CfP, Lange et droit, new deadline 15 May

Nouvelle date limite de soumission : 15 mai 2014

Langue et droit

Etat des lieux et perspectives de la recherche

 

Tozeur (Tunisie) – 19-21 novembre 2014

 

Si les liens entre langue et droit ont souvent été considérés comme allant de soi (à travers des adages comme « Le droit a besoin de la langue pour exister »), leur étude précise et approfondie ne peut se faire ni au sein des seules sciences juridiques, ni au sein des seules sciences du langage. Dans cet évident contexte de dialogue des disciplines, le présent colloque souhaiterait donc interroger la contribution de la recherche francophone non seulement à l’intérieur de la ‘jurilinguistique’, mais de façon plus large dans toutes les disciplines – ou plutôt : à l’intersection entre toutes les disciplines – ayant pour objet l’étude des discours juridiques au sens large, sans exclusive d’écoles ou d’approches théoriques et méthodologiques.

Au vu de la littérature existante et des tendances de la recherche actuelle sur ce sujet, l’accent sera mis sur les 4 axes suivants :

 

  1. Approches pragmatiques des discours juridiques : si la théorie des Actes de Langage, en particulier à travers la catégorie de la performativité, est généralement convoquée par principe pour l’approche discursive du droit, des analyses concrètes et empiriquement fondées sont encore nécessaires dans plusieurs domaines, par exemple au niveau de l’expression des modalités déontiques (le permis et l’interdit, l’obligation et la possibilité, etc.), au niveau de l’inscription de la logique juridique dans le discours ou encore au niveau des participants à ce qu’il est convenu d’appeler l’interaction juridique. Ces interrogations pourront amener à aborder la question des modes et des limites de l’interprétation des discours juridiques et à considérer leur inscription au sein de la catégorie des discours constituants. Par ailleurs, bien que le langage juridique soit censé exprimer des concepts précis, il comporte des concepts vagues, qui ne peuvent être définis. En droit tunisien, le discours juridique contient des « notions floues » telles que bon goût, bon père de famille, bonnes mœurs, bonne foi, intérêt, ordre public, …Ces notions floues relèvent d’un paradoxe : les termes plus précis sont moins confus et en même temps moins avantageux, les termes vagues ne constituent pourtant pas une entrave à la compréhension, mais ils concurrent à la bonne réalisation du droit.L’inintelligibilité et l’obscurité des normes juridiques est-elle à l’origine de l’ineffectivité ou l’inefficacité de l’action législative ?
  2. Approches formulaires des discours juridiques : par delà les nombreux travaux abordant les discours juridiques à travers l’angle terminologique et phraséologique, on s’intéressera à leur possible étude en termes de formules permettant d’éclairer d’un jour nouveau nombre de problématiques discursives : typologie de ces discours, théorie des genres oratoires, accessibilité des contenus, etc. Ce sera aussi l’occasion, dans des études contrastives, de dégager les parts d’universel et de culturellement spécifique.
  3. Circulation et appropriation des discours juridiques : ce dernier angle d’attaque privilégiera le ‘devenir’ des discours juridiques dès qu’ils quittent la sphère spécialisée (professionnelle ou académique) qui a présidé à leur production. On les abordera donc essentiellement au niveau de leur réception et/ou de leur passage dans d’autres sphères discursives (discours politique, médiatique par exemple). On pourra, ce faisant les aborder sous l’angle polyphonique.
  4. Approches en TAL : un dernier axe de recherche plus appliquée regroupera enfin des études analysant de vastes corpus juridiques en termes de traitement automatique que ce soit pour la fouille de données ou en vue de la traduction.

 

Les propositions de communication (titre + 5 mots clefs + résumé de 500 mots + 5 références bibliographiques) devront préciser dans quel axe elles s’inscrivent  et expliciter clairement la problématique, le corpus interrogé, la méthodologie employée et les principaux résultats. Elles seront envoyées avant le 15 mai 2014 aux deux adresses laurent.gautier@u-bourgogne.fr et mohamedbouattour@yahoo.fr.

 

Une sélection de communications fera l’objet, après expertise en double aveugle par le comité scientifique, d’une publication sous forme d’ouvrage avec chapitres.

 

Calendrier

Lancement de l’appel : 20 janvier 2014

Date limite pour la soumission de propositions : 15 mai 2014

Décision du comité scientifique : 31 mai 2014

Colloque : 19-21 novembre 2014

 

Frais d’inscription (Ces montants sont des maximums en fonction du programme social proposé : sorties, musées et dîner gala dans le désert sous forme de village berbère. Ils seront payables à l’hôtel. Des détails seront donnés ultérieurement.) :

Enseignants-chercheurs : 100 euros

Doctorants : 50 euros

 

Comité d’organisation

Mohamed Bouattour, Professeur, Sfax

Laurent Gautier, Professeur, Dijon

Arthur Joyeux, Doctorant, Besançon

Larbi, Béchir

Mselmi Mohamed, Professeur, Sfax

Rochdi Fki, Professeur, Sfax

 

Comité scientifique

Béchir Larbi, Professeur, Sfax

Mohamed Bouattour, Professeur, Sfax

Rochdi Fki, Professeur, Sfax

Sami Jribi, Professeur, Sfax

Laurent Gautier, Professeur, Dijon

John Humbley, Professeur, Paris-Diderot

Pierre Lerat, Professeur émérite, Paris 13

Philippe Monneret, Professeur, Dijon

Cristiana Teodorescu, Professeur, Craiova

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CfP Nouvelles approches terminologiques, new deadline 10.05

New deadline : 10.05.2014

 

26 juin 2014

Journée d’étude

Ere des discours « experts » et dilution des frontières institutionnelles :

Nouvelles approches terminologiques

 

Grand Salon, UFR SLHS, Université de Franche-Comté

 

Les travaux en terminologie et sur les discours de spécialité ont fréquemment été considérés comme des branches pauvres et austères des recherches en sciences du langage. Les équipes de recherche, en dehors des laboratoires développant une recherche terminologique dans une perspective sociolinguistique[1], ont, jusqu’à peu, le plus souvent travaillé à la marge des recherches en linguistique générale. Les recherches en terminologie sont en effet le plus souvent victimes d’une illusion entretenue par la tradition rationaliste ou sensualiste françaises, initiée notamment par Condillac formulant la nécessité pour faire avancer les sciences d’avoir une langue bien faiteet poursuivie par M. Bréal pour lequel les « langues artificielles » comme la « nomenclature chimique par exemple » sont « une sorte de catalogue parlé », un « idiome qui n’arrive à la précision que par la plus stricte spécialité, au contraire du langage ordinaire » (Les idées latentes du langage, 1868).

Le pionnier de la terminologie, E. Würster – dont on redécouvre progressivement l’œuvre à la lumière de travaux récents sur sa réception comme ceux de Danielle Candel et John Humbley –, se situait lui-même dans cette démarche positiviste que, d’une certaine manière, les développements des sciences et des techniques rendent toujours nécessaire. Cette exigence, dont l’initiative de Condillac et des Idéologues ne sont que l’expression ultime, a été en effet un puissant moteur de création néologique et grammaticale depuis six siècles et, en dernière analyse, ont largement contribué à l’enrichissement des langues. Pour autant, participer activement aux politiques linguistiques (en particulier dans les cadres des commissions générales et spécialisées de terminologie et de néologie), comme c’est le cas de la France, ne peut obérer les recherches critiques qui permettent de remettre les recherches terminologiques au cœur des enjeux linguistiques et discursifs.

Si la compréhension des discours spécialisés nécessite la connaissance de l’appareil conceptuel dont les termes sont les représentants langagiers, la circulation des termes en synchronie et diachronie, la construction du sens en discours spécialisé – jusque dans les interactions orales –, les problématiques liées à la vulgarisation des connaissances et à la diffusion internationale, le développement des discours « experts » et la dilution des frontières institutionnelles, exigent de réinterroger la spécificité des emplois terminologiques.

Nous invitons ici à entrevoir la terminologie dans une dimension sociocritique, comme toute « sémantique du discours car elle relie la production des sens des termes avec les conditions de leur apparition » (Gaudin 2010). La circulation des termes sera envisagée sous l’angle de la diversité de leurs usages sociaux, ce qui englobe à la fois l’étude des conditions de circulation et d’appropriation des termes envisagés comme des signes et non comme des étiquettes de concepts. On privilégiera ainsi l’exploration de l’emploi terminologique dans des corpus moins « canoniques » et dans des champs de spécialité aux contours plus fous que dans les travaux usuels visant la constitution de bases de données qui de facto ne constituent pas le cœur de cible de cette journée.

 

Les personnes intéressées pour intervenir à cette journée d’études sont priées d’envoyer leur proposition (titre + résumé de 400-500 mots présentant le type de discours spécialisé, la problématique et le corpus d’étude) avant le 10 mai 2014 à arthur.joyeux@univ-fcomte.fr et laurent.gautier@u-bourgogne.fr.

 

Organisation et coordination scientifique :

Laurent Gautier (MSH Dijon [USR CNRS-uB 3516] & Centre Interlangues TIL [EA4182])

Arthur Joyeux (ELLIAD-LLC [EA4661], UFC)

 

[1] Nous pouvons évoquer par exemple en France le laboratoire rouennais, regroupant, à l’initiative de Guilbert, des chercheurs d’importance comme P. Lerat, Y. Gambier, F. Gaudin, ainsi que la dynamique recherche québécoise de l’Université de Laval, dans le cadre de la construction de l’Office de Langue Française, autour des travaux de P. Auger, dans une perspective plus spécifique d’aménagement linguistique.