@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

 

Calendrier prévisionnel =

15 juillet 2018                   envoi des articles

1er septembre 2018         retour de expertises

1er octobre 2018               remise des textes revus

janvier 2019                                          publication du volume, chez un éditeur international, dans une collection consacrée aux discours spécialisés

Approcher les discours spécialisés par la méta-catégorie du figement

Nouvelle présentation en ligne :

https://www.academia.edu/36238956/Approcher_les_discours_sp%C3%A9cialis%C3%A9s_par_la_m%C3%A9ta-cat%C3%A9gorie_du_figement

Cet atelier doctoral, qui capitalise sur la présentation « Quelles approches cognitives pour les discours spécialisés ? » vise à discuter la pertinence pour l’approche des discours spécialisés de la notion de « figement », dans une acception cognitive large, détachée des conceptions traditionnelles de « figement morpho-syntaxique ». En faisant un détour par le cas très particulier de gestion du figement dans les langues contrôlées, on pose comme hypothèse l’existence d’un continuum à rebours invitant à partir précisément du figement – envisagé comme stabilité quantitative et reproductible – pour analyser ces discours. La deuxième partie discute les apports respectifs des traditions francophones, anglo-saxonnes et germano-slave dans le traitement du figement et insiste sur les deux bouleversements qu’ont induits d’une part les corpus et d’autre les grammaires de construction dans le traitement de cette catégorie. Le figement est ensuite replacé dans le paradigme du « moule discursif spécialisé » que nous considérons, avec ses 4 niveaux constitutifs, comme l’étalon de saisie du discours spécialisé. Dans ce cadre, la dernière partie propose, à partir d’études de cas extraites d’un corpus financier (rapports de conjoncture de banques centrales), trois niveaux de figement subsumés sous l’étiquette de « non-conventionnels » pour marquer qu’ils concernent des segments de langue habituellement peu traités en ces termes.

Ateliers doctoraux sur les discours spécialisés, MSH Dijon, 22-23 mars

Jeudi 22 et vendredi 23 mars, je proposerai deux séminaires pour mesdoctorants et ceux de l’école doctorale ALEXANDRU PIRU de l’Université de Craiova sur les discours spécialisés :

– jeudi 22 : Quelles approches cognitives pour les discours spécialisés ?

– vendredi 23 : Approcher les discours spécialisés par la méta-catégorie du figement

Lieu : MSH Dijon, salle des thèses (visio avec Craiova)
Horaire : 9-12, 13-16

Séances ouvertes à tout doctorant de Lecla en sciences du langage intéressé par ces questions ainsi qu’aux étudiants du master REVI désireux de découvrir des perspectives de recherche en sciences du langage, indépendamment des langues-objets. Merci de s’inscrire par mai à laurent.gautier@ubfc.fr.

CfP « Corpus sur objectifs spécifiques », 15-16 novembre, Lyon 3

Journée d’étude « Corpus sur objectifs spécifiques »

Jeudi 15 et vendredi 16 novembre 2018 (Lyon)

Centre d’Études Linguistiques (EA 1663, Université de Lyon, Jean Moulin Lyon 3)

Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182, Université Bourgogne Franche-Comté)

Depuis le milieu du XXe siècle et la parution des premières grammaires de l’anglais fondées sur les usages telles que l’American English Grammar de Fries (1940), les corpus sont devenus des objets fondamentaux pour la connaissance des langues et de leurs variétés (Biber 1988, Sinclair 2004) ainsi que pour leur enseignement (Kübler 2011, Boulton 2016). Même si pour certains, les corpus « ne changent pas fondamentalement la position du chercheur en linguistique » (Cori & David 2008), il n’en demeure pas moins que les corpus sont aujourd’hui considérés comme une branche légitime de la linguistique au point que la linguistique de corpus fait pleinement partie du paysage scientifique français et international. Cette linguistique possède en effet ses propres méthodologies (approches déductive, approche inductive, lexicométrie, statistique textuelle, etc.), ses propres outils d’analyse (étiqueteurs, concordanciers, outils pour la fouille de textes, etc.) et ses propres finalités, qu’il s’agisse d’objectifs larges (représenter une langue dans son ensemble) ou plus précis (représenter une variété spécialisée, un genre ou un registre). Comme McCarthy et O’Keeffe (2010) le rappellent, les applications de la linguistique de corpus sont très nombreuses en ce qu’elles couvrent des champs aussi divers que la didactique des langues, les langues de spécialités, l’analyse du discours, la pragmatique, la traduction, la lexicologie, la lexicographie ou encore la stylistique littéraire.

Placés dans le contexte des formations en langues sur objectifs spécifiques à l’université telles les Langues Étrangères Appliquées (LEA) ou les Langues pour Spécialistes d’Autres Disciplines (LANSAD), les corpus semblent remplir des fonctions particulières dont la plupart sont liées aux enjeux d’insertion professionnelle et académique des publics concernés. Les corpus sur objectifs spécifiques visent en effet la représentation des usages issus de situations de communication spécialisée, tant écrites qu’orales, en même temps qu’ils reflètent des problématiques d’ordre didactique tels que l’enseignement-apprentissage de la traduction, de la compréhension écrite ou orale, ou encore des normes d’usage dans une ou plusieurs langues.

Dans cette journée d’étude intitulée « Corpus sur objectifs spécifiques », nous envisageons le corpus et sa linguistique comme un domaine de la connaissance à la croisée des langues de spécialité et de la didactique des langues. Concernant la première voie d’accès, les corpus permettent la représentation et l’exploration des variétés spécialisées (allemand des affaires, anglais des spécialités médicales, espagnol juridique, etc.) et de leurs mises en discours ; ils constituent aussi, pour le linguiste non spécialiste du champ concerné, une base d’observation importante pour « approcher » le champ. Concernant la seconde, les corpus apportent des réponses aux questions liées à l’enseignement-apprentissage des langues sur objectifs spécifiques tant du point de leur structure (phonologie, lexico-morpho-syntaxe, sémantique) que de leurs usages (normes, erreurs et néologie).

Les questions abordées pourront concerner (sans se limiter forcément à cette liste qui demeure non exhaustive) :

  • Comment représenter une variété spécialisée ?
  • La méthodologie des corpus de langues de spécialité est-elle particulière ?
  • Comment constituer un corpus de langue orale ?
  • Quelles tailles de corpus envisager pour quelles représentations ?
  • Comment recueillir des données pour le spécialisé professionnel ?
  • Quels outils sont utiles ou nécessaires pour l’exploration de corpus spécialisés ?
  • Quelle place pour l’analyse manuelle face à l’analyse outillée ?
  • Quels objectifs linguistiques assigner aux corpus de spécialité?
  • Quels cadres théoriques pour exploiter ces corpus de spécialité?
  • Comment représenter les résultats obtenus par l’analyse de ces corpus ?

Format des propositions

  • Auteur et affiliation
  • Adresse électronique de contact
  • Titre de la proposition
  • Mots clés
  • Résumé de la proposition en 300 mots
  • Références bibliographiques

Date limite pour soumettre les propositions : vendredi 15 juin 2018

Envoyez vos propositions à

Une publication sous forme d’ouvrage collectif avec chapitres chez un éditeur international sera proposée aux intervenants selon les conditions usuelles (expertise en double-aveugle).

 

Références bibliographiques

Biber, Douglas. 1988. Variations across Speech and Writing. Cambridge : Cambridge University Press

Boulton, Alex. 2016. « Integrating corpus tools & techniques in ESP courses ». ASp 69, 111-135.

Fries, Charles Carpenter. 1940. American English Grammar: The Grammatical Structure of Present-Day American English with Especial Reference to Social Differences or Class Dialects. Londres et New York : D. Appleton-Century Company Incorporated.

Kübler, Natalie. 2011. Corpora, Language, Teaching, and Resources: From Theory to Practice. Berne : Peter Lang.

O’Keeffe, Anne & Michael McCarthy. 2010. « What are corpora and how have they evolved? » in The Routledge Handbook of Corpus Linguistics. Londres et New York : Routledge.

CfP – Terminologies gastronomiques et oenologiques 3 (Tours 2018)

Après Dijon (2016) et Reims (2017), la 3ème édition du colloque #terminologies #gastronomiques et #oenologiques aura lieu Université de Tours le 14.09.2018, organisé par Kilien Stengel
 
Propositions à soumettre jusqu’au 1er mai.
 
#vin #oenologie #gastronomie #alimentation #restauration #culture
 

CfP, Lyon, 2.3.2018 Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à communications

Nouvelle date limite de soumission : 12 janvier 2018

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Journée d’études, vendredi 2 mars 2018

Université Lyon 2 Lumière, Maison Internationale des Langues et des Cultures

 

« L’émotion, dans ses variétés historiques, ses nuances, ses déclinaisons, reflète d’abord une culture et un temps. Elle répond à un contexte, épouse un profil de sensibilité, traduit une manière de vivre et d’exister, elle-même dépendante d’un milieu précis, singulier, orientant l’affect et ses intensités. » (G. Vigarello, Histoire des émotions, Paris, Seuil, 2016)

 

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

La journée d’études, co-organisée par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), vise ainsi à rassembler des chercheurs en langues et cultures de spécialité pour tout à la fois dresser un état des lieux des travaux sur ces questions et d’autre part tracer des perspectives de recherche alimentant aussi les enseignements supérieurs en LEA et dans le secteur LANSAD, en capitalisant sur les spécificités ainsi mises au jour des langues-cultures sous-jacentes. Cette réflexion est ouverte et bénéficiera grandement des apports qui pourront être partagés par des chercheurs appartenant à d’autres disciplines et qui s’intéressent aux discours et terminologies de spécialité : psychologues, juristes, économistes, neuroscientifiques, anthropologues, politistes, chercheurs en sciences dures, etc.

Les communications s’intéresseront entre autres:

  • A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
  • Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
  • Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
  • Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
  • Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.

Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les propositions de communication (résumé de 500 mots présentant explicitement la problématique, le corpus, la méthodologie et les résultats [escomptés]) accompagnés de cinq références bibliographiques sont à adresser avant le 22 décembre 2017 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

Le pré-programme sera diffusé en janvier 2018. Une sélection de communications sera publiée, sous la forme d’un volume collectif structuré, chez un éditeur international dans une collection dédiée après expertise en double-aveugle. Des interactions entre les auteurs des articles seront donc à prévoir pour faire apparaître la cohérence du volume.

 

 

Bibliographie sélective

Braud, P., L’émotion en politique : problèmes d’analyse, Paris, Presses de Sciences Po, 1996.

Cyrulnik, B., « L’affectivité nous façonne », http://www.lexpress.fr/informations/boris-cyrulnik-l-affectivite-nous-faconne_595890.html, 23/09/1993.

Ekman, P., « An Argument for Basic Emotions », Cognition and Emotion, 6/3-4, 1992, 169-200.

Flückiger, A. « Pourquoi respectons-nous la soft law ? », Revue européenne des sciences sociales [En ligne], XLVII-144 | 2009, mis en ligne le 01 mai 2012. URL : http://ress.revues.org/ .

Frank, R.« Émotions mondiales, internationales et transnationales, 1822-1932 », Monde(s), 2012/1, 47-70.

Immordino-Yang, M.-H., “Studying the Effects of Culture by Integrating Neuroscientific With Ethnographic Approaches”, Psychological Inquiry: An International Journal for the Advancement of Psychological Theory, 24/1, 2013, 42-46.

Lordon, F., La société des affects, Paris, Seuil, 2014.

Moïsi, D., La géopolitique de l’émotion : comment les cultures de peur, d’humiliation et d’espoir façonnent le monde, Paris, Flammarion, 2008.

Panksepp, J., Asma, S., Curran, G., Gabriel, G., Greif, T., “The Philosophical Implications of Affective Neuroscience”, Journal of Consciousness Studies, 19/3-4, 2012, 6-48.

Pavlenko, A., The bilingual mind: And what it tells us about language and thought, Cambridge, Cambridge University Press, 2014.

Reboul, O., Langage et idéologie, Paris, Puf, 1981.

Revault d’Allonnes, M., Le dépérissement de la politique, Paris, Flammarion-Aubier, 1999.

Thompson, S., Hoggett, P., Politics and the Emotions, London, Continuum, 2012.

Tournier, M., Des mots en politique, Paris, Klincksieck, 1997.

Dijon 13.10.2017 « Approches diachroniques des discours et cultures de spécialité

Dossier thématique pour Textes & Contextes 2018

Revue en ligne de l’EA4182 – Univ. Bourgogne Franche-Comté

 

APPROCHES DIACHRONIQUES DES DISCOURS ET CULTURES SPECIALISES

 

Programme de la journée d’étude du 13 octobre 2017

Lieu : Salle du conseil – Maison des Sciences de l’Homme – Dijon

 

9H30 : Accueil des participants

9H45 : Ouverture (D Carnet – JP Charpy – L Gautier – S Patin)

 

10H – 11h30 :

David Banks (Université de Bretagne Occidentale): The effects of revolution and war on academic discourse, 1785-1835.

Juan José Calvo (Université de Valence –Esp.): Table vs. mete boord : Old French culinary terms and Germanic native vocabulary in two late Middle English cookery books.

Margaux Coutherut (Université Paris 8) : Les recettes de cuisine en anglais du Moyen-Âge à nos jours : évolutions structurelle, syntaxique, lexicale.

Pascaline Dury (Université Lumière Lyon 2): La “médicalisation” de la terminologie du textile en anglais, une analyse diachronique en corpus.

Caroline Benedetto (Université de Bordeaux): les guides des bonnes pratiques médicales : un discours spécialisé en mutation ?

 

11H30 – 11H45 : pause café

 

11H45 – 12H45 :

Sonja Molnar (Université de Salzbourg): Genre innovation and product presentation in 400 years of advertising culture.

Jessica Stark (ENS Paris-Saclay): “Les manuels diplomatiques”, vecteurs de spécialisation de l’anglais de la diplomatie (1603-1017).

Mathilde Gaillard (ENS Cachan): Emergence et cristallisation d’un milieu spécialisé hybride : les think tanks aux Etats-Unis.

Philippe Millot (Université Jean Moulin Lyon 3): La néologie en sciences de l’information: étude sur corpus diachronique d’un nouveau domaine spécialisé.

 

12H45 – 14H : Buffet (sur place)

 

14H -15H :

Aurélie Picton – Julie Humbert-Droz (Université de Genève): Approche diachronique pour l’analyse de la déspécialisation de la connaissance : l’apport de la linguistique de corpus

Arthur Joyeux (Université de Bourgogne Franche – Comté): Stratégies discursives du Conseil d’Etat autour du principe de discrimination

Albert Morales (Université de Venise): Uso diacrónico de la terminacología juridíco-administrativa en el discurso normativo.

 

15H – 16H30 : Table ronde et clôture de la journée d’étude

 

CONTACTS : didier.carnet@u-bourgogne.fr / jean-pierre.charpy@u-bourgogne.fr / laurent.gautier@u-bourgogne.fr / stpatin@gmail.com

CfP Les terminologies professionnelles de la gastronomie et de l’œnologie

Appel à communications : Colloque « Les terminologies professionnelles de la gastronomie et de l’œnologie : représentations, formation, transmission », 27-28 septembre 2016, Dijon – Beaune

Organisation : MSH, TIL, CIMEOS

L’inscription en 2010 du « repas gastronomique des Français » au patrimoine immatériel de l’humanité, accompagnée par la création en cours d’un réseau de Cités de la Gastronomie, dont une située à Dijon, a donné une visibilité internationale à la tradition gastronomique française relançant du même coup l’intérêt des scientifiques, en particulier dans les sciences humaines et sociales, pour cet objet d’étude éminemment culturel. Il en va de même pour la vigne et le vin que l’année 2015 a également mis en valeur à travers l’inscription en juillet dernier des « coteaux, maisons et caves de Champagne » et des « climats du vignoble de Bourgogne » au patrimoine mondial tandis que se prépare pour 2016 l’ouverture de la Cité des Civilisations du Vin à Bordeaux, que Beaune et l’interprofession bourguignonne travaillent à la création d’une Cité des Vins de Bourgogne et que s’est mis en place en Bourgogne un Groupement d’Intérêt Public « Pôle Bourgogne Vigne et Vin » associant chercheurs et professionnels sur ces thématiques.

Objets scientifiques, culturels et mémoriels, la gastronomie et le vin sont par ailleurs l’objet de toutes les attentions en matière de formation et d’éducation par exemple à travers les semaines de la gastronomie et du goût, organisées chaque année en automne, ou dans la proposition de loi sur l’information sur la vigne et le vin (n°617 du 11 juin 2014) qui stipule que « le vin est une boisson qui entre dans l’alimentation traditionnelle du consommateur et qu’il faut savoir apprécier et consommer avec modération : la consommation responsable passe par le savoir, l’éducation et la culture ».

Dans ce contexte international, national et régional favorable, la maison des Sciences de l’Homme de Dijon, en collaboration avec les laboratoires CIMEOS et TIL, organisent les 27 et 28 septembre 2016 deux journées de réflexion sur :

Les terminologies professionnelles de la gastronomie et de l’œnologie : représentations, formation, transmission

Modalités de soumission : Les propositions de communication, comprenant un titre provisoire, un résumé d’environ 1500 signes ainsi que 5 mots-clefs et une bibliographie de 5 titres, sont à adresser avant le 13 juillet 2016 à : laurent.gautier@u-bourgogne.fret anne.parizot@univ-reims.fr

Appel à communication en pièce jointeAppel_a_communication_vEnd