Dijon 13.10.2017 « Approches diachroniques des discours et cultures de spécialité

Dossier thématique pour Textes & Contextes 2018

Revue en ligne de l’EA4182 – Univ. Bourgogne Franche-Comté

 

APPROCHES DIACHRONIQUES DES DISCOURS ET CULTURES SPECIALISES

 

Programme de la journée d’étude du 13 octobre 2017

Lieu : Salle du conseil – Maison des Sciences de l’Homme – Dijon

 

9H30 : Accueil des participants

9H45 : Ouverture (D Carnet – JP Charpy – L Gautier – S Patin)

 

10H – 11h30 :

David Banks (Université de Bretagne Occidentale): The effects of revolution and war on academic discourse, 1785-1835.

Juan José Calvo (Université de Valence –Esp.): Table vs. mete boord : Old French culinary terms and Germanic native vocabulary in two late Middle English cookery books.

Margaux Coutherut (Université Paris 8) : Les recettes de cuisine en anglais du Moyen-Âge à nos jours : évolutions structurelle, syntaxique, lexicale.

Pascaline Dury (Université Lumière Lyon 2): La “médicalisation” de la terminologie du textile en anglais, une analyse diachronique en corpus.

Caroline Benedetto (Université de Bordeaux): les guides des bonnes pratiques médicales : un discours spécialisé en mutation ?

 

11H30 – 11H45 : pause café

 

11H45 – 12H45 :

Sonja Molnar (Université de Salzbourg): Genre innovation and product presentation in 400 years of advertising culture.

Jessica Stark (ENS Paris-Saclay): “Les manuels diplomatiques”, vecteurs de spécialisation de l’anglais de la diplomatie (1603-1017).

Mathilde Gaillard (ENS Cachan): Emergence et cristallisation d’un milieu spécialisé hybride : les think tanks aux Etats-Unis.

Philippe Millot (Université Jean Moulin Lyon 3): La néologie en sciences de l’information: étude sur corpus diachronique d’un nouveau domaine spécialisé.

 

12H45 – 14H : Buffet (sur place)

 

14H -15H :

Aurélie Picton – Julie Humbert-Droz (Université de Genève): Approche diachronique pour l’analyse de la déspécialisation de la connaissance : l’apport de la linguistique de corpus

Arthur Joyeux (Université de Bourgogne Franche – Comté): Stratégies discursives du Conseil d’Etat autour du principe de discrimination

Albert Morales (Université de Venise): Uso diacrónico de la terminacología juridíco-administrativa en el discurso normativo.

 

15H – 16H30 : Table ronde et clôture de la journée d’étude

 

CONTACTS : didier.carnet@u-bourgogne.fr / jean-pierre.charpy@u-bourgogne.fr / laurent.gautier@u-bourgogne.fr / stpatin@gmail.com

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Présentation : La sémantique sensorielle peut-elle être autre chose qu’une sémantique expérimentale ?

Présentation disponible en ligne :

 

https://www.academia.edu/34648475/La_s%C3%A9mantique_sensorielle_peut-elle_%C3%AAtre_autre_chose_qu_une_s%C3%A9mantique_exp%C3%A9rimentale_

[Objectifs et problématique] La question au centre de la proposition est celle de savoir quel(s) cadre(s) sémantique(s) théorique(s) est / sont le(s) mieux à même de rendre justice aux contraintes génériques qui pèsent sur les terminologies sensorielles – à commencer, ici, par la terminologie œnologique. Il s’agit en effet de tenir compte de deux aspects particuliers : d’une part la dimension expérientielle de ces termes (Dubois 2009) – où expérience doit être entendu au sens très concret de l’expérience de dégustation – et, d’autre part, la dimension éminemment subjective de ces expériences que la recherche d’une intersubjectivité partagée – comme sous-bassement définitoire – cherche à contourner ou, à tout le moins, à réduire autant que faire se peut (cf. les panels entraînés en analyse sensorielle, Dacremont 2009). La thèse défendue ici est que seule une sémantique que nous qualifions d’expérimentale – c’est-à-dire reposant sur des données non intuitives et non introspectives produites en situation contrôlée – peut permettre de relever ce défi.

[Corpus] La démonstration reposera sur un corpus de données précisément expérimentales produites dans le cadre d’un projet interdisciplinaire autour du descripteur minéral/minéralité (pour les vins blancs) qu’il s’agira de croiser et faire dialoguer (Gautier / Le Fur / Robillard 2015). Ce corpus comprend ainsi :

  • des réponses à des questions ouvertes posées à des consommateurs et des professionnels sans stimulus;
  • des descripteurs produits par un panel entraîné, donc avec stimulus ;
  • des entretiens semi-dirigés réalisés auprès des producteurs des vins testés par le panel mentionné ci-dessus et abordant, à un niveau général, leur « philosophie » de vigneron et à un niveau plus resserré, leur rapport à la minéralité.

[Méthodologie] Méthodologiquement, l’analyse recourt tout à la fois aux méthodes quantitatives de la linguistique de corpus et de la fouille de données pour aborder chacun des corpus individuellement et en interaction et aux méthodes qualitatives de la sémantique cognitive, en particulier les notions de prototypes, d’air de famille ou encore de blending. L’objectif est de montrer comment une démarche se voulant holistique permet de reconsidérer le travail définitoire et le statut et la forme même de la définition terminologique.

 

Références citées :

– Dacremont, Catherine, 2009. « Analyse descriptive : Comment le praticien de l’évaluation sensorielle construit-il une terminologie sensorielle ? » In : Beltran-Vidal, Danièle (Ed.). Les mots de la santé (2). Affaire(s) de goût(s), Lyon : Université Lumière-Lyon II, 163-174.

– Dubois, Danièle (Ed.), 2009. Le sentir et le dire. Concepts et méthodes en psychologie et linguistique cognitives, Paris : L’Harmattan.

– Gautier, Laurent / Le Fur, Yves / Robillard, Bertrand, 2015. « La ‘minéralité’ du vin : mots d’experts et de consommateurs » In : Gautier, Laurent / Lavric, Eva (Eds). Unité et diversité dans le discours sur le vin en Europe, Wien : Peter Lang.

 

 

Mots-clefs : terminologie, sensorialité, descripteur, sémantique, cognition

Séminaire tournant de jurilinguistique – séance 1 – Lyon 2 – 29 septembre 2017

Programmation

A partir de 9h15 : accueil des participants  (Maison Internationale des Langues et des Cultures (MILC) – Amphithéâtre de la MILC – 35 rue Raulin 69007 Lyon)

9h45 – 10h00 : Ouverture de la journée

Jean Soubrier, Doyen de la Faculté de Langues de l’Université Lumière Lyon 2

Vincent Renner, Directeur du CRTT – Centre de Recherche en Terminologie et Traduction, EA656, Faculté de Langues, Université Lumière Lyon 2

10h00 – 10h30 : « Les normes concernant la rédaction des textes législatifs et les règles de la communication juridique dans la perspective traductologique » par Aleksandra Matulewska, Professeur de linguistique, Faculté de Langues Modernes, Université Adam Mickiewicz de Poznań & Paulina Nowak-Korcz, docteur en linguistique, Faculté de la Langue Anglaise, Université Adam Mickiewicz de Poznań

Pause

11h00 – 11h30 : « Termes d’audience et dignité de la personne âgée – la sémiotisation des décisions du Ministère Public » par Maria das Graças Soares Rodrigues, Professeur de linguistique, Département de Lettres de l’Universidade Federal do Rio Grande do Norte – UFRN

11h30 – 12h : « « Linguistique du droit » (Rechtslinguistik), « sémantique juridique » et « analyse du discours du discours institutionnel » : positions, méthodes et enjeux » par Laurent Gautier, Professeur des universités en linguistique allemande et appliquée, Centre Interlangues Texte Image Langage EA4182, Université Bourgogne – Franche Comté

12h – 12h30 « La pertinence d’une approche « formulaire » du discours juridique européen : instabilité sémantique, conceptuelle et normative » par Arthur Joyeux, docteur en linguistique, ELLIADD EA4661, Université Bourgogne – Franche Comté

Pause déjeuner

14h30 – 15h00 : « Le langage clair : pratiques communicationnelles entre norme et corruption de la norme » par Corina Veleanu, Maître de conférences en anglais, CRTT- Centre de Recherche en Terminologie et Traduction, EA656, Faculté de Langues, Université Lumière Lyon 2 et Olivia Martina Dalla Torre, doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication, UMR CNRS LISA 6240, Université de Corse Pasquale Paoli

15h : Discussion. Programmation de la suite du séminaire.

Journée Mondiale de la Traduction 2017

Journée Mondiale de la Traduction 2017 :
« Traduction et diversité »

Maison des Sciences de l’Homme de Dijon
vendredi 6 octobre, 8h45-18h

L’équipe du Master Traduction multimédia (T2M) de l’Université de Bourgogne et la délégation régionale Champagne-Ardennes Bourgogne Franche-Comté de la Société Française des Traducteurs sont heureuses de vous convier, vendredi 6 octobre à la MSH-Dijon, à une journée de conférences, d’ateliers et d’échanges à la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon.

Il s’agit de la deuxième collaboration entre la délégation régionale CAFBC et l’équipe du Master T2M dans le cadre de la Journée Mondiale de la Traduction. En octobre 2016, la journée de tables rondes « Formation – Recherche – Vie professionnelle » organisée à la salle Multiplex a attiré plus de 80 personnes intéressées par le monde de la traduction. Dans le cadre de sa politique de décentralisation, et à l’occasion de ses 70 ans, la SFT a choisi de mettre en lumière l’événement dijonnais de 2017 au niveau national.

La journée est ouverte – sur inscription gratuite, mais obligatoire – aux étudiants et aux personnels de l’UB, aux membres de la SFT, aux traducteurs en formation et en activité, et à tout public intéressé. La matinée sera dédiée aux conférences, avec notamment Björn Bratteby (Président de la SFT), François Yvon (CNRS/Université de Paris Sud), et Jorge Diaz-Cintas (University College London) ; l’après-midi aux ateliers pratiques et interactifs sur des thèmes liés aux métiers de la traduction. Plusieurs partenaires institutionnels seront représentés, et les participants profiteront aussi de moments et d’espaces conviviaux pour discuter et renforcer leur réseau.

Le programme complet sera disponible courant septembre.

Contact organisateurs : journeetraductiondijon@gmail.com

Pour connaître les activités de la SFT, voir www.sft.fr

Pour connaître le Master T2M, voir http://blog.u-bourgogne.fr/mastert2m/

Les inscriptions sont ouvertes en ligne : https://www.eventbrite.co.uk/e/journee-mondiale-de-la-traduction-2017-dijon-tickets-37685046990.

Action formation continue : Pratiques, cultures et discours du vin et de la gastronomie à l’international

Pratiques, cultures et discours du vin et de la gastronomie à l’international

Module de 2* 4,5 heures de formation

OBJECTIFS

– Découvrir les types de discours constitutifs des filières vin et gastronomie

– Découvrir les ancrages culturels de ces discours

– Savoir adapter ces discours en fonction de langue-culture des publics visés

PROGRAMME

– Du patrimoine gastronomique français et viti-vinicole aux discours

– Production et réception des discours gastronomiques et viti-vinicoles

– L’ancrage culturel des discours gastronomiques et viti-vinicoles

– Transfert et adaptation à des cibles étrangères

LIEU : université de Bourgogne, Dijon

TARIF : 400 euros

CONTACTS

M. Laurent GAUTIER, Responsable pédagogique, laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Mme Anne ROGER, Chargée d’ingénierie de formation, anne.roger@u-bourgogne.fr

Action formation continue : corpus plurilingues pour traducteurs

Création et gestion de corpus plurilingues

Durée : 2 x 6 heures

OBJECTIFS

  • acquérir les notions de base en traitement de corpus uni- et plurilingue (parallèle, comparable)
  • savoir compiler un corpus ad hoc manuellement et semi-automatiquement
  • acquérir les différentes étapes du processus de préparation des corpus
  • s’approprier quelques outils d’interrogation de corpus
  • découvrir les ressources textuelles et linguistiques présentes dans un corpus

PROGRAMME

  • corpus, corpus comparables, corpus parallèles
  • compilation de corpus
  • préparation de corpus pour l’extraction d’information
  • techniques d’extraction
  • potentiels d’utilisation de l’information contenue dans les corpus

PUBLIC

  • traducteur,
  • rédacteur technique
  • gestionnaire de bases de données,
  • responsable de communication technique
  • documentaliste

LIEU

Université de Bourgogne – Dijon

TARIF : 800€ TTC

DATES

5 et 12 Octobre 2017

PRE-REQUIS

Connaissances de base en traitement de texte, maîtrise de l’anglais et d’une autre langue parmi allemand, espagnol et italien, pratique de base de glossaires / bases de données terminologiques en ligne type IALT

CONTACTS

M. Laurent GAUTIER, Responsable pédagogique, laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Mme Anne ROGER, Chargée d’ingénierie de formation, anne.roger@u-bourgogne.fr

Action formation continue : terminologie pour traducteurs

Création et gestion de terminologies plurilingues

Durée : 2 x 6 heures

Cette formation vise à familiariser le public cible avec les méthodes actuelles de gestion des terminologies : les terminologies plurilingues pour les traducteurs et rédacteurs spécialisés, mais aussi les terminologies unilingues d’entreprises, aussi appelées « terminologies maison », destinées à améliorer la communication technique en interne.

Il s’agira de présenter ce qui fonde l’activité terminologique avant de s’entraîner à chacune des étapes du travail terminologique.

Un focus particulier sera mis sur la prise en main des outils standard utilisés en la matière.

PUBLIC

traducteur, rédacteur technique, gestionnaire de bases de données, responsable de communication technique

LIEU

DIJON, Université de Bourgogne

PRE-REQUIS

Connaissances de base en traitement de texte, maîtrise de l’anglais et d’une autre langue parmi allemand, espagnol et italien

TARIF

800€ TTC

OBJECTIFS

– acquérir les notions de base de la terminologie

– acquérir les différentes étapes du processus d’extraction terminologique plurilingue

– découvrir des outils de gestion terminologique

– savoir réaliser une terminologie spécialisée plurilingue et / ou une terminologie d’entreprise

DATES

2 et 9 Octobre 2017

PROGRAMME

  • la terminologie comme activité professionnelle
  • notions de base (terme, concept, définition, contexte, combinatoire)
  • l’extraction terminologique : de la compilation des sources au choix et à la représentation des termes
  • travailler avec les outils de gestion terminologiques
  • la problématique des terminologies d’entreprise (= terminologie maison)

CONTACTS

M. Laurent GAUTIER, Responsable pédagogique, laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Mme Anne ROGER, Chargée d’ingénierie de formation, anne.roger@u-bourgogne.fr

Deadline 10 sept. Séminaire de jurilinguistique – lancement Lyon 2

« La mise en formule(s) du droit »

Séminaire tournant de jurilinguistique interlangue

Journée n°1 : « Traduire l’illégalité : les normes et leurs formules »

29 septembre 2017, Lyon 2

Appel à communication

Le Centre Interlangues TIL de l’Université Bourgogne – Franche-Comté (EA4182) et le Centre de recherche en Terminologie et Traduction (CRTT EA656) de l’Université Lyon 2 mettent en place, à partir de la rentrée 2017, un cycle de séminaire tournant de jurilinguistique interlangues, interrogeant « la mise en formule du droit » et dont l’objectif est de constituer un réseau de recherche pérenne sur cette question, regroupant juristes, terminologues, analystes des discours juridiques, ainsi que traducteurs.

Les discours spécialisés des divers domaines sont les produits de pratiques langagières de communautés ou de milieux spécialisés, tant académiques que professionnels. Sur le plan terminologique, l’approche classique – qui part souvent d’ailleurs de la notion de langues de spécialité – considère l’analyse des discours de spécialité comme tributaire de la connaissance de l’appareil conceptuel dont les termes du domaine seraient des représentants langagiers. Pour le domaine juridique, Cornu pointait notamment les lexies « d’appartenance juridique exclusive » (Cornu, 2005 : 13). Le signe terminologique répondrait ainsi au souci de bi-univocité (Würster, 1970 : 94) comme condition de possibilité de tout discours spécialisé, ainsi du droit comme de tout autre.

Toutefois, le développement des discours experts (Maris, 2002 ; Cussó et Gobin, 2008 ; Léglise et Garric, 2012) et les processus de dilution des frontières institutionnelles (distinction sphère publique/sphère privée, nouvelles logiques d’administration de l’Etat, décentralisation, évolution de la séparation des pouvoirs), nécessitent de réinterroger cette perspective terminologique comme entrée des discours juridiques.

Sans toutefois quitter le plan lexical, un phénomène, observé conjointement par les juristes et les terminologues, est celui du recours croissant à des vocables ambigus, dépourvus de définition, dont la pertinence juridique interroge et dont l’emploi pose problème au législateur, au juge et au justiciable. Concernant les discours du domaine, Cussó et Gobin pointaient par exemple en 2008, le caractère « flou, abstrait, naturalisant » du « renouvellement lexical intense (et traduit dans 23 langues !) » (2008 : 7) du droit communautaire. Les juristes quant à eux, doctrine ou praticiens, identifient également cette généralisation du « flou du droit » (Delmas-Marty, 1986) justifié dans le domaine des Droits de l’Homme par la recherche du consensus international, « les règles précises dépend[ant] trop étroitement d’un contexte de règles de droit (Tunc, 1970 : 254) et conduisant les législateurs internationaux à adopter des déclarations d’intention truffées de standards juridiques non contraignants.

Le processus conjoint d’adaptation des normes aux contextes sociaux immédiats rend également le droit plus perméable à ces « formules ». Une nouvelle classification sociétale, juridique et politique est en train de s’imposer, faisant naître un tertium quid où les formules introduisent une nouvelle catégorie bouleversant le traditionnel couple terme juridique/terme non-juridique. Les structures du type fake news, alternative facts, ghost detainee, unlawful combattant, extraordinary rendition, illegal aliens, employées par des juristes et des hauts représentants de l’autorité politique, sont autant d’exemples de cette évolution, ainsi que d’une nouvelle manière de penser et de percevoir la norme, corrompue dans son caractère absolu et séduite (se-ducere) vers un univers relatif. Par l’association de termes en apparence antinomiques, ces formules semblent participer d’un nouvel imaginaire et de

nouvelles perceptions du monde, basées sur une ambiguïté et une confusion qui vont bien au-delà de l’implicitation et de l’exigence d’interprétabilité propres au discours juridique.

A partir d’une approche discursive et non strictement terminologique, nous plaçant dans le sillage des approches socioterminologique (F. Gaudin) ou de terminologie textuelle (Slodzian, Bourigault), nous formulerons donc une hypothèse : la formule, telle qu’elle a été conceptualisée par A Krieg-Planque, imite le terme. L’emploi des formules définies comme des unités lexicales (simples ou complexes) dotées d’un certain degré de figement et dont la circulation en fait des référents sociaux, concourt à la construction du consensus discursif. Quelles conséquences leur pénétration dans le discours juridique a-t-elle sur son économie générale et dans des contextes de reformulation du discours juridique aux non-initiés ?

Leur « impertinence sémantique » (P. Ricoeur) pose également au traducteur non seulement la question de la négociation entre les parties-sources et les parties-cibles (U. Eco), mais aussi celle de l’idéologie difficilement transférable d’une langue-culture à une autre, fondée, comme le montrait Destutt de Tracy, sur l’expérience sensible. Quelles stratégies le traducteur juridique devrait-il mettre en place afin de continuer à évoluer raisonnablement entre des communautés de langage où ces formules peinent à être « intersubjectivement reconnues » (Habermas, Vérité et justification, 2001 : 213) comme vraies, donc justes ?

Compte tenu de la dimension plurilingue affichée du séminaire, on accordera une attention toute particulière à la question de la « traduction » de ces formules où « traduction » est entendu dans un sens très large. Les différentes langues de l’UE – mais aussi au-delà – sont-elles, de la même façon, perméables à l’apparition de ces formules ? Leurs structures se prêtent-elles au calque et, dans ce cas, qu’en est-il de leur idiomaticité ? « Une traduction est-elle en mesure d’évoquer la même chose que l’original » (Oustinoff) ? Quelles méthodologies pour mettre au jour les épaisseurs sémantiques et les mouvements discursifs qu’elles condensent ? Quels effets perlocutionnaires sont mis en lumière lors du processus de traduction ? Comment les formules circulent-elles dans une langue-culture donnée avant et après leur inscription dans les textes de loi ?

Journée d’études n°1 : « traduire l’illégalité : les normes et leurs formules »

29 septembre 2017, Lyon 2

Nous cherchons à tester cette approche à partir d’un repérage de candidats-formules en discours juridique plurilingue, en centrant le champ d’investigation, pour la première journée et dans la continuité du cycle de journées 2017 initié par le CRTT, à la thématique de l’illégalité (ou de la justiciabilité), en contexte national, européen et/ou international. A titre d’exemples : intervention humanitaire ; guerre préventive ; droit/devoir d’ingérence ; migrant[s] ; dignité de la personne ; travail digne ; non-discrimination ; fait religieux ; …

Les propositions de communication sont à adresser avant le 10 septembre 2017 à :

Corina Veleanu :Corina.Veleanu@univ-lyon2.fr

Laurent Gautier : laurent.gautier@u-bourgogne.fr

Arthur Joyeux : arthur.joyeux@hotmail.fr

Le continuum lexique-grammaire en genre spécialisé à partir de corpus maison

Nouvelle présentation online :

https://www.academia.edu/33280191/Le_continuum_lexique-grammaire_en_genre_sp%C3%A9cialis%C3%A9_%C3%A0_partir_de_corpus_maison

Colloque CILC2017 – Université Paris-Diderot (P7) – 31 mai – 2 juin 2017

[Problématique et objectifs] La proposition, qui s’inscrit dans l’axe 5 de l’appel « Corpus, études contrastives et traduction » vise à interroger l’apport des corpus spécialisés maison (Loock 2016a, b) pour la mise au jour, pour la traduction professionnelle et la formation de traducteurs, des patrons lexico-grammaticaux inhérents à des moules textuels (Gautier 2009) hautement contraints, en langue(s) traduite(s). On discutera en particulier, à la suite de Kübler/Gledhill (2016 : 75), l’idée selon laquelle l’interrogation systématique de corpus homogènes permet d’aboutir à une représentation holistique vérifiée des interactions entre lexique et grammaire, surtout quand chacune des deux composantes est mise en œuvre à travers des répertoires (très) réduits par rapport aux possibilités offertes par le système linguistique considéré. Ces patrons peuvent en effet représenter pour le traducteur  un « sous-texte » à partir duquel les choix de traduction se feront de manière « naturelle » à l’interface entre contenus conceptuels du texte à traduire et mise en mots et en textes.

[Données] Cette problématique sera instanciée ici par un corpus clos, compilé manuellement, et composé des conférences de presse de la Banque Centrale Européenne 2015 et 2016 dans leur version originale en anglais (19.883 mots) et dans leurs traductions en français (23.931 mots), allemand (19.810 mots) et néerlandais (21.324 mots). Par-delà son caractère de prime abord parallèle (Teubert 1996), chacun des sous-corpus sera envisagé pour lui-même, comme corpus de langue traduite, la comparaison avec l’original ne jouant, méthodologiquement, qu’un rôle périphérique.

[Méthodologie] On partira tout d’abord de la fréquence des termes N pour en interroger systématiquement les combinatoires, en particulier verbales, afin de dresser un inventaire systématique par langue des structures argumentales dans lesquelles ils s’inscrivent. Ce faisant, la dimension formulatoire, indispensable au traducteur pour la fluidité de son texte, sera mise en avant en particulier pour les langues, allemand et néerlandais en tête, qui jouent sur l’emploi de N prédicatifs associés à des V supports préférentiels non prédictibles :

(01)     Insbesondere müssen die entschlossene UmsetzungNPRED von [Güter- und Arbeitsmarktreformen]ARG sowie die BemühungenNPRED [zur Verbesserung des Geschäftsumfelds für Unternehmen]ARG in einigen Ländern intensiviertVSUP werden.

(02)     Ten tweede was, hoewel de tussen juni en september vorig jaar genomen monetairbeleidsmaatregelen tot een aanzienlijke verbeteringNPRED [in termen van de koersen op de financiële markten]ARG hebben geleidVSUP, dit niet het geval voor de kwantitatieve uitkomsten.

On s’arrêtera ensuite, à partir d’une analyse des n-grams, sur les structures récurrentes, analysées ici en termes de routines discursives, dont l’emploi, par-delà la terminologie et les collocations conceptuelles, garantit l’appartenance du texte au genre, comme en (03) :

(03)     D : nach wie vor, mit Blick auf ; F : au cours des prochains mois, (x) des prix à moyen terme, NL : (van) de additionele aankopen van, op de middellange termijn

[Discussion] Les résultats seront discutés d’une part par rapport à l’implémentation des corpus, en particulier maison, dans la formation des traducteurs – et ce par-delà leur présence « dissimulée » dans nombre d’outils de TAO, à commencer par les MT – et d’autre part par rapport au cloisonnement souvent systématique entre un module grammatical, un module terminologique et un module « stylistique » qui, pour des types de textes spécialisés (très) contraints, vole en éclat dès que l’on part de la langue en usage attestée en corpus.

 

Références citées :

Gautier L., 2009. Nochmals zum (Fach-)Textmuster: von der Kognition zur Beschreibung einzelner Textexemplare. Lyon Linguistique allemande, Université Lyon 2, Laboratoire LCE (Langues et Cultures Européennes), Histoire de Textes – Mélanges pour Marie-Hélène Pérennec, 8 p. <hal-00425363>

 

Gledhill C., Kübler N., « What can linguistic approaches bring to English for Specific Purposes? », ASp, 69 | 2016, 65-95.

Loock R., 2016a. «  L’utilisation des corpus électroniques chez le traducteur professionnel : quand ? comment ? pour quoi faire ? » ILCEA, ELLUG, 2016, ILCEA, 27, https://ilcea.revues.org/3835. <hal-01394854>

Loock R., 2016, La Traductologie de Corpus. Presses Universitaires du Septentrion, 2016, 2757413910. <hal-01391523>

Teubert, Wolfgang, 1996. Comparable or Parallel Corpora. Int J Lexicography ; 9/3, 238-264. DOI 10.1093/ijl/9.3.238.

 

Extended Deadline: Workshop on Technology in Translation

New Deadline for submission: 20.09.2017

How translators manage generic and contextual constraints:

Annotation, modelling, and information extraction using electronic corpora.

Friday, November 24, 2017

Academic coordinators: Laurent Gautier & Will Noonan (uBFC)

Research centre: Centre Interlangues (EA 4182)

Context:

In recent years, the field of translation studies has come to focus not only on the outcomes and applications of traditional academic research, but also, increasingly, on project-based “action research”, in which academics, professionals working in the field, and representatives of the language industry all play an active role. At the same time, projects focused specifically on the role and use of corpora in translator training and professional translation practice (corpus-based translation studies) have come to supplement traditional corpus linguistics research. A similar tendency can be observed in the growing role of semantically enriched multilingual text resources in the field of digital humanities, seen, for example, in the dedicated platforms developed by the network of Maisons des Sciences de l’Homme in France. In this context, then, this one-day workshop aims to stimulate dialogue between researchers, professional translators, language industry entrepreneurs and students in translation, including from the MA in Multimedia Translation (T2M) course offered at the University of Burgundy.

Focus:

This workshop aims to bring together, and build on, three main observations:

  • corpus-based research has tended to focus on microlinguistics, including terms, collocations and recurring syntagms. The results of such research can be observed, for example, in the functioning of termbases and translation memories.
  • professional translators have increasingly come to recognize the importance of the “macro” dimension of source texts, including macrolinguistic structures and generic markers. This dimension has long been recognised in the field of technical communication.
  • the growing body of research on the textual architecture modelling at different levels of granularity (seen, for example, in the Text Encoding Initiative) has made it possible to compare convergent and divergent structures within multilingual corpora.

Aims:

This workshop aims to stimulate discussion between professional translators, developers of CAT and MT tools, and researchers in the fields of Applied Linguistics, translation studies and information technology, around the question of how to manage generic criteria:

  • for academics: how can research results in text linguistics be modelled?
  • for professionals: what software solutions exist? how can new research be incorporated into these tools?
  • for translator trainers: how can these innovations be brought to bear when training translators in the use of corpora?

Presentation formats:

Proposals are requested for one of two formats:

  • 20-minute academic papers, to be followed by discussion time as part of a thematic panel;
  • 15-minute presentations of software solutions, whether at prototype or commercial stage.

The day will end with a round table discussion whose content will be determined by the proposals received. Language industry representatives will be offered the chance to demonstrate their products during the day.

Academic proposals should be written in English or French, and include a title, a 500-word abstract, 5 keywords and a short bionote.

Proposals for software presentations should include a 500-word description of the tool concerned (including its purpose, functions and architecture), along with a brief presentation of the company and of the state of the project.

Proposals are due by September 20th at the latest, and should be sent to laurent.gautier@ubfc.fr and will.noonan@ubfc.fr.