CfP Fachsprachenforschung kontrastiv

Fachsprachenforschung kontrastiv

  1. November 2018

Maison des Sciences de l’Homme, Dijon

Am 9. November 2018 veranstalten das Centre Interlangues – Texte, Image, Langage (Université de Bourgogne Franche-Comté) und der Fachbereich Translations-, Sprach- und Kulturwissenschaft Germersheim (Johannes Gutenberg-Universität Mainz) im Rahmen des Deutsch-Französischen Doktorandenkollegs in den Geistes-, Kultur- und Sozialwissenschaften Mainz-Dijon (DFDK) einen gemeinsamen Workshop zum Thema „Fachsprachenforschung kontrastiv“.

Thematische Ausrichtung

Der Workshop richtet sich an Forscherinnen und Forscher, die sich in kontrastiver Perspektive mit dem Thema Fachsprachen im weitesten Sinne befassen. Die thematische Ausrichtung ist bewusst allgemein gehalten, um einer möglichst breiten Vielfalt an Sprachen und Fachgebieten Platz zu bieten. Neben Untersuchungen zum Deutschen und Französischen sind daher ausdrücklich auch Beiträge zu anderen Sprachen und Sprachkombinationen erwünscht, insbesondere zum Englischen, Niederländischen und zu anderen romanischen Sprachen.

Gleiches gilt auch in Bezug auf theoretische Ausrichtung und empirische Methoden der vorgestellten Arbeiten: Neben translationswissenschaftlichen und lexikographischen Fragestellungen sind so u. a. Beiträge willkommen, die sich dem Phänomen Fachsprache aus korpuslinguistisch-quantitativer, konstruktionsgrammatischer, kognitiv-semantischer oder diskursanalytischer Perspektive nähern. Interdisziplinär ausgerichtete Beiträge sind in diesem Zusammenhang ausdrücklich erwünscht! Zur Diskussion gestellte Berichte über Promotionsvorhaben sind ebenfalls besonders willkommen.

Konferenzsprachen

Die Konferenzsprachen sind Deutsch und Französisch. Eine Publikation im Rahmen der peer-reviewten Reihe Kontraste/Contrastes (Peter Lang) ist vorgesehen.

Einreichung von Beiträgen

Vorschläge für Konferenzbeiträge (ca. 250 Wörter zzgl. Auswahlbibliographie) sollten den Organisatoren bis spätestens 15. Juli 2018 zukommen. Für die einzelnen Beiträge sind 20 Minuten vorgesehen, für die anschließende Diskussion jeweils 10 Minuten.

Organisation

Pr Laurent Gautier (UBFC) – laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Prof. Dr. Michael Schreiber (FTSK Germersheim) – schreibm@uni-mainz.de

Simon Varga (FTSK Germersheim/UBFC) – varga@uni-mainz.de

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CfP – Vin et altérité – Mulhouse, UHA, 18-19 octobre 2018

Vin et altérité: Colloque ILLE / CIRLEP / CRESAT 18-19 octobre 2018,

organisé à l’Université de Haute-Alsace de Mulhouse

 

Les plaisirs de la chère occupent une place de choix dans les réflexions de notre époque. Des scandales alimentaires aux débats sur la consommation de produits d’origine animale, en passant par l’omniprésence de la cuisine dans la presse et les médias, la question du comment manger et du comment boire est devenue dans les quinze dernières années une préoccupation de société. Les sciences humaines et sociales ont donc logiquement commencé à s’approprier ces sujets qu’elles avaient jusqu’alors somme toute assez peu investis. C’est dans cette dynamique que s’inscrit notre projet, qui se propose sous le titre « Le vin de l’autre » d’analyser le vin, jusque dans ses déplacements et ses errances, comme vecteur d’une identité régionale, élément d’identification à un patrimoine et à un terroir. Tel est notre postulat de départ, qui se fonde sur l’idée qu’une culture à la fois partagée et diversifiée du vin, et bien évidemment modulée selon les perceptions sociales, morales, politiques ou religieuses de chacun, constitue un des marqueurs de la nouvelle région Grand Est. L’angle d’approche choisi, celui du « vin de l’autre », vient ajouter à cet aspect général (le vin comme marqueur culturel complexe d’un espace géographique) la dimension des rencontres, reconnaissances et perceptions croisées, rencontre de l’autre autour ou à propos d’un verre, mais aussi rencontre de « soi-même comme un autre », de l’autre en soi, dans l’ivresse par exemple, sans oublier les horizons mythiques attribués aux origines lointaines des cépages, ou la dimension de la communion avec un idéal religieux, ou encore les jeux de synesthésie avec l’univers de la littérature, de la poésie des beaux-arts et de la musique. Ces deux aspects permettent d’ouvrir le discours du vin sur des champs de recherche très divers. En effet si, comme on vient de le suggérer, le vin est aussi étroitement associé à l’image de notre grande région, c’est sans doute aussi parce qu’il est médium de séduction et de transfert, ce qui lui confère, en tant qu’objet scientifique, un intérêt très large, à la fois transdisciplinaire et transrégional.

Dans cet esprit, le projet doit permettre de réunir des chercheurs afin qu’ils réfléchissent ensemble à la pertinence et à l’actualité de la thématique du vin dans le domaine des sciences humaines. Il s’agira de travailler autour de quatre axes :

• Le premier visera à s’interroger sur les nouveaux enjeux de recherche, pour les études littéraires, d’une réflexion sur les rapports entre vin et altérité.

• Le deuxième définira les contours d’une linguistique du vin, qui prenne en compte son lexique et les discours et les représentations qu’il engendre.

• Un troisième axe sera consacré aux pratiques et usages auxquels donne lieu le vin, et notamment la communication autour du vin, en lien avec la question du numérique.

• Un quatrième aspect sera centré sur la question du vin et des territoires dans la région Grand-est, aussi bien du point de vue synchronique que diachronique.

L’objectif de ce colloque est de mettre en réseau des connaissances sur le vin issues de différentes cultures disciplinaires pour livrer une cartographie de ce que les sciences humaines ont à apporter à la thématique du vin dans le contexte qui vient d’être évoqué, avec une attention particulière à la dimension transfrontalière de la culture du vin au sein de la région Grand-Est, fruit de ses relations passées et contemporaines avec l’espace d’outre-Rhin.

Les propositions de communications sont à envoyer à sonia.goldblum-krause@uha.fr avant le 15 juin 2018.

Comité d’organisation : Michel Faure, Sonia Goldblum, Frédérique Toudoire-Surlapierre, Carsten Wilhelm.

Comité scientifique : Clémence Andréys (Université de Franche-Comté) Christophe Bertsch (Université de Haute-Alsace, LVBE) Laure Castin, directrice de l’Institut Georges Chappaz (Vins de Champagne), Jean-Claude Domenget (Université de Franche-Comté) Michel Faure (Université de Haute-Alsace, ILLE) Laurent Gautier (Université de Bourgogne , Dijon) Sonia Goldblum (Université de Haute-Alsace, ILLE) Ralph Häfner (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg) Robert Kopp (professeur émérite à l’Université de Bâle) Patrick Leroyer (Arhus University, School of Communication and Culture – Centre for Lexicography) Eleni Mitropoulou (Université de Haute-Alsace, CRESAT) Thomas Nicklas (Directeur du CIRLEP Université de Reims-Champagne-Ardenne) Hervé This (INRA, Membre de l’Académie des sciences, lettres et arts d’Alsace) Frédérique Toudoire-Surlapierre (directrice d’ILLE, Université de Haute-Alsace) Jean-Louis Vezien (Ancien Délégué national de l’Institut National des Appellations d’origine, Ancien Directeur du Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace) Carsten Wilhelm (directeur du CRESAT, Université de Haute-Alsace)

Appel à chapitres, Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à contributions pour un « ouvrage collectif avec chapitres »

Date limite d’envoi des articles : 15 juillet 2018

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

Suite à la journée d’études, co-organisée le 2 mars dernier par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), cet appel vise à rassembler des contributions venant compléter celles présentées en vue de la publication d’un ouvrage collectif avec chapitres. Les articles soumis s’intéresseront entre autres :

  • A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
  • Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
  • Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
  • Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
  • Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.

Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les articles de 40.000 signes maximum (espaces, notes, bibliographie comprises) sont à adresser avant le 15 juillet 2018 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr

Weiwei Guo, weiwei.guo-gripay@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

 

Calendrier prévisionnel =

15 juillet 2018                   envoi des articles

1er septembre 2018         retour de expertises

1er octobre 2018               remise des textes revus

janvier 2019                                          publication du volume, chez un éditeur international, dans une collection consacrée aux discours spécialisés

CfP « Corpus sur objectifs spécifiques », 15-16 novembre, Lyon 3

Journée d’étude « Corpus sur objectifs spécifiques »

Jeudi 15 et vendredi 16 novembre 2018 (Lyon)

Centre d’Études Linguistiques (EA 1663, Université de Lyon, Jean Moulin Lyon 3)

Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182, Université Bourgogne Franche-Comté)

Depuis le milieu du XXe siècle et la parution des premières grammaires de l’anglais fondées sur les usages telles que l’American English Grammar de Fries (1940), les corpus sont devenus des objets fondamentaux pour la connaissance des langues et de leurs variétés (Biber 1988, Sinclair 2004) ainsi que pour leur enseignement (Kübler 2011, Boulton 2016). Même si pour certains, les corpus « ne changent pas fondamentalement la position du chercheur en linguistique » (Cori & David 2008), il n’en demeure pas moins que les corpus sont aujourd’hui considérés comme une branche légitime de la linguistique au point que la linguistique de corpus fait pleinement partie du paysage scientifique français et international. Cette linguistique possède en effet ses propres méthodologies (approches déductive, approche inductive, lexicométrie, statistique textuelle, etc.), ses propres outils d’analyse (étiqueteurs, concordanciers, outils pour la fouille de textes, etc.) et ses propres finalités, qu’il s’agisse d’objectifs larges (représenter une langue dans son ensemble) ou plus précis (représenter une variété spécialisée, un genre ou un registre). Comme McCarthy et O’Keeffe (2010) le rappellent, les applications de la linguistique de corpus sont très nombreuses en ce qu’elles couvrent des champs aussi divers que la didactique des langues, les langues de spécialités, l’analyse du discours, la pragmatique, la traduction, la lexicologie, la lexicographie ou encore la stylistique littéraire.

Placés dans le contexte des formations en langues sur objectifs spécifiques à l’université telles les Langues Étrangères Appliquées (LEA) ou les Langues pour Spécialistes d’Autres Disciplines (LANSAD), les corpus semblent remplir des fonctions particulières dont la plupart sont liées aux enjeux d’insertion professionnelle et académique des publics concernés. Les corpus sur objectifs spécifiques visent en effet la représentation des usages issus de situations de communication spécialisée, tant écrites qu’orales, en même temps qu’ils reflètent des problématiques d’ordre didactique tels que l’enseignement-apprentissage de la traduction, de la compréhension écrite ou orale, ou encore des normes d’usage dans une ou plusieurs langues.

Dans cette journée d’étude intitulée « Corpus sur objectifs spécifiques », nous envisageons le corpus et sa linguistique comme un domaine de la connaissance à la croisée des langues de spécialité et de la didactique des langues. Concernant la première voie d’accès, les corpus permettent la représentation et l’exploration des variétés spécialisées (allemand des affaires, anglais des spécialités médicales, espagnol juridique, etc.) et de leurs mises en discours ; ils constituent aussi, pour le linguiste non spécialiste du champ concerné, une base d’observation importante pour « approcher » le champ. Concernant la seconde, les corpus apportent des réponses aux questions liées à l’enseignement-apprentissage des langues sur objectifs spécifiques tant du point de leur structure (phonologie, lexico-morpho-syntaxe, sémantique) que de leurs usages (normes, erreurs et néologie).

Les questions abordées pourront concerner (sans se limiter forcément à cette liste qui demeure non exhaustive) :

  • Comment représenter une variété spécialisée ?
  • La méthodologie des corpus de langues de spécialité est-elle particulière ?
  • Comment constituer un corpus de langue orale ?
  • Quelles tailles de corpus envisager pour quelles représentations ?
  • Comment recueillir des données pour le spécialisé professionnel ?
  • Quels outils sont utiles ou nécessaires pour l’exploration de corpus spécialisés ?
  • Quelle place pour l’analyse manuelle face à l’analyse outillée ?
  • Quels objectifs linguistiques assigner aux corpus de spécialité?
  • Quels cadres théoriques pour exploiter ces corpus de spécialité?
  • Comment représenter les résultats obtenus par l’analyse de ces corpus ?

Format des propositions

  • Auteur et affiliation
  • Adresse électronique de contact
  • Titre de la proposition
  • Mots clés
  • Résumé de la proposition en 300 mots
  • Références bibliographiques

Date limite pour soumettre les propositions : vendredi 15 juin 2018

Envoyez vos propositions à

Une publication sous forme d’ouvrage collectif avec chapitres chez un éditeur international sera proposée aux intervenants selon les conditions usuelles (expertise en double-aveugle).

 

Références bibliographiques

Biber, Douglas. 1988. Variations across Speech and Writing. Cambridge : Cambridge University Press

Boulton, Alex. 2016. « Integrating corpus tools & techniques in ESP courses ». ASp 69, 111-135.

Fries, Charles Carpenter. 1940. American English Grammar: The Grammatical Structure of Present-Day American English with Especial Reference to Social Differences or Class Dialects. Londres et New York : D. Appleton-Century Company Incorporated.

Kübler, Natalie. 2011. Corpora, Language, Teaching, and Resources: From Theory to Practice. Berne : Peter Lang.

O’Keeffe, Anne & Michael McCarthy. 2010. « What are corpora and how have they evolved? » in The Routledge Handbook of Corpus Linguistics. Londres et New York : Routledge.

CfP – Dijon – Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – 9-10 juillet 2018

Appel à communications

Colloque International

Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin

 Entre langue(s) et culture(s)

 

MSH Dijon – 9-10 juillet 2018

Co-organisation : MSH Dijon (UMR CNRS-uB 3516), Centre Interlangues TIL (EA 4182) et Cimeos (EA 4177)

 Coordination scientifique : Jean-Jacques Boutaud & Laurent Gautier

Résumé

Le colloque international « Discours sensoriels croisés : cacao, café, thé et vin – entre langue(s) et culture(s) » constituera le premier événement scientifique de grande envergure consacré à une approche comparative des discours de dégustation professionnels portant sur ces quatre produits. Il se focalisera en particulier sur l’articulation entre langues et cultures des aires de production d’origine (France, Asie, Amérique Latine, Afrique …) dans l’émergence des discours professionnels et envisagera les problèmes posés, dans le cadre des échanges commerciaux et des transferts culturels, par la communication sur ces mêmes produits dans des contextes exogènes, incluant donc aussi la sphère des consommateurs. Il permettra également de mettre en réseau des chercheurs travaillant sur ces objets, indépendamment de leur ancrage disciplinaire et des langues-objets. 

Argumentaire

Ce colloque, qui vise explicitement les interactions entre chercheurs et professionnels, s’inscrit dans le contexte régional et national de l’affirmation de Dijon en tant que Cité de la Gastronomie et du Vin, en synergie avec deux secteurs scientifiques majeurs de l’université de Bourgogne « Aliment et environnement » et « Vigne et vin » et en lien avec l’écosystème local dédié. Il fait suite à l’organisation, à Dijon, du colloque de septembre 2016 « Terminologies professionnelles de l’œnologie et de la gastronomie » qui, avec deux ouvrages collectifs actuellement sous presse (L’Harmattan et Iste éditions), a été à l’origine d’une mise en réseau de chercheurs internationaux travaillant jusque-là de manière isolée, mise en réseau se traduisant en premier lieu par la pérennisation de la manifestation : la deuxième édition du colloque a eu lieu à Reims en septembre 2017 ; les deux prochaines éditions sont déjà planifiées à Tours en 2018 et Innsbruck en 2019.

Il s’agira de poursuivre, sur ces nouveaux objets, la collaboration naturelle, sur ces questions sensorielles, entre sciences du langage et sciences de l’information et de la communication, mais aussi, compte tenu du contexte de recherche local, à créer des liens transdisciplinaires avec les sciences expérimentales, à commencer par les sciences du goût. Compte tenu de la dimension historique clef dans le développement et la fossilisation des discours de dégustation, l’apport des chercheurs en histoire du goût et de l’alimentation des aires culturelles concernées sera le bienvenu.

Aux niveaux méthodologique et théorique, si des travaux existent sur les discours de dégustation de chacun des quatre produits-cibles (à des degrés quantitatifs divers : énormément de travaux sur la dégustation du vin tandis que celle du cacao est, discursivement, encore largement terra incognita), ils restent mono-produit. L’enjeu du colloque sera donc de les croiser, d’interroger un éventuel rôle de modèle de l’un d’entre eux, de documenter les transferts analogiques, etc., selon des objectifs de communication très divers. Une attention toute particulière sera par ailleurs accordée aux rapports entre langue « d’origine » et produit : ainsi, si le discours de dégustation du vin s’est largement construit en français, à partir de vins français, il s’agira d’approfondir le rôle des langues natives et des traditions discursives respectives pour l’approche des trois autres produits. Cet aspect nécessitera de prendre en compte les évolutions de ces discours sur une diachronie plus ou moins longue, rendant du même coup indispensable le travail sur des ressources historiques.

 


 

 

Propositions de communication – modalités

 

Sont attendues des propositions de communication sur ces thématiques indiquant explicitement : la question de recherche et son apport à la problématique générale esquissée ci-dessus, les données/corpus analysés, les cadres méthodologiques et théoriques sous-jacents. Si les études de cas ne sont pas a priori exclues, les auteurs devront clairement montrer leur portée théorique.

 

Elles comprendront : le titre de la communication, 5 mots-clefs, un argumentaire développé de 800 mots maximum et la liste des références citées. L’identité et l’affiliation du/des auteur(s) n’apparaîtront pas dans le résumé, mais dans le mail d’accompagnement.

 

Langues : anglais, français

 

Transmission des propositions : avant le 30 avril 2018 par mail simultanément à : jean-jacques.boutaud@u-bourgogne.fr et laurent.gautier@u-bourgogne.fr

 

Le colloque donnera lieu à une publication collective de type « ouvrage avec chapitres » répondant aux critères internationaux de publication. Il ne sera pas publié d’ « actes » en tant que tels.

 

 

Comité scientifique (en cours de constitution) :

 

Ieda Maria Alves, Universidade de São Paulo, Brésil

Jean-Jacques Boutaud, Université de Bourgogne, France

Laurent Gautier, Université de Bourgogne, France

Weiwei Guo, Université Lumière-Lyon 2, France

Patrick Leroyer, Unniversité d’Aahrus

Olivier Méric, Universadad Estatal Amazónica en Puyo, Ecuador & Université de Bourgogne, France

Anne Parizot, Université de Franche-Comté, France

Kilien Stengel, Université de Tours, France

CfP – Terminologies gastronomiques et oenologiques 3 (Tours 2018)

Après Dijon (2016) et Reims (2017), la 3ème édition du colloque #terminologies #gastronomiques et #oenologiques aura lieu Université de Tours le 14.09.2018, organisé par Kilien Stengel
 
Propositions à soumettre jusqu’au 1er mai.
 
#vin #oenologie #gastronomie #alimentation #restauration #culture
 

CfP theme session @GCLA: Frame(s) (Semantics) in Specialized Communication Studies

Frame Semantics in Specialized Communication Studies

 

Proposal for a theme session at DGKL/GCLA 8

University of Koblenz-Landau, Campus Koblenz, Germany, Sept. 26th – 28th, 2018.

In recent years, Frame Semantics – one of the major theories in Cognitive Semantics – has become a subject of intensive research in an ever-increasing number of domains other than lexicography, which had long been its main field of application (first of all in the well-known FrameNet project). This broadening of scope has led to increased attention being paid to the potential of Frame Semantics in potentially “applied” fields as diverse as discourse linguistics (Ziem 2008), constructional approaches to grammar (Lasch & Ziem 2011), conceptual approaches to metaphor (Sullivan 2013), translation studies (Čulo 2013), and beyond linguistics in computer sciences or AI, giving rise to a range of new research methodologies and paradigms. Other domains that have seen increased interest in frame-semantic approaches over the last years are terminology as well as Language for Specific Purposes (LSP) in general (Faber 2012). Furthermore, the application of the frame concept to both the micro- and the macrostructural level of texts offers interesting possibilities regarding its integration into comprehensive models of specialized communication, such as proposed by Schubert (2007).

 

On the basis of this recent development, we invite scholars from different disciplines and working on various languages and specialized domains to discuss the possibilities offered by Frame Semantics and other frame-based approaches to language and knowledge (e. g. Barsalou 1992) in their respective fields of research. The contributions can deal, among others, with

 

  • the potential of Frame Semantics for LSP teachers and learners;
  • the application of frame-based approaches to the terminology and terminography of various specialized domains;
  • the benefits of Frame Semantics for an integrative description of LSP linguistic features (lexico-grammar for instance);
  • corpus-linguistic approaches to Frame Semantics in the context of LSP;
  • the frame-based construction of domain-specific ontologies/taxonomies;
  • the advantages of frame-based lexica, such as FrameNet, in modelling domain-specific knowledge structures;
  • the benefits of implementing domain-specific frame-based resources in machine translation (MT) and computer-assisted translation (CAT) systems.

 

Proposals should be written in English or German and not exceed 200 words (excluding references). They are due by January 25th at the latest, and should be sent to laurent.gautier@u-bourgogne.fr and varga@uni-mainz.de.

 

 

Bibliography

Barsalou, Lawrence W. 1992. Frames, Concepts, and Conceptual Fields. In Adrienne Lehrer & Eva Feder Kittay (eds.), Frames, Fields and Contrasts. New Essays in Semantic and Lexical Organization, 21–74. Hillsdale: Lawrence  Erlbaum Associates.

Čulo, Oliver. 2013. Constructions-and-frames analysis of translations: The interplay of syntax and semantics in translations between English and German. Constructions and Frames 5(2). 143–167.

Faber, Pamela (ed.). 2012. A Cognitive Linguistics View of Terminology and Specialized Language. Berlin ; New York: Mouton de Gruyter.

Lasch, Alexander & Alexander Ziem (eds.). 2011. Konstruktionsgrammatik III: Aktuelle Fragen und Lösungsansätze. Tübingen: Stauffenberg.

Schubert, Klaus. 2007. Wissen, Sprache, Medium, Arbeit: ein integratives Modell der ein- und mehrsprachigen Fachkommunikation. (Forum für Fachsprachen-Forschung Band 76). Tübingen: Gunter Narr.

Sullivan, Karen. 2013. Frames and Constructions in Metaphoric Language. (Constructional Approaches to Language 14). Amsterdam ; Philadelphia: John Benjamins Publishing Company.

Ziem, Alexander. 2008. Frames und sprachliches Wissen: kognitive Aspekte der semantischen Kompetenz. (Sprache Und Wissen 2). Berlin: De Gruyter.

 

CfP Les discours de conjoncture économique en Europe – 4/5 juin 2018

Les discours de conjoncture économique en Europe

Journées d’études, 4 et 5 juin 2018, MSH Dijon

Nouvelle date limite : 15 avril 2018

En écho à la journée de février 2010 consacrée aux Discours de la bourse et de la finance[1], le Laboratoire d’Economie de Dijon (EA 6467) et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) organisent une nouvelle journée d’étude interdisciplinaire sur une thématique plus resserrée, celle des discours de conjoncture économique.

Depuis 10 ans et l’éclatement de la crise dite des « subprimes », les indices de reprise durable sont guettés par l’ensemble des acteurs économiques. Emis par plusieurs acteurs (banquiers centraux, mais aussi instituts de conjoncture, institutions internationales ou think tanks), ces discours a priori spécialisés et professionnels ont une dimension, éminemment performative en ce qu’ils influencent les décisions d’innombrables décideurs, de l’échelle micro au niveau macro-économique. On sait par exemple que la communication des banquiers centraux est devenue un outil de politique monétaire à part entière où chaque inflexion du discours (mais comment les définir et les repérer ?) est censée influencer les anticipations des agents, mais il en est de même pour les instituts de conjoncture, nationaux ou internationaux. Par ailleurs, les notes, rapports et autre policy briefs publiés par les think tank ont un fonctionnement en bien des points comparables. Il est donc logique que ces discours soient particulièrement attendus, analysés et pris en compte par les médias, les investisseurs, les entrepreneurs, les ménages ou les chercheurs et ce d’autant plus que les média sociaux renforcent aujourd’hui considérablement leurs zones de diffusion.

La journée d’études « Discours de conjoncture économique en Europe » vise à réunir des chercheurs de plusieurs disciplines (économie, sciences du langage, sociologie, communication, informatique…) pour étudier ces corpus spécialisés (à l’exclusion donc des discours médiatiques auxquels ils donnent lieu qui ne sont pas des discours spécialisés au sens strict). Des communications sur les conditions d’émission de ces discours, sur leur structuration, sur leur impact sont attendues. On s’intéressera également aux éventuelles modifications dans le statut et les politiques de communication des institutions. Les études s’inscriront dans un/ des paradigme(s) méthodologiques clairement explicité(s) et reposeront sur des données précisément caractérisées. Ces deux journées sont destinées à encourager les échanges entre disciplines et favoriser le dialogue entre les approches.

Le lieu : MSH Dijon

Les dates : 4 et 5 juin 2018

Langues de communication : français / anglais

Une publication collective sous forme d’ouvrage avec chapitres est envisagée à la suite de ces journées. Il ne sera pas édité d’actes proprement dits.

 

Propositions (titre + résumé de 500 mots maximum + 5 références bibliographiques) à envoyer avant le 15 avril 2018 à :

« Laurent Gautier » <Laurent.Gautier@u-bourgogne.fr>; « Ludovic Desmedt » <Ludovic.Desmedt@u-bourgogne.fr>; « Matthieu Llorca  » <Matthieu.Llorca@u-bourgogne.fr

CfP – Séminaire tournant de jurilinguistique – 2ème séance

 « Le droit à l’heure de sa « simplification » : enjeux jurilinguistiques et discursifs »

 

Séminaire tournant de jurilinguistique interlangue, « Les normes et leurs formules »

2ème séance, 30 mars 2018

 

Auditorium de la Maison internationale de la recherche (MIR), Université de Cergy-Pontoise (site de Neuville)

 

Avec le soutien financier de l’Institut d’études avancées de l’université de Cergy-Pontoise, et du laboratoire AGORA.

                                                                    

 

 

Organisateurs :

 

CRTT – Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA656) de l’Université Lumière Lyon 2

Centre Interlangues TIL de l’Université Bourgogne – Franche-Comté (EA4182)

AGORA – (EA 7392) de l’Université de Cergy-Pontoise

 

Argument

Le séminaire tournant de jurilinguistique interlangue, initié par le Centre Interlangues TIL de l’Université Bourgogne – Franche-Comté, le Centre de recherche en Terminologie et Traduction de l’Université Lumière Lyon 2 et l’équipe AGORA de l’Université de Cergy-Pontoise, a pour objectif de constituer un réseau de recherche pérenne, regroupant juristes, terminologues, analystes des discours juridiques et traducteurs autour de « la mise en formule du droit ».

Le thème retenu de la seconde journée : « Le droit à l’heure de sa simplification : enjeux jurilinguistiques et discursifs », fait suite à la discussion menée lors de la première journée d’étude, tenue à la Maison internationale des langues et des cultures (Lyon) le 29 septembre 2017.

Les communicants de la première journée se sont en effet penchés sur les implications terminologiques et discursives d’un phénomène observé par les juristes, celui de la généralisation du « flou du droit » (Delmas-Marty, 1986), c’est-à-dire du recours croissant, dans la rédaction de la norme, à des vocables ambigus, dépourvus de définition, dont la pertinence juridique interroge et dont l’emploi pose problème au législateur, au juge et au justiciable. Ils ont notamment interrogé le caractère « flou, abstrait, naturalisant » du « renouvellement lexical » (Cussó et Gobin 2008 : 7) du droit communautaire et de sa transposition.

  1. Un constat renouvelé

A contrario, depuis le début des années 1990, à l’échelon national comme européen, le droit est marqué par un processus de « simplification » visant à répondre aux constats alarmants de dégradation de la « qualité de la loi », se manifestant par la « prolifération » ou l’« inflation » (Savatier, 1977 : 43) normative, ainsi que par celle d’une « opacité », d’une « obscurité » et d’une « d’ambigüité » croissantes de la lettre législative. Pourtant, comme l’indiquait en 2007 Flückiger : « La critique ne se laisse pas facilement synthétiser, car elle porte sur des points de nature aussi différente que la prolifération ou l’inflation législatives, la concurrence des actes non obligatoires, la prise de conscience d’une normativité graduelle, l’ineffectivité ou l’inefficacité de l’action législative ou encore l’inintelligibilité et l’obscurité des normes, pour n’en citer que les plus marquants. »[1]

Dans une note de synthèse du Service des études juridiques du Sénat de 2007 portant sur « La qualité de la loi », les rédacteurs pointaient en introduction « Le contexte, […] marqué à la fois par la prolifération de normes juridiques de plus en plus complexes et par la dégradation de la qualité de ces normes, comportant le risque d’une insécurité juridique [2]».

Cette note rappelait le constat qui avait poussé le Conseil d’Etat à publier, dès 1991, un rapport public consacré à la sécurité juridique. Il y dénonçait alors « la loi bavarde » ainsi qu’ « un droit mou, un droit flou, un droit à l’état gazeux ». Quinze ans plus tard (2006), le Conseil d’Etat renouvelait son interrogation dans un nouveau rapport consacré à la « Sécurité juridique et la complexité du droit ». Il portait plus loin encore sa critique, dénonçant une menace contre « l’Etat de droit » aux effets néfastes tant pour un législateur « submergé » et « contourné », que pour un usager « égaré », et des juges « perplexes » face à l’application de ce droit.

Dans un entretien accordé en 2006 à la Semaine juridique, la conseillère d’Etat en charge du rapport[3], pointait comme principales causes de ces phénomènes : « la multiplication des sources du droit à un niveau supranational », ainsi que la « multiplication des auteurs de normes, via la décentralisation ». Or, les institutions européennes avaient déjà adopté, en 2003, un Accord interinstitutionnel intitulé « Mieux légiférer », se fixant de vastes objectifs : « Codification, refonte, autorégulation, corégulation, analyses d’impact, consultations etc., les institutions européennes disposent d’une multitude d’outils pour améliorer et simplifier la législation européenne. Par le présent accord interinstitutionnel, elles s’engagent à travailler ensemble afin de mieux légiférer. »

En réalité, dès 2006, le processus de « simplification juridique », de la législation européenne et interne était lancé. Pourtant, en 2016, le Conseil d’Etat publiait son troisième rapport. En introduction, les rédacteurs indiquaient : « Vingt-cinq ans après De la sécurité juridique, dix ans après Sécurité juridique et complexité du droit, le Conseil d’État, tout en saluant les avancées acquises, dresse un bilan décevant de nos outils et de leur application au service de la simplification et de la qualité du droit. »

Depuis une trentaine d’années donc, au niveau national et européen, les initiatives et outils de toute nature se sont multipliés pour répondre à ce constat général. Comment comprendre les échecs observés par le Conseil d’Etat ?

  1. Les outils

Les premiers outils élaborés sont des règles générales dégagées par la jurisprudence constitutionnelle et communautaire. L’impulsion initiale a été donnée par la cour de Justice de l’UE, qui, dans un arrêt de 1981, dégageait le principe de « sécurité juridique », le liant à la notion de « clarté normative » : « §17 Le principe de sécurité juridique exige qu’une réglementation imposant des charges au contribuable soit claire et précise, afin qu’il puisse connaître sans ambiguïté ses droits et obligations et prendre ses dispositions en conséquence » [4].

Ce n’est qu’en 1998 cependant que le Conseil Constitutionnel lui emboitait le pas en dégageant le principe constitutionnel de « clarté de la loi »[5] sur le fondement de l’article 34 de la constitution. Or, ce principe a aujourd’hui été abandonné en raison de son « ambiguïté », la doctrine dénonçant que « le principe de clarté n’est lui-même pas si clair ! » (Flückiger, 2007). S’interrogeant sur un sens « linguistique » du principe de clarté de la loi, synonyme de « concision ou de brièveté », et de sa compatibilité avec l’acception « juridique » de « concrétisabilité »[6], une partie de la doctrine concluait que « Trop simple, trop concise, une loi ne permet en effet plus à son lecteur de prévoir son application à un cas concret ». Le Conseil Constitutionnel semble donc avoir écarté cette règle depuis 2006 pour ne retenir que les « objectifs d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi »[7], dégagés dans une décision de 1999[8] et fondé sur les articles 4, 5, 6 et 16 de la Déclaration de 1789. Au demeurant, il semble que le juge n’ait pas suffisamment défini ce qu’il entendait par « clarté » ni distingué suffisamment ce principe de l’objectif « d’intelligibilité » de la loi.

L’abandon du principe de clarté semble lié en fait à la critique du mythe de la rédaction d’un droit en « plain language ».

Toutefois, la rédaction d’un second outil, le Guide pour l’élaboration des textes législatifs et réglementaires (dit aussi « guide de légistique ») rédigé conjointement par le Conseil d’Etat et le secrétariat général du gouvernement, semble maintenir le principe de clarté dans son acception « linguistique ».

Ce guide, dont la première édition date de 2005[9], accorde une large place aux préconisations rédactionnelles : une rédaction « claire, sobre et grammaticalement correcte », « concise » et « simple », « dénué d’archaïsmes ou de formules trop spécialisées ». La fiche 3.3 (version 2012), consacrée à la « langue du texte » préconise toutefois, et contradictoirement : « d’éviter d’utiliser un terme pour l’autre » puisque « Le corps des règles de droit applicable est fait d’un ensemble de termes qui ont souvent une origine lointaine et ont acquis au fil du temps une acception très précise, qu’il convient de respecter », ainsi que « Le recours à des termes passe-partout, comme les verbes concerner, effectuer, décliner », et aux adverbes inutiles… La version de 2007 proscrivait, dans un chapitre consacré aux « temps et mode », l’emploi du futur de l’indicatif (chapitre abandonné dans la version 2015).

  1. La voie législative

Il faut toutefois souligner que la « simplification » ne se cantonne pas à énumérer des consignes rédactionnelles. Le guide accorde une place conséquente à l’allégement des procédures (suppressions de démarches administratives). Ces préconisations ont été reprises, dès 2007 dans les quatre propositions de loi de simplification et d’amélioration de la qualité du droit déposées par le député Warsmann et adoptées par le Parlement entre 2007 et 2012.

Les deux premières propositions de loi – qui sont respectivement devenues la loi (n°2007-1787) du 20 décembre 2007 relative à la simplification du droit et la loi (n°2009-526) du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures ont eu de lourdes conséquences sur l’économie des textes législatifs et réglementaires. La troisième loi (n°2011-525) du 17 mai 2011 contient quant à elle plusieurs mesures issues du rapport sur la qualité et la simplification du droit ou proposées par les ministères. Les autres sont issues d’un travail réalisé au sein de la commission des Lois avec le concours d’une équipe de juristes et de scientifiques tendant à identifier les normes désuètes, inappliquées ou contraires à des normes supérieures en matière pénale. Certaines mesures proviennent également et directement de sollicitations citoyennes, notamment par l’intermédiaire du site Internet « Simplifions la loi ». Enfin, la loi (n°2012-387) du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allègement des démarches administratives, tend à simplifier l’environnement normatif des entreprises dans l’objectif de limiter les freins à leur développement et à l’embauche. Ce processus de « simplification » est aussi celui qui a conduit à la rédaction, en 2015, du projet de loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dit aussi « loi travail » ou loi « El Khomri » à laquelle a succédé les ordonnances dites « Macron ». Plus généralement, le « choc de simplification » engagé par le précédent gouvernement français (770 mesures) se poursuit et s’accélère.

  1. Les enjeux de la simplification et l’objectif de la seconde journée d’étude

Le mot d’ordre de « simplification » ne puise donc pas uniquement ses motifs dans la tradition fort ancienne de critique, récurrente, envers la piètre qualité de la production législative. Si cet aspect des choses peut être saisi par la jurilinguistique et la légistique (par ailleurs insuffisamment implantée en France), les nombreuses critiques émises à l’égard de ces processus ont des enjeux politiques : « La première tient au fait que la critique a pu être considérée dans une perspective politique comme étant liée à la doctrine libérale. Le rôle de la loi, en tant qu’instrument de gestion des politiques publiques, a en effet été remis en cause au profit de diverses tentatives de déréglementation et de privatisation. » (Flückiger, 2006). Une autre critique est liée au constat que faisait notre réseau dans le précédent appel à communication : « Une nouvelle classification sociétale, juridique et politique est en train de s’imposer, faisant naître un tertium quid où les « formules » introduisent une nouvelle catégorie bouleversant le traditionnel couple terme juridique/terme non-juridique », lié à la remise en cause de l’ordre pyramidal au profit d’un droit « en réseau ». Enfin, il interroge la séparation des pouvoirs : à travers l’objectif d’intelligibilité de la loi se dessine progressivement un contrôle non plus seulement de la constitutionnalité de la loi, mais également de sa normativité. Ceci sera à replacer aussi dans le contexte d’une société en transformation, mondialisée et réticulaire, où se pose la « difficile problématique de l’organisation » (E. Morin)[10] et du dialogue entre ordre, désordre et organisation, car tout système juridique est une manière d’organiser le monde, et la langue qui le parle, une façon de nommer et, donc, catégoriser le réel. Ce dialogue avec notre monde – juridique et non-juridique – d’aujourd’hui impose de « travailler avec l’incertitude » pour (re)trouver le mot juste, le terme précis dans un univers qui n’est plus rationalisé, dans le sens où il était « censé répondre aux modèles logiques de notre esprit », mais qu’on est obligés d’étudier, si l’on souhaite le comprendre, en employant de nouveaux outils, tel un macroscope (Joel de Rosnay)[11] regroupant un ensemble de méthodes provenant de disciplines différentes. Et pour aller au-delà de la simplification, qui par moments risque de rappeler trop le système des objets (J. Baudrillard)[12] superficiel qu’est devenue notre société, on parlera aussi et surtout de clarification du langage juridique, afin de regarder de près les conséquences plurielles de la confusion actuelle, et de chercher ensemble à identifier des solutions possibles afin de retrouver « la justesse des mots » (G. Cornu[13]) dans le dialogue entre la justice et le justiciable.

A travers la question de la simplification du droit se pose, pour les linguistes, celle des rapports entre langue(s), culture(s), et représentation. Loin d’être de simples « codes »,  les langues sont liées aux cultures, et « agir sur les langues, pour Hagège (1985, 204), revient à agir sur « les cultures elles-mêmes ». Langue et culture sont indissociables. Le droit en est une des manifestations les plus évidentes : il incarne au plus haut point le fait culturel d’un peuple » (Gémar 2011). De ce fait, si le discours juridique « est, tout à la fois, un acte linguistique et un acte juridique » (Cornu, que cite Camille Abolou), cette seconde journée d’études devra interroger les modalités réciproques d’intervention du droit sur la langue du droit, et de la langue du droit sur le droit lui-même, notamment en contexte de simplification. Se pose ici le rôle de sémiotisation d’une pratique à travers une terminologie, et l’évaluation de modifications symboliques (du domaine des signes linguistiques) qui doivent accompagner des évolutions juridiques ou institutionnelles.

L’expertise des linguistes peut / doit aussi être mobilisée sur la définition même des notions le plus souvent convoquées : brièveté, concision, intelligibilité ou encore accessibilité. Comme sont-elles définies ? mesurables ? Par ailleurs, étant toutes des notions demandant à être appliquées à un récepteur, comment celui-ci est-il défini ? Les cibles sont-elles aussi homogènes que les mouvements de simplification le laissent entendre ?

La journée d’étude vise donc à accueillir toutes les communications susceptibles d’éclairer ces processus, sur le plan discursif comme dans ses implications jurilinguistiques. Elle s’adresse tant aux terminologues, qu’aux chercheurs en langue juridique et aux juristes. Par ailleurs, d’impulsion européenne, le processus de simplification a cours dans toutes les branches du droit, public comme privé et dans tous les pays de l’Union. A ce titre, les travaux d’analyse comparée des impacts de ce processus dans les droits étrangers et leurs terminologies seront privilégiés.

 

Les propositions de communication comprenant

  • un titre
  • un résumé de maximum 500 mots (hors références bibliographiques)
  • une brève notice bio-bibliographique (incluant l’affiliation des auteurs)

sont à envoyer avant le 15 janvier 2018 simultanément à : julien.longhi@u-cergy.fr ; arthur.joyeux@hotmail.fr ; corina.veleanu@univ-lyon2.fr; laurent.gautier@ubfc.fr

[1] FLÜCKIGER Alexandre, (2007). « Le principe de clarté de la loi ou l’ambiguïté d’un idéal », Cahiers du Conseil constitutionnel, n° 21 Dossier : La normativité – janvier 2007

[2] Sénat, 2007, « La qualité de la loi », Note de synthèse du service des études juridiques, n° 3 – 1 octobre 2007. http://www.senat.fr/notice-rapport/2007/ej03-notice.html

[3] Entretien accordé par Mme Josseline de Clausade, conseiller d’Etat, rapporteur général de la section du rapport et des études du Conseil d’Etat, à la revue JCP/La semaine juridique – Édition générale n° 12 (22 mars 2006)

[4] CJCE, arrêt du 9 juill. 1981, Administration des douanes c/ Société anonyme Gondrand Frères et Société anonyme Garancini, 169/80, § 17

[5] Décision n° 98-401 DC du 10 juin 1998 : « 7. Considérant que, […] le législateur serait resté en-deçà de la compétence que lui confère l’article 34 de la Constitution ; que rendre ainsi le « contenu de la règle qui devra s’appliquer incertain », serait en outre « de nature à faire naître dans l’esprit des destinataires de la loi, l’idée erronée que les éléments de la loi sont d’ores et déjà fixés », ce qui contrevient, selon les requérants, à l’« exigence constitutionnelle de clarté de la loi. »

[6] Flückiger, « La clarté peut en effet être comprise sous un aspect linguistique de lisibilité et de concision. Or, selon les points de vue, elle peut également être reçue sous un angle plus juridique : celui de la concrétisabilité, mettant l’accent sur la précision de l’énoncé ; est clair, dans cette seconde acception, un texte qui fournit à son interprète, aussitôt et sans controverse, la solution précise dans un cas concret. J’en conclus que le principe de clarté est intrinsèquement ambigu, car les deux aspects précédents souvent s’opposent : en poursuivant l’un, le législateur risque de négliger l’autre ; le texte sera clair dans un sens, mais obscur de l’autre, et vice versa.

[7] Le but de ces objectifs est de « prémunir les sujets de droit contre une interprétation contraire à la Constitution ou contre le risque d’arbitraire, sans reporter sur des autorités administratives ou juridictionnelles le soin de fixer des règles dont la détermination n’a été confiée par la Constitution qu’à la loi ».

[8] « 13. Considérant, en deuxième lieu, que l’urgence est au nombre des justifications que le Gouvernement peut invoquer pour recourir à l’article 38 de la Constitution ; qu’en l’espèce, le Gouvernement a apporté au Parlement les précisions nécessaires en rappelant l’intérêt général qui s’attache à l’achèvement des neuf codes mentionnés à l’article 1er, auquel faisait obstacle l’encombrement de l’ordre du jour parlementaire ; que cette finalité répond au demeurant à l’objectif de valeur constitutionnelle d’accessibilité et d’intelligibilité de la loi ;  »

[9] Deux nouvelles éditions augmentées, 2007 et 2015.

[10] Morina, Edgar, Science avec Conscience, Fayard, 1982

[11] Rosnay de, Joel, Le Macroscope : vers une vision globale, Seuil, 1975

[12] Baudrillard, Jean, Le système des objets, Gallimard, 1968.

[13] Cornu, Gérard, Linguistique juridique, Montchrestien, 2005

CfP, Lyon, 2.3.2018 Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Appel à communications

Nouvelle date limite de soumission : 12 janvier 2018

Connaître versus ressentir ? Affects, émotions et expressivité en discours spécialisés

Journée d’études, vendredi 2 mars 2018

Université Lyon 2 Lumière, Maison Internationale des Langues et des Cultures

 

« L’émotion, dans ses variétés historiques, ses nuances, ses déclinaisons, reflète d’abord une culture et un temps. Elle répond à un contexte, épouse un profil de sensibilité, traduit une manière de vivre et d’exister, elle-même dépendante d’un milieu précis, singulier, orientant l’affect et ses intensités. » (G. Vigarello, Histoire des émotions, Paris, Seuil, 2016)

 

La recherche sur les langues de spécialité, puis sur les discours spécialisés, est longtemps partie du postulat selon lequel leurs conditions d’existence interdisaient, par essence, la présence de toute marque émotionnelle, affective ou expressive. Toute entière tournée vers la fonctionnalité et l’efficience, la communication spécialisée était considérée comme intrinsèquement objective, neutre et sans aspérité. Linguistiquement, ce postulat se retrouvait à tous les niveaux de description : au niveau du terme, longtemps réputé n’avoir qu’une face strictement dénotative ; au niveau du style, globalement appréhendé en termes de dépersonnalisation et d’abstraction (nominalisations, désagentivation, emploi de la diathèse passive) ; au niveau du texte à travers des macrostructures souvent envisagées comme non seulement prototypiques, mais aussi contraignantes ne laissant pas de place à la créativité.

La redécouverte de ces mêmes dimensions par les sciences humaines et sociales – dont témoigne la monumentale Histoire des émotions citée ci-dessus – a conduit les travaux récents en langues et cultures de spécialité à intégrer eux aussi ces dimensions, donnant dans le même temps une perspective en quelque sorte « plus humaine », incarnée, aux productions discursives spécialisées, voire techniques, réhabilitant du même coup la présence et l’inscription du locuteur. Et là aussi, ce sont tous les niveaux de description linguistique qui sont concernés : terme, style, texte, mais aussi modalités d’interactions, relations intertextuelles, etc.

A titre d’exemple, Alexandre Flückiger, juriste, remarque : « L’opposition entre raison et émotion est en réalité utilisée à des fins persuasives dans tout processus de décision, que celui-ci soit juridique, politique, économique ou autre : celui qui appelle l’autre à la raison tente en fait de lui montrer qu’il existe d’autres émotions susceptibles de fonder sa décision qui doivent l’emporter ou que certaines émotions peuvent être apaisées. » (2012 : 77). Myriam Revault d’Allonnes note l’évolution vers une nouvelle anthropologie à travers « la promotion de l’individu sur le devant de la scène politique » et où « l’homme de la modernité n’est plus un vivant doué de logos mais un être livré à ses passions. » (1999 : 75). En sciences politiques le rôle des émotions n’est plus un sujet tabou (Reboul, 1981, Braud, 1996, Tournier, 1997, Moïsi, 2008, Thompson & Hogget, 2012, Frank, 2012, Lordon, 2014). En neurosciences affectives, la dimension culturelle de l’émotion est prise en considération en tant qu’élément participant à la structuration de notre représentation du monde (P. Eckmann, 1992, J. Panksepp, 2010, M.-H. Immordino-Yang, 2013, A. Pavlenko, 2014), car l’affectivité nous façonne, pour citer Boris Cyrulnik (1993) : « Dès que perçu, l’objet est interprété. Et l’affectivité, le fait d’être affecté par une perception, crée un monde intime qui va orienter la plupart des décisions, des comportements, des engagements et la représentation du monde des êtres humains. »

La journée d’études, co-organisée par le Centre de Recherche en Terminologie et Traduction (EA 4162) de l’université Lumière Lyon 2 et le Centre Interlangues Texte Image Langage (EA 4182) de l’université de Bourgogne Franche-Comté dans le cadre du programme GRAL (Groupe de Recherche sur les Affects en Langues Etrangères Appliquées), vise ainsi à rassembler des chercheurs en langues et cultures de spécialité pour tout à la fois dresser un état des lieux des travaux sur ces questions et d’autre part tracer des perspectives de recherche alimentant aussi les enseignements supérieurs en LEA et dans le secteur LANSAD, en capitalisant sur les spécificités ainsi mises au jour des langues-cultures sous-jacentes. Cette réflexion est ouverte et bénéficiera grandement des apports qui pourront être partagés par des chercheurs appartenant à d’autres disciplines et qui s’intéressent aux discours et terminologies de spécialité : psychologues, juristes, économistes, neuroscientifiques, anthropologues, politistes, chercheurs en sciences dures, etc.

Les communications s’intéresseront entre autres:

  • A la réflexion théorique et à la délimitation, à des fins heuristiques des notions en jeu ; en particulier pour l’expressivité, catégorie descriptive souvent convoquée, mais dont les fondements conceptuels, pour l’approche des langues-cultures de spécialité, font encore largement défaut ;
  • Aux modalités de constitution de corpus permettant d’aborder ces dimensions ;
  • Aux lieux d’inscription des trois catégories dans les discours spécialisés, tant écrits qu’oraux, et en adéquation avec les spécialités concernées ;
  • Aux apports des travaux d’inspiration cognitive sur l’émotion en discours pour les langues-cultures de spécialité ;
  • Aux conséquences théoriques de ce changement de paradigme pour la définition du spécialisé et des discours spécialisés.

Si des études de cas ponctuelles sont les bienvenues, elles devront explicitement intégrer la dimension théorique esquissée ci-dessus.

Les propositions de communication (résumé de 500 mots présentant explicitement la problématique, le corpus, la méthodologie et les résultats [escomptés]) accompagnés de cinq références bibliographiques sont à adresser avant le 22 décembre 2017 simultanément à :

Corina Veleanu, corina.veleanu@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier, laurent.gautier@ubfc.fr .

Le pré-programme sera diffusé en janvier 2018. Une sélection de communications sera publiée, sous la forme d’un volume collectif structuré, chez un éditeur international dans une collection dédiée après expertise en double-aveugle. Des interactions entre les auteurs des articles seront donc à prévoir pour faire apparaître la cohérence du volume.

 

 

Bibliographie sélective

Braud, P., L’émotion en politique : problèmes d’analyse, Paris, Presses de Sciences Po, 1996.

Cyrulnik, B., « L’affectivité nous façonne », http://www.lexpress.fr/informations/boris-cyrulnik-l-affectivite-nous-faconne_595890.html, 23/09/1993.

Ekman, P., « An Argument for Basic Emotions », Cognition and Emotion, 6/3-4, 1992, 169-200.

Flückiger, A. « Pourquoi respectons-nous la soft law ? », Revue européenne des sciences sociales [En ligne], XLVII-144 | 2009, mis en ligne le 01 mai 2012. URL : http://ress.revues.org/ .

Frank, R.« Émotions mondiales, internationales et transnationales, 1822-1932 », Monde(s), 2012/1, 47-70.

Immordino-Yang, M.-H., “Studying the Effects of Culture by Integrating Neuroscientific With Ethnographic Approaches”, Psychological Inquiry: An International Journal for the Advancement of Psychological Theory, 24/1, 2013, 42-46.

Lordon, F., La société des affects, Paris, Seuil, 2014.

Moïsi, D., La géopolitique de l’émotion : comment les cultures de peur, d’humiliation et d’espoir façonnent le monde, Paris, Flammarion, 2008.

Panksepp, J., Asma, S., Curran, G., Gabriel, G., Greif, T., “The Philosophical Implications of Affective Neuroscience”, Journal of Consciousness Studies, 19/3-4, 2012, 6-48.

Pavlenko, A., The bilingual mind: And what it tells us about language and thought, Cambridge, Cambridge University Press, 2014.

Reboul, O., Langage et idéologie, Paris, Puf, 1981.

Revault d’Allonnes, M., Le dépérissement de la politique, Paris, Flammarion-Aubier, 1999.

Thompson, S., Hoggett, P., Politics and the Emotions, London, Continuum, 2012.

Tournier, M., Des mots en politique, Paris, Klincksieck, 1997.