CfP « Le Dit et le Non-dit », Bucarest, Juin 2015

Colloque International « Langage(s) et Traduction » –

Le Dit et le Non-dit

9-11 juin 2015, Université de Bucarest

 

Ce Colloque de linguistique appliquée est organisé conjointement par les filières de Philologie, LEA et de Traducteurs-Interprètes-Terminologues du Département de français, Faculté des Langues et des Littératures Etrangères de l’Université de Bucarest sous un titre générique qui joue délibérément sur la polysémie du terme de langage – faculté de l’esprit (faculté de langage) et système de signes (langue), mais également, voire surtout usage (style(s), discours) – vise à mieux cerner les rapports entre problématique de la variation linguistique (langages spéciaux /vs/ langage courant /vs/ langage littéraire) et problématique de la traduction, dans une perspective à la fois descriptive et didactique.

Le thème autour duquel se dérouleront les débats entend traiter des diverses théories de l’expression du sens et de la signification en langue et en discours, ainsi que les problèmes de traduction qui peuvent intervenir dans le passage d’une langue source à une langue cible de les unités porteuses d’une composante linguistique et d’une forte composante interculturelle.

Description du projet

La problématique du DIRE (processus d’énonciation), du DIT (sens de l’énoncé, ce que l’on dit lorsqu’on parle), du NON-DIT (tout ce que le locuteur aurait voulu dire sans pour autant s’exprimer explicitement par des mots ou par des signes perceptibles et interprétables par son interlocuteur) a préoccupé depuis toujours les linguistes, les philosophes du langage, les anthropologues, les sémioticiens, les exégètes de l’art. Entre tous ces concepts il y a une relation d’interdépendance : l’un sans l’autre ne fonctionne pas. Préexistant au non-dit, le dit (la parole) « nous accompagne presque à chaque instant, et même le silence, devenu si rare dans les sociétés modernes, prend son sens par rapport à elle. » (Ph. Breton, 2003 : 5.). On pourrait même dire que le non-dit est en fait un dit déguisé derrière les divers mécanismes de production.

Plusieurs perspectives s’ouvrent dans l’analyse de ce phénomène : d’une part, une perspective sémantico-pragmatique (du type O. Ducrot ; voir à cet égard : Dire et ne pas dire, 1972 ; La preuve et le dire, 1974 ; Le dire et le dit, 1984 ; ou bien du type C. Kerbrat-Orecchioni – L’Implicite, 1986 ) faisant des deux phénomènes une question d’interprétation et, d’autre part, une perspective logico-sémantique du type Robert Martin (Langage et croyances, 1987 ; Pour une logique du sens, 1992) qui fait du phénomène du non-dit un élément de calcul du sens.

En deçà du dit du discours ou en delà de l’unité discursive, l’opposition du dit et du non-dit pourrait correspondre à l’opposition entre contenu explicite /vs/ contenu implicite, ou sens dénotatif /vs/ sens connotatif. On parlera ainsi, avec R. Barthes, de l’existence dans la langue d’un contenu manifeste (explicite) et d’un contenu latent (implicite). Pourtant, si pour le dit le terme « explicite » ne fait pas opposition, pour le non-dit, le terme « implicite » n’est pas le synonyme parfait.

Cette distinction apparaît d’une part, dans les recherches de C. Kerbrat-Orecchioni (1986) pour laquelle les seules formes de l’implicite sont la présupposition et le sous-entendu, le reste étant du non-dit, et d’autre part, dans les travaux de Robert Martin qui, se situant dans une sémantique véri-conditionnelle, définit le non-dit comme un phénomène rassemblant « les cas où, pragmatiquement et sémantiquement, l’énoncé induit un énoncé corrélatif, mais dont la valeur de vérité ne dépend pas directement de la valeur de l’énoncé lui-même comme dans l’implication » (1987 : 27). Le rapport entre « complétude » et « non-dit » apparaît clairement dans les recherches dues à Robert Martin (La monovalence de la négation). Etant donné le flou existant dans la structure sémantique des unités composant les séquences discursives, il y aura toujours une quête de la complétude du sens au niveau manifeste, le reste étant affaire de non-dit.

Aspect de l’indécidable et de l’indéterminé, le non-dit est placé par Robert Martin (1987) entre l’ambiguïté et le vague et se distingue de ces concepts par l’absence d’une lecture alternative (pour le premier terme) et par l’absence de liaison avec le continu (pour le second).

Le colloque se propose d’explorer quelques axes de recherche :

En tant que phénomène de nature pragmatique, le dit et le non-dit représentent la production de l’action des instances énonciatives, des règles du discours, de la situation de communication. L’un des axes du colloque est d’essayer de tracer, si c’est le cas, une limite entre les diverses manifestations de l’au-delà du dit : implicite, présuppositions, sous-entendus, allusion, insinuation…et d’autres non-dits. Les modalités de combler ces incomplétudes laissées par la manifestation latente du sens sont une question d’interprétation. Or, « interpréter », signifie dans une lecture de Umberto Eco (Lector in fabula) savoir identifier et lire les non-dits d’un texte.

Le niveau sémantique amène dans la discussion le rôle du co-texte (ou contexte linguistique), du sens dénoté/vs/connoté, du sens conventionnel attribué à un énoncé induit d’un autre, de la polysémie, des sélections sémiques, du changement de sens (la métaphore, le figement, les détournements de sens étant des sources principales de non-dit) et du lieu du non-dit. Nous nous intéressons aussi aux divers déclencheurs sémantico-discursifs du non-dit : négation, adjectifs évaluatifs, connecteurs discursifs, les modes/temps verbaux : conditionnel, imparfait, passé composé, etc.

Nous invitons ainsi à un débat sur l’étendue/les limites de ces marqueurs dans l’expression du dit et du non-dit.

Le niveau morpho-syntaxique nous permet de nous interroger sur les diverses structures génératrices de non-dit. Ce qui est clairement DIT par une séquence discursive correctement construite du point de vue morphosyntaxique peut laisser la place au NON-DIT dans des structures elliptiques, les répétitions (de sons, d’éléments et de structures), des interruptions dans la structure phrastique, tout étant mis en marche pour des raisons stylistiques (niveaux de langue, effets de sens), argumentatives. L’absence d’un composant à l’intérieur d’une phrase comme Sans blague ! Ah, bon ! Qu’importe ! Si j’ose dire…représente une source formelle de non-dit, génératrice d’effets de sens et de stratégies argumentatives.

Au niveau phonétique et phonologique, le colloque invite à l’exploitation des silences dans le discours, des hésitations, des allongements, de l’intonation, de l’intensité de la voix, des inflexions du ton, des exclamatifs, des interjections, des éléments phatiques, du rythme oral et de la prononciation particularisée, autant de manifestations de l’attitude du locuteur qui préfère se servir de ces non-dits pour intensifier l’effet qu’il veut produire sur son interlocuteur/lecteur.

À côté de ces marques d’oralité, le non-dit surgit derrière des marques graphiques : les points de suspension, les phrases inachevées, les divers types de rupture, la commutation des graphèmes, etc.

Si pour le dit on trouve sans difficulté la source (pronoms à la première personne, modalisateurs, déictiques spatiaux et temporels, temps verbaux, références au monde culturel auquel il appartient, l’intertextualité et l’intratextualité, la présence directe des instances énonciatives dans un texte), on peut bien se demander quelle est la source/les sources du non-dit. Quelle est sa nature : verbale, non-verbale ? Langagière ? Culturelle ? Civilisationnelle ?

Ces questions suscitent d’autres distinctions. Il faut savoir qu’on ne pourrait pas toujours poser un signe d’équivalence entre non-dit et non-verbal. La danse, la peinture, par exemple, sont des expressions non-verbales mais qui « disent » un message. La gestuelle se rapproche plus du non-dit, en accompagnant souvent le dit ou en le doublant parfois de façon contradictoire.

« Dit », « non-dit », anthropologie et traduction

– Le non-dit n’est pas toujours lié à la connotation (qui doit être exprimée ou déduite d’une façon ou d’une autre) mais encore à l’absence ou au refus de dire. Nous proposons ainsi de nous rapporter dans notre investigation au domaine de l’anthropologie pour identifier et analyser la manière dans laquelle se manifestent les tabous, les interdits dans divers espaces culturels et civilisationnels. De cette façon, dans l’interprétation des dits et des non-dits il faut faire une large part aux connaissances encyclopédiques, aux savoirs partagés pour pouvoir en trouver la vraie interprétation et les vraies causes du non-dit.

L’analyse à ce niveau s’avère particulièrement importante dans le domaine de la traduction. Passer d’une langue source à une langue cible suppose une réinterprétation du texte de départ pour aboutir au texte d’arrivée, en acceptant toujours les pertes qui peuvent survenir surtout dans la restitution de l’ »implicite culturel ». La difficulté consiste en cette absence d’équivalence terme à terme interlinguale, de correspondance contextuelle et situationnelle car, « il n’y a pas que les contextes patents, il y a les contextes cachés et ce que nous appelons les connotations qui ne sont pas toutes intellectuelles, mais affectives, pas toutes publiques, mais propres à un milieu, à une classe, à un groupe, voire un cercle secret ; il y a ainsi toute la marge dissimulée par la censure, l’interdit, la marge du non-dit, sillonné par toutes les figures du caché. » (P. Ricœur, Sur la traduction, 2004 : 47-48)

Nous invitons à identifier les meilleures stratégies de traduction capables de restituer le plus fidèlement, dans une langue cible, le savoir culturel et civilisationnel du texte de la langue source. Est-ce qu’il y a des « intraduisibles ? » Comment surmonter ces obstacles ?

Les non-dits sont en même temps une source ouverte à une série d’effets indésirables : erreurs d’interprétation, l’impression d’être « visé » par celui qui se sert de cette stratégie, conflits latents. Les questions qu’on peut se poser sont les suivantes : Comment combattre ce phénomène ? Faut-il vraiment le faire ? Et dans quel domaine d’intérêt ?

« Dit », « Non-dit » et Terminologie

Par sa disponibilité naturelle pour exprimer des concepts moins soumis à la polysémie ou à d’autres particularités du langage naturel, la terminologie est dans une moindre mesure lieu du non-dit. La problématique que nous soumettons au débat est de savoir quelle est tout de même la part du non-dit dans ce domaine. Ou encore : quel type de non-dit agit à ce niveau ? dans quel domaine des discours de spécialité se manifeste le non-dit le plus fréquemment ? est-ce le non-dit une source d’innovation en terminologie ?

« Dit », « Non-dit » et didactique des langues

Les questions qui nous préoccupent dans ce domaine se rapportent aux moyens, aux stratégies didactiques et aux techniques d’enseignement/apprentissage à même de faciliter la gestion du non-dit et du dit dans la transmission/assimilation du savoir. On peut centrer également notre intérêt sur l’exploitation de l’erreur comme source du dit détourné et générateur de non-dit. Loin d’envisager encore l’erreur comme déclencheur de punition, elle doit être transformée en instrument didactique de remédiation  aux insuffisances qui l’ont produite.

Principaux axes de recherche :

 

Langage(s) :

– caractéristiques sémantico-lexicales, syntaxiques et pragmatico-argumentatives des langages spéciaux par rapport à la fois à la langue commune/ au discours quotidien, et à la langue et au discours littéraire ;

– théorie et pratique de la terminologie bi- ou multilingue ;

– pédagogie des langages spéciaux et de la terminologie.

Traduction :

– aspects linguistiques et méthodologiques de la traduction de textes spécialisés ou non spécialisés (dont les textes littéraires) ;

– traduction, anthropologie et gestion de l’interculturel ;

– pédagogie de la traduction (spécialisée, littéraire, …) ;

– théories de la traduction.

Sections :

Phonétique et Morpho-syntaxe

Sémantique et Lexicologie

Terminologie.

Langages spéciaux

Traduction spécialisée /vs/ Traduction littéraire.

Anthropologie et Langage quotidien et littéraire

Sémiotique, Sémiologie

Pragmatique et Argumentation

Didactique – enseignement/apprentissage du FLE, FOS, FOU

Soumission des propositions :

Les propositions (en français, roumain, espagnol, italien, anglais) comprendront :

  • un titre,
  • cinq mots clefs,
  • une bibliographie de quatre titres maximum
  • développement en 500 mots environ présentant la problématique, le cadre méthodologique, le corpus analysé, les principaux résultats escomptés.

Les communications donneront lieu, après expertise des textes définitifs par le comité scientifique, à une publication en volume. Les actes du colloque seront publiés en volume aux Éditions de l’Université de Bucarest. Les auteurs sont priés d’indiquer de manière explicite la section à laquelle ils voudront s’inscrire. Les propositions seront soumises avant le 30 janvier 2015 à l’une des adresses suivantes :

soniaberbinski@yahoo.com

dandobre26@yahoo.fr

Organisation des interventions :

  • Communications individuelles (20 minutes+10 minutes de débats/questions)
  • Tables rondes (4 intervenants pour 45 min + 15 min d’échanges)
  • Conférences plénières (45 minutes + 10 minutes de débats/questions)

 

Calendrier :

1er appel à communications : 30 novembre 2014

2ème appel à communications : 30 décembre 2014

3ème appel à communications : 30 janvier 2015

Notification aux auteurs : 15 février 2015

Colloque : Travaux du colloque : 9-11 juin 2015

Comité scientifique :

 

Jean-Claude Anscombre (Université Paris XIII)

Sonia Berbinski (Université de Bucarest)

Laura Cîtu (Université de Pitesti)

Lidia Cotea (Université de Bucarest)

Anca Cosaceanu (Université de Bucarest)

Alexandra Cunita, (Université de Bucarest)

Dan Dobre (Université de Bucarest)

Anca Gâta (Université « Dunarea de Jos », Galati)

Laurent Gautier (Université de Bourgogne)

Anne-Marie Houdebine (Université René Descartes, Paris V)

Mohammed Jadir (Université Hassan II, Mohammedia, Maroc)

Ioan Pânzaru (Université de Bucarest)

Marina Paunescu (Université de Bucarest)

Henri Portine (Université Bordeaux3, France)

Toader Saulea (Université de Bucarest)

Brândusa Steiciuc (Université « Stefan cel Mare », Suceava)

Anca Marina Velicu (Université de Bucarest)

Halina Widła (Université de Silésie, Pologne)

 

Comité d’organisation :

 

Sonia Berbinski, Université de Bucarest : soniaberbinski@yahoo.com

Fréderic Bonnor, Université de Bucarest : frederic.bonnor@gmail.com

Lidia Cotea : lidiacotea@gmail.com

Ileana Mihaila: ileanamihaila59@yahoo.com

Lucia Visinescu : lucia.visinescu@gmail.com

Anca Velicu : ancamarinavelicu@gmail.com

 

Frais de participation:

Les frais de participation de 80 Euros/60 pour les doctorants couvrent les pauses-café, le dossier du colloque, la publication des Actes du colloque et un repas festif. Les modalités de paiement seront indiquées après l’acceptation de la proposition, avant le 15 mars 2015.

Le comité d’organisation mettra à la disposition des participants l’offre d’hébergement pour la période du déroulement des travaux. Les frais d’inscription, de transport, d’hébergement et d’envoi du volume sont à la charge des participants.

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CfP Les corpus et l’allemand de spécialité , 17 novembre 2014

APPEL A COMMUNICATIONS

Journée d’études du GERALS à l’Université du Havre

Vendredi 7 novembre 2014

Les corpus et l’allemand de spécialité 

 

Coorganisateurs: GERALS, Groupe de Recherche et d’Etude en Allemande de Spécialité,

CIRTAI, Centre interdisciplinaire de recherche en sciences humaines sur les mobilités – Identités et différenciations dans les espaces, l’environnement et les sociétés (UMR CNRS IDEES 6228), Faculté des Affaires Internationales de l’Université du Havre.

Comité d’organisation: Jean-Marc DELAGNEAU (Université du Havre), Laurent GAUTIER (Université de Dijon), Thierry GRASS (Université de Strasbourg)

 

Après deux premières journées organisées à Grenoble (mars 2012), puis Strasbourg (mars 2013), le GERALS souhaite consacrer sa deuxième manifestation scientifique à une problématique d’inspiration plus méthodologique, celle des corpus en tant que supports de l’enseignement et de la recherche en allemand de spécialité.

Cette thématique semble en effet s’imposer pour plusieurs raisons :

  • tant l’enseignement que la recherche en allemand de spécialité repose sur l’identification et la compilation de corpus authentiques adéquats qui ne peuvent être saisis de façon satisfaisante par une définition négative comme « discours non-littéraires » ;
  • l’essor des corpus en ligne, souvent de très grande taille et bien documentés – tant en métadonnées qu’en informations morphosyntaxiques, voire sémantiques – permet de travailler un type donné d’allemand de spécialité in vivo (lexique, macrostructures textuelles, constructions, etc.), mais à la condition sine quoi non de disposer des outils conceptuels et méthodologiques idoines ;
  • la terminologie – qui a longtemps constitué, de façon réductrice, l’unique porte d’entrée dans ce que l’on appelait encore « langues de spécialité » – est non seulement aujourd’hui en grande partie alimentée par les corpus, mais ces derniers ont aussi eu pour effet de revitaliser le terme envisagé au sein de sa mise en texte et de la place qu’il occupe dans l’organisation conceptuelle de la spécialité visée ;
  • la didactique intègre désormais elle aussi de plus en plus les acquis de la linguistique de corpus permettant ainsi aux apprenants de s’approprier eux-mêmes ces ressources pour en faire de véritables aides au niveau de la production.

Au vu de ce contexte général, le GERALS invite donc tous les collègues engagés dans l’enseignement et la recherche en allemand de spécialité, ainsi que dans une perspective interdisciplinaire les collègues experts dans l’utilisation et la diffusion d’outils spécifiques d’analyses des corpus au niveau recherche comme enseignement, de partager leurs expériences et leurs réflexions, autour des questions suivantes (liste non exhaustive) :

  • quels corpus pour les langues de spécialité et quel allemand de spécialité  (spécialisé professionnel, spécialisé académique, discours de vulgarisation) ?
  • utiliser les corpus existants ou constituer son propre corpus ? selon quels standards ?
  • quelle synergie entre germanistes et experts des spécialités pour la constitution des corpus ?
  • quelle place pour les corpus d’interactions orales ?
  • comment passer du corpus de recherche au corpus d’enseignement ?
  • quels outils pour l’analyse des corpus dans leurs approches scientifiques et pédagogiques ?

 

Les collègues désirant présenter une communication sont priés d’envoyer leur propositions (titre + résumé de maxi 500 mots) avant le 15 octobre 2014 à l’adresse jmarcdelagneau@wanadoo.fr. Les contributions retenues pourront être présentées en français ou en allemand.

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Bulletin d’inscription

 

Nom :                                                              Prénom :

Etablissement :

Adresse postale de contact :

 

Courriel :

0 participera à la journée d’études du GERALS le 7.11. 2014 au Havre

0 présentera une communication (proposition ci-jointe)

 

Bulletin à renvoyer sous forme électronique à jmarcdelagneau@wanadoo.fr

Naming sensory impressions in winespeak between professionals and non-professionals

Paper presented at ALAPP2014, Geneva, 11th Sept.

Naming sensory impressions in winespeak between professionals and non-professionals

Laurent Gautier (Dijon)

<Topic> Connections between semantics — for instance, cognitive semantic models such as prototype theory — and sensory analysis have often been studied from an interdisciplinary perspective involving disciplines such as linguistics, cognitive psychology, and chemistry. Among the many fields concerned with this topic, this paper will focus on the particular case of winespeak and especially on the co-construction of a shared knowledge between professionals and consumers. The hypothesis to be verified is (i) that objectivist and strict terminological approaches can not account for the processes at work when professionals and non professionals try to agree on the ‘specialized meaning’ of so-called wine tasting descriptors and (ii) that a constructivist perspective should be preferred in order to improve the communication within this particular sphere, especially from a marketing perspective.

<Theoretical orientation> The theoretical background of the study is discourse analysis applied to a specialized field: in this sense, it forms part of what Schubert (2010) labels ‘specialized communication studies’, with a special focus on authentic situated oral interactions. Accordingly, the terminological dimension of the paper is cognitive-oriented as it considers terminology not at the system level, but in use, and linked to the construction of mental representations that are shaped, at least to some extent, by the discourse itself. It thus focuses on the communicative aspects of term use by professionals.

<Empirical field> The paper will build on three sets of data dealing with the question of how wine descriptors that seem to be explicit to experts can in fact be unclear to consumers. Furthermore, those corpora show how meaning needs to be negotiated within verbal interactions:

  • Results of an online survey filled in by both professionals and non professionals (around 1800 responses for each group) on their understanding and their representation of the concept of ‘minerality’ in wine. This second corpus aims at showing the potential gap between the two communities not only within the definition of the concept but also — at a metalinguistic level — regarding the status of the word they use (technical term or not). This example was chosen because of its recent use in the wine industry and marketing. It leads us to the constructivist approach that can only be implemented with authentic situated corpora.
  • Recordings of prototypical wine tasting situations where professionals present wines to an audience of consumers and potential buyers who do not have high skills in the field. The aim of this second corpus is to bring to light — at a very general level — the strategies used by professionals to introduce specific sensory concepts and by listeners to build ‘their’ mental representation of those concepts linked with the sensory impressions they have when tasting the wine.
  • In-depth interviews with professionals aimed at discussing key communication issues that were identified through the survey and the wine tasting recordings. This third corpus is explicitly metalinguistically oriented and enables us to approach aspects of definition and also the professionals’ awareness of and sensitivity to possible communication disorders that can influence the consumers’ choice.

 

Suitable conference topics:

  • Skills and competence development through language and communication
  • Linguistic and semiotic aspects of professional expertise

 

Keywords:

professional interactions, discourse analysis, cognitive semantics, terminology, sensory analysis

Conference: Complémentarité des discours professionnels du guide touristique et de l’audio-guide dans une approche multimodale.

Communication au colloque « Applied Linguistics and Professional Practice »

Genève – Jeudi 11 septembre 2014

Olivier Méric / Laurent Gautier

Complémentarité des discours professionnels du guide touristique et de l’audio-guide dans une approche multimodale.

Le développement des nouvelles technologies et l’extension des réseaux de communication ont rendu la connectivité disponible à chaque instant, la réalité “connectée”, voire augmentée (Fèvre, Plantier, 2010) qui en résulte, a conduit à l’émergence de nouveaux services professionnels associés à de nouvelles formes de discours, diversifiant ainsi une offre plus conventionnelle. Dans le domaine du tourisme, les organismes exploitant des sites d’intérêt touristique proposent souvent aux visiteurs un audio-guide et/ou une visite commentée de leurs attractions. Dans ce contexte, la communication proposée a pour objectif de mettre en évidence la complémentarité discursive entre ces options qui, intégrées à une approche multimodale, peuvent concourir à améliorer les prestations offertes.

La linguistique sur corpus appliquée à des discours professionnels tels que définis par Petit (2010) permet la mise en évidence, de manière empirique et inductive, des caractéristiques intrinsèques des discours constitutifs des corpus choisis. Dans le cas présent, une analyse statistique approfondie et descriptive des corpus permet la construction et la comparaison des moules discursifs sous-jacents aux deux situations communicatives précédemment mentionnées et dont l’une est tributaire d’un dispositif socio-technique. En accord avec l’approche fonctionnaliste proposée par Newmeyer (1998 : 17), les résultats de cette comparaison seront interprétés sur la base du lien étroit entre la forme et les fonctions pragmatiques du discours au niveau des flexions du verbe et des déictiques pour déterminer leur niveau de complémentarité.

Le corpus interrogé est constitué de textes francophones issus de transcriptions d’enregistrements audio et de textes directement rédigés en vue de la création des audio-guides. Le résultat obtenu est l’étude d’un sous-corpus de textes écrits pour l’oral mis en parallèle avec un sous-corpus de textes oraux, les deux étant comparés sur la base d’un continuum de proximité – distance inspiré du concept défini par Koch et Oesterreicher (2001).

La construction de ces sous-corpus observe des règles simples de représentativité du domaine étudié, en l’occurrence une sélection quantitativement équilibrée en nombre et en extension des textes transcrits et écrits. L’utilisation d’un programme informatique pour l’analyse statistique et quantitative des occurrences des phénomènes linguistiques présents dans chaque échantillon permet la description et la comparaison des moules discursifs utilisés dans chaque situation communicative.

Au regard des deux prestations discursives différentes proposées dans un même contexte de pratique professionnelle relative à la visite d’un site touristique, l’étude s’inscrit dans le thème général “Multimodality in professional practice and vocational learning”.

 

Fèvre, Jessica, Plantier, Bruno, 2010, ‘Expérience de réalité augmentée au sein du château de Vincennes. Le cabinet de travail de Charles V’, dans Actes du colloque Virtual Retrospect 2009, Archéovision 4, pp. 123-127, Edition Ausonius, Bordeaux

Koch Peter & Wulf Œsterreicher, 2001, ‘Langage parlé et langage écrit’, in Lexikon der Romanistischen Linguistik, tome 1, 584-627, Tübingen, Max Niemeyer Verlag

Newmeyer, Frederick, 1998, Language Form and Language Function. Cambridge, MA: MIT Press.

Petit, M., (2010), Le discours spécialisé et le spécialisé du discours : repères pour l’analyse du discours en anglais de spécialité, E-rea [En ligne], disponible à http://erea.revues.org/1400 (dernier accès le 30/09/2013); DOI : 10.4000/erea.1400

Mots-clés : discours touristique, corpus, multimodal, audio-guide, visite guidée

CfP Parler du sport à l’ère du numérique, Dijon, 27 mars 2015

Journée d’étude le 27 mars 2015

Hélène Fretel / Stéphanie Benoist

Axe : Modèles et Discours

 Parler du sport à l’ère du numérique

Depuis près de 20 ans, le corpus électronique fait l’objet de diverses recherches. Il a d’abord été question de décrire des formes (discursives, textuelles, linguistiques) nouvelles en mettant l’accent sur tout ce qui différait du support papier ou d’identifier dans des corpus électroniques le « connu ». Nous proposons dans cette journée d’étude, de nous centrer sur un corpus particulier, celui du discours sportif.

Le commentaire sportif a déjà fait l’objet d’études nombreuses mais pas (ou peu) dans sa variante « médiatisée par ordinateur ». Relevant normalement de l’oral, le commentaire sportif en direct prend pourtant souvent des formes écrites sur internet, sur les mobiles ou sur les tablettes numériques. Nous placerons notre journée sous l’angle de la variation. Les approches pourront être comparatives, contrastives et diachroniques. Nous tenterons de répondre aux questions suivantes :

– le commentaire sportif médiatisé par ordinateur : continuité ou nouveauté ?

– peut-on identifier des pratiques d’écriture en ligne spécifiques au domaine sportif ? à un type de sport ? ou sont-elles identiques à celles d’autres communautés (blogs culinaires, forums sur les jeux vidéo…) ?

– sont-elles les mêmes dans toutes les langues ?

– quel rôle joue le support sur la communication ? (radio -oral; télévision -audiovisuel; internet –écrit-visuel et/ou audio-écrit-visuel ; mobile ; variations texte papier-texte internet) Comment le support modifie-t-il ou conditionne-t-il le discours ?

– quels rôles jouent l’espace, le temps sur le commentaire ? (commentaire en direct vs commentaire en différé)

Les analyses pourront porter entre autres sur :

–          la question de l’hybridation entre l’écrit et l’oral, les marqueurs d’oralité à l’écrit, les traces de l’écrit dans l’oral, l’écrit spontané, l’écrit différé, la transcription de l’oral (chants des supporters, par exemple),

–          la (dis)continuité,

–          les interactions verbales,

–          l’interaction et la transmission,

–          le plurilinguisme électronique (commentaires en ligne en direct ou en différé, forums, blogs, chats, tweets…)

–          l’expression des émotions dans les interactions communicatives

–          le lexique du sport : voit-on émerger de nouvelles formes ?

Approches : linguistiques, communicationnelles

Contacts : Hélène Fretel (hfretel@free.fr) et Stéphanie Benoist (benoist.stephanie@orange.fr)

Date limite d’envoi des propositions de communication : 15 décembre 2014.