nouveau ppt en ligne : Produire expérimentalement des corpus spécialisés pour l’analyse sémantique : méthodes et enjeux

La présentation de ma communication avec Mariele Mancebo-Humbert sur « Produire expérimentalement des corpus spécialisés pour l’analyse sémantique : méthodes et enjeux » aux journées d’études « Corpus sur Objectifs Spécifiques » à l’Université Lyon 3 est en ligne ici.

Mots clefs : discours spécialisés, corpus expérimentaux, enquêtes, descripteurs sensoriels, terminologie

[Contexte] La présente proposition vise, à la suite de De Mönnink (1999) et Gilquin / Gries (2009), à interroger et discuter le rôle de corpus produits expérimentalement et de façon ad hoc pour l’analyse du lexique spécialisé – que les unités considérées soient officiellement reconnues comme termes ou non. Elle s’inscrit dans le paradigme d’une recherche située (Condamines / Narcy-Combes 2015) et intrinsèquement interdisciplinaire (Gautier 2014). Si les corpus spécialisés écrits, et dans une moindre mesure oraux, sont devenus monnaie courante, qu’ils soient intégrés aux corpus de référence ou produits pour des besoins spécifiques (Loock 2016), les corpus expérimentaux, qui se rapprochent des enquêtes de la linguistique de terrain (Blanchet 2012), sont moins souvent convoqués – à l’exception notable de projets de recherche, comme ceux dont il est question ici, ayant pour objet les lexiques et les discours expérientiels (Dubois 2009).

[Problématique] Dans ce cadre, la communication discutera les enjeux, pour le linguiste, liés à la production de telles ressources, ainsi que les problèmes afférents en termes de méthodologie. A partir du cas particulier du lexique de dégustation de vins effervescents (Mancebo-Humbert et al. 2018), à la suite de Normand (2002) sur le champagne, on s’interrogera ainsi sur les critères présidant au corpus design : présence ou non d’un stimulus, mode de formulation des questions au vu des résultats escomptés (Delepaut 2009), prise en compte des profils de répondants, etc.

[Données et discussion] Cette problématique générale sera illustrée à partir de deux jeux de données en français (production de paroles par des panels professionnels et consommateurs lors de dégustation de Crémant de Bourgogne et réponse à un questionnaire en ligne sans stimulus sur ce produit) et un jeu de données en portugais brésilien (questionnaire en ligne sans stimulus sur les vins espumantes). On discutera ainsi, tout spécialement, la façon dont les critères généralement admis en linguistique de corpus doivent être ici repensés, voire re-calibrés : approche quantitative vs qualitative, fréquence minimale, représentativité des résultats, place des hapax, etc. Une attention particulière sera accordée à l’apport de ces corpus pour le traitement sémantico-cognitif du lexique de spécialité correspondant (ten Hacken 2015).

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

BLANCHET, Philippe (2012). La linguistique de terrain, méthode et théorie : une approche ethnosociolinguistique de la complexité. 2e ed. Collection Didact linguistique. Rennes : Presses universitaires de Rennes.

CONDAMINES, Anne / NARCY-COMBES, Jean-Paul (2015). La linguistique appliquée comme science située. Francis Carton et al. (dir.). In : Cultures de recherche en linguistique appliquée. Paris : Riveneuve éditions, pp. 209-229.

DE MÖNNINK, Inge (1999). Combining Corpus and Experimental Data. In : International Journal of Corpus Linguistics, n°4/1, pp. 77-111.

DELEPAUT, Gaëlle (2009). Questionner : comment et pourquoi ? Le choc des questions, le poids des mots ! In : Le sentir et le dire : concepts et méthodologies en linguistique et psychologie cognitive. DUBOIS, Danièle (dir.). Paris : L’Harmattan.

DUBOIS, Danièle (2009). Le Sentir et le dire : définir l’objet et construire la démarche. In : Le sentir et le dire : concepts et méthodologies en linguistique et psychologie cognitive. DUBOIS, Danièle (dir.). Paris : L’Harmattan.

GAUTIER, Laurent (2014). Des langues de spécialité à la communication spécialisée : un nouveau paradigme de recherche à l’intersection entre sciences du langage, info-com et sciences cognitives ? In : Etudes Interdisciplinaires en Sciences humaines, vol. 1, pp. 225-245.

GILQUIN, Gaëtanelle / GRIES, Stefan Th. (2009). Corpora and experimental methods: a state of the art review. In : Corpus Linguistics and Linguistic Theory, vol. 5, n° 1. pp. 1-26.

LOOCK, Rudi (2016). La traductologie de corpus. Villeneuve d’Ascq : Presses du Septentrion.

MANCEBO-HUMBERT, Mariele / LE FUR, Yves / GAUTIER, Laurent (2018). La construction du discours de dégustation de Crémant de Bourgogne de 1995 à aujourd’hui. In : Bourgogne(s) viticole(s) : Enjeux et perspectives historiques d’un terroir. WOLIKOW, Serge et JAQUECT, Olivier (dir.). Dijon : Éditions Universitaires de Dijon, p. 237-252.

NORMAND, Sylvie (2002). Les mots de la dégustation du champagne : analyse sémantique d’un discours professionnel. Paris : CNRS.

TEN HACKEN, Pius (2015). Terms and specialized vocabulary : taming the prototypes. In : Handbook of terminology. KOCKAERT, Hendrik J. et STEURS, Frieda (dir.), vol. 1, pp. 3-14. Amsterdam/Philadelphia : John Benjamins Publishing Company.

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ppt De la terminologie spontanée à une terminologie aménagée et vice-versa : parler des vins espumantes au Brésil

Communication lors des Journées 2018 du réseau #Réaliter  accessible ici.

#terminologie #sensorialité #vin #oenologie #corpus #linguistique #située

[Contexte] Le marché des vins effervescents au Brésil a fortement augmenté ces dix dernières années, affichant une hausse de +248% selon l’OIV[1]. L’Instituto Brasileiro do Vinho (Ibravin) indique que cette catégorie de produits représente environ 80% du marché vitivinicole intérieur en 2015[2] et enregistre une augmentation de 79,58% dans l’importation de ce type de produit[3] en 2017. Cette augmentation globale de la production, de la commercialisation et de la consommation d’effervescents au Brésil entraîne, tout naturellement, un besoin accru de valorisation et donc de communication autour de ces produits, mobilisant, entre autres, des descripteurs de nature terminologique.

[Problématique] Cette quête de valorisation est très récente dans le domaine puisque la première IG (Indication Géographique) date de 2002 pour Vale dos Vinhedos. L’attribution d’une telle certification passe de facto par une réglementation des caractéristiques concernant l’élaboration du produit et repose sur la formulation d’un discours réglementaire. Ce domaine spécialisé en plein essor connaît actuellement, au niveau communicatif, une tension entre emprunts à la terminologie française correspondante et aménagement d’une terminologie dédiée en portugais du Brésil pour communiquer sur les productions locales. Cette proposition s’inscrit ainsi à l’intersection entre les axes « traduire les termes en recourant à la terminologie spontanée », « néologie en terminologie » et « diffusion et implantation de la terminologie » de l’appel à communications.

[Corpus] L’analyse porte sur le discours des spécialistes et non-spécialistes autour des vins espumantes. Le premier corpus est issu d’articles des neuf numéros de la Revista Brasileira de Viticultura e Enologia (RBVE), d’une quarantaine de sites d’élaborateurs d’espumantes et de textes officiels spécifiant les spécificités du produit et implémentant une terminologie normée, comme les différents cahiers de charges (regulamento de uso) ou la loi nº 7.678, de 2018 sur la production, circulation et commercialisation de vin. Le deuxième corpus est constitué de réponses de cinq cent consommateurs à un questionnaire diffusé en ligne et portant sur les descripteurs employés spontanément.

C’est à partir de ces différents discours que sera examinée la terminologie de la filière et des consommateurs afin de repérer et analyser les doubles aller-retour entre d’une part emprunts et néologismes utilisés et d’autre part terminologie spontanée construite sur la base de l’expérience (mémorielle) de dégustation et terminologie aménagée.

Plusieurs stratégies apparaissent, notamment dans la terminologie stabilisée et aménagée, dont il conviendra d’examiner les motivations :

  • recours à différentes tentatives d’intégration des emprunts, comme le rapprochement de l’orthographe selon les spécificités de la langue cible (« degórgement ») ;
  • ajout d’un préfixe (« pós-dégorgement ») ;
  • introduction d’une définition pour le mot emprunté (« véraison (mudança de cor) ») ;
  • stratégies de reformulation à partir du mot français (« deguelo », « deburbado »)
  • création d’une nouvelle terminologie par métaphore (« gaiola/gaiolinha »).

Dans tous les cas, le recours à la terminologie française s’avère systématique lors que les professionnels de cette filière s’expriment sur leur produit. Un recours tout à fait naturel si l’on tient compte du rôle prototypique du Champagne dans le domaine des effervescents.

 

[1] Site Web : http://www.oiv.int/public/medias/3097/les-vins-effervescents-fr-complet-3.pdf, consulté le 12/11/2017.

[2] Site Web : http://www.ibravin.org.br/noticias/ibravin-lan%C3%A7a-marca-brasil-espumantes.php, consulté le 12/11/2017.

[3] Site web : http://www.ibravin.org.br/Noticia/abastecimento-do-mercado-de-vinhos-no-brasil-apresenta-crescimento-de-3-no-primeiro-semestre/305, consulté le 12/11/2017.

CfP – Dijon – Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – 9-10 juillet 2018

Appel à communications

Colloque International

Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin

 Entre langue(s) et culture(s)

 Nouvelle date limite de soumission : 20 mai 2018

MSH Dijon – 9-10 juillet 2018

Co-organisation : MSH Dijon (UMR CNRS-uB 3516), Centre Interlangues TIL (EA 4182) et Cimeos (EA 4177)

 Coordination scientifique : Jean-Jacques Boutaud & Laurent Gautier

Résumé

Le colloque international « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » constituera le premier événement scientifique de grande envergure consacré à une approche comparative des discours de dégustation professionnels portant sur ces quatre produits. Il se focalisera en particulier sur l’articulation entre langues et cultures des aires de production d’origine (France, Asie, Amérique Latine, Afrique …) dans l’émergence des discours professionnels et envisagera les problèmes posés, dans le cadre des échanges commerciaux et des transferts culturels, par la communication sur ces mêmes produits dans des contextes exogènes, incluant donc aussi la sphère des consommateurs. Il permettra également de mettre en réseau des chercheurs travaillant sur ces objets, indépendamment de leur ancrage disciplinaire et des langues-objets. 

Argumentaire

Ce colloque, qui vise explicitement les interactions entre chercheurs et professionnels, s’inscrit dans le contexte régional et national de l’affirmation de Dijon en tant que Cité de la Gastronomie et du Vin, en synergie avec deux secteurs scientifiques majeurs de l’université de Bourgogne « Aliment et environnement » et « Vigne et vin » et en lien avec l’écosystème local dédié. Il fait suite à l’organisation, à Dijon, du colloque de septembre 2016 « Terminologies professionnelles de l’œnologie et de la gastronomie » qui, avec deux ouvrages collectifs actuellement sous presse (L’Harmattan et Iste éditions), a été à l’origine d’une mise en réseau de chercheurs internationaux travaillant jusque-là de manière isolée, mise en réseau se traduisant en premier lieu par la pérennisation de la manifestation : la deuxième édition du colloque a eu lieu à Reims en septembre 2017 ; les deux prochaines éditions sont déjà planifiées à Tours en 2018 et Innsbruck en 2019.

Il s’agira de poursuivre, sur ces nouveaux objets, la collaboration naturelle, sur ces questions sensorielles, entre sciences du langage et sciences de l’information et de la communication, mais aussi, compte tenu du contexte de recherche local, à créer des liens transdisciplinaires avec les sciences expérimentales, à commencer par les sciences du goût. Compte tenu de la dimension historique clef dans le développement et la fossilisation des discours de dégustation, l’apport des chercheurs en histoire du goût et de l’alimentation des aires culturelles concernées sera le bienvenu.

Aux niveaux méthodologique et théorique, si des travaux existent sur les discours de dégustation de chacun des quatre produits-cibles (à des degrés quantitatifs divers : énormément de travaux sur la dégustation du vin tandis que celle du cacao est, discursivement, encore largement terra incognita), ils restent mono-produit. L’enjeu du colloque sera donc de les croiser, d’interroger un éventuel rôle de modèle de l’un d’entre eux, de documenter les transferts analogiques, etc., selon des objectifs de communication très divers. Une attention toute particulière sera par ailleurs accordée aux rapports entre langue « d’origine » et produit : ainsi, si le discours de dégustation du vin s’est largement construit en français, à partir de vins français, il s’agira d’approfondir le rôle des langues natives et des traditions discursives respectives pour l’approche des trois autres produits. Cet aspect nécessitera de prendre en compte les évolutions de ces discours sur une diachronie plus ou moins longue, rendant du même coup indispensable le travail sur des ressources historiques.

 


 

 

Propositions de communication – modalités

 

Sont attendues des propositions de communication sur ces thématiques indiquant explicitement : la question de recherche et son apport à la problématique générale esquissée ci-dessus, les données/corpus analysés, les cadres méthodologiques et théoriques sous-jacents. Si les études de cas ne sont pas a priori exclues, les auteurs devront clairement montrer leur portée théorique.

 

Elles comprendront : le titre de la communication, 5 mots-clefs, un argumentaire développé de 800 mots maximum et la liste des références citées. L’identité et l’affiliation du/des auteur(s) n’apparaîtront pas dans le résumé, mais dans le mail d’accompagnement.

 

Langues : anglais, français

 

Transmission des propositions : avant le 20 mai 2018 par mail simultanément à : jean-jacques.boutaud@u-bourgogne.fr et laurent.gautier@u-bourgogne.fr

 

Le colloque donnera lieu à une publication collective de type « ouvrage avec chapitres » répondant aux critères internationaux de publication. Il ne sera pas publié d’ « actes » en tant que tels.

 

 

Comité scientifique (en cours de constitution) :

 

Ieda Maria Alves, Universidade de São Paulo, Brésil

Jean-Jacques Boutaud, Université de Bourgogne, France

Laurent Gautier, Université de Bourgogne, France

Weiwei Guo, Université Lumière-Lyon 2, France

Patrick Leroyer, Unniversité d’Aahrus

Olivier Méric, Universadad Estatal Amazónica en Puyo, Ecuador & Université de Bourgogne, France

Anne Parizot, Université de Franche-Comté, France

Kilien Stengel, Université de Tours, France