10 jan. 2013 – Les romanistes allemands dans l’émergence de la linguistique

Laurent Gautier, MCF-HDR Université de Bourgogne, TIL
Katja Ploog, MCF-HDR Université de Franche-Comté, LLC-Elliadd

Dans le cadre de la traduction scientifique de deux auteurs germaniques, Hugo Schuchardt et Jost Trier, qui ont contribué à la formalisation de la linguistique avant et après Saussure, nous proposons un cycle de deux ateliers de réflexion autour des travaux de ces linguistes à l’importance certaine pour une linguistique générale en devenir. Ces ateliers sont proposés aux collègues et aux étudiants en études germaniques et en sciences du langage. Les connaissances en langue allemande ne constituent pas une condition d’accès ces ateliers, dont le but consiste précisément à « baliser » ces terrains assez peu connus en France.

1. De concept en concept (Dijon, le 10 janvier 2013, 13 h 30 – 17 heures, Maison des Sciences de l’Homme de Dijon, salle des Conseils)
Le premier atelier sera axé sur des questions épistémologiques, en cherchant à problématiser l’émergence de la discipline elle-même, au travers de ses concepts fondateurs, comme p.ex. le système, l’évolution, les champs sémantiques…
L’un des focus des travaux de Schuchardt, est la problématique du contact de langues, facteur majeur du changement linguistique. En cela, Schuchardt s’inscrit résolument en faux par rapport aux courants majeurs de son temps, les Néogrammairiens d’abord, préoccupés par l’identification des lois linguistiques, le structuralisme naissant ensuite, qui relaya en linguistique le dogme social de l’état national et des frontières. La réflexion proposée par K.Ploog prendra dans le viseur le texte « Slawo-deutsches und slawo-italienisches » (1884), celle de A.Joyeux cherchera à situer les réflexions linguistiques dans leur contexte historique, social et scientifique.
Du côté dijonnais, on s’intéressera davantage à l’oeuvre de Jost Trier et à son apport au développement de la sémantique. Il s’agira essentiellement de mettre en lumière la place des préoccupations sémantiques chez l’auteur en question et la spécificité de son apport. Sur cette base, on s’interrogera sur la réception dont il a fait l’objet en linguistique française.

2. D’une langue à l’autre (Besançon, le 11 avril 2013, 14-18h)
Le second atelier sera consacré aux problèmes de la traduction scientifique. Avec les éditions Lambert Lucas, nos collègues Gautier (UB) et Ploog (UFC) sont investis dans la publication d’éditions bilingues de ces auteurs. En dehors de la difficulté des choix de textes, le travail de transposition de la pensée linguistique soulève les questions propres à toute traduction, dont la difficulté se trouve accentuée par le caractère fluctuant du métalangage en devenir : faut-il moderniser le vocabulaire ? lisser le style ? traduire les exemples ? intégrer un appareil critique développé ? adapter le métalangage à la tradition française ?
Les enjeux des réponses apportées à ces questions sont autant l’accessibilité des textes aux étudiants et néophytes que le respect de la pensée de l’auteur sans pour autant virer à l’édition critique. Dans l’optique d’un souhait de diffusion, à un public francophone, de la pensée de ces auteurs, on s’interrogera également sur la place à accorder, par exemple dans les textes introductifs et de présentation, à leur réception en dehors de l’espace germanophone.